Fangirl

fangirlTitre VF : FanGirl
Titre VO : Fangirl

Auteur : Rainbow Rowell (USA)
Traduction de Cédrix Degottex

Publié aux Editions Milady Romance
Date de publication : 21 février 2014

Genre : New Adult

Pages : 506

Prix : 18,20 €
Commander sur amazon : Fangirl

Note : coup-de-coeur2

Quatrième de couverture

Cath est fan de la série Simon Snow, comme le reste du monde. Sauf qu’elle ne se contente pas d’endosser le costume de son héros favori à chaque avant-première, elle va jusqu’à écrire la suite des aventures du jeune mage, et publie ses histoires sur un site où sa fanfiction est suivie par des milliers de lecteurs.
Tout bascule le jour où Wren, sa soeur jumelle, qui partage sa passion depuis toujours, décide de faire chambre à part sur le campus universitaire. Alors que Wren s’apprête à profiter dignement des joies de la vie étudiante, Cath est soudain projetée dans un univers hostile où elle va devoir se confronter à des gens bien réels : son père, publicitaire qui frise le surmenage, une prof de littérature qui méprise la fanfic, une coloc, un peu revêche et un petit ami envahissant…

Mon avis

Je ne le dirai jamais assez mais j’aime l’année 2014 au niveau de mes lectures. Je ne vous ai pas encore dévoilé mon avis sur tous les livres que j’ai lus depuis le début de l’année, mais croyez-moi quand je vous dit qu’une année livresque n’a jamais aussi bien commencé !

J’avais déjà lu un livre de l’auteur en 2012, il s’agissait d’une romance dans le genre des comédies romantiques que nous sert régulièrement le cinéma, Attachement, un roman que j’avais déjà beaucoup aimé.
Autant vous dire qu’avec FanGirl, l’auteur a élevé le niveau d’un rang, voire de plusieurs, tellement j’ai A-D-O-R-E ce roman ! D’ailleurs, l’auteur a également écrit un autre roman, Eleanor & Park, qui sortira cette année en VF. Il me tarde également de le découvrir !

book ornement

Cath Avery n’est pas une étudiante comme les autres. Elle est fan de la série Simon Snow et écrit des fanfictions sur le net. Des milliers de lecteurs lisent avec attention chaque nouveau chapitre de son histoire, Carry On, une fanfiction dans laquelle Simon, le héros, vit une histoire d’amour avec son ennemi de toujours, Baz.

Arrivée à la fac, loin de son père, elle vit très mal le fait que sa soeur jumelle, Wren, ait souhaité avoir des chambres séparées, dans des dortoirs séparés et préfère passer du temps avec ses nouveaux amis, à sortir aux soirées étudiantes, plutôt que de passer son temps à écrire la suite de Carry On avec elle.

Ceci dit, Cath va vivre une première année étudiante assez mouvementée durant laquelle elle va également apprendre à se découvrir elle-même.

book ornement
Il y a des romans qui vous marquent beaucoup que d’autres, soit parce qu’ils évoquent un sujet qui vous est personnel (pour moi, je pense directement à Le dernier jour de ma vie de Lauren Oliver), soit parce qu’ils vous donnent une sacrée leçon de vie (je citerai par exemple Nos étoiles contraires de John Green), soit encore qu’ils vous font relativiser certains sujets sensibles (je pense aux Thanatonautes de Bernard Werber), soit qu’ils sont là juste au moment où vous avez besoin d’eux pour avancer dans votre propre vie. Pour moi, c’est ici qu’entre en scène
 FanGirl de Rainbow Rowell.

Il y a pourtant pas mal de choses qui m’ont un peu dérangée dans le roman (ben oui tiens, pour une fois, j’ai décidé de commencer par tout ce qui fâche, ça change un peu de mode opératoire pour cette chronique ^^).

Je pourrais citer par exemple le fait que j’ai trouvé le début du roman assez lent ou encore qu’il manquait des tas de choses à la fin du roman pour que je sois pleinement satisfaite.
En fait, la vérité, c’est que la fin m’a frustrée à bien des niveaux. L’auteur lance plein de petites choses dans le récit (entre autres sur la manière dont Cath va terminer sa fanfic, Carry On, moi ça m’aurait plus de savoir la fin!) et au final, j’ai un goût d’inachevé… Il manque des petites choses par ci et par là, sur cette fanfic de Cath mais surtout du côté de la romance qui naît doucement, timidement même dans le récit. 

Par rapport à la romance justement, j’ai aimé la manière dont l’auteur l’a mise en place. On la voit à peine venir… c’est doux, c’est tendre, c’est mignon (pour reprendre le terme employé par Simi dans sa chronique (voir lien ci-dessous). C’est même un peu trop mignon finalement. J’en attendais plus, beaucoup plus.
Je comprends le choix de l’auteur, vu le comportement de Cath, sa personnalité, il est clair qu’une romance qui avance trop vite n’était pas du tout crédible… Mais là, c’était juste trop dans l’autre sens. Le lecteur reste sur sa faim. Au-delà de sourire tendrement devant la « cute » scène qui se déroule sous ses yeux, il veut des papillons, des « ohhhhhh », les yeux qui brillent et tutti quanti. Malheureusement, il ne reste juste que les petits sourires et pour moi, ce n’était pas assez. J’en attendais beaucoup plus à ce niveau-là.

J’aurais également préféré que le récit soit narré à la première personne. Après tout, on suit Cath et exclusivement Cath, l’auteur ne fait aucune allée et venue vers d’autres personnages, je ne vois pas aucun intérêt à ce qu’on reste sur une narration à la troisième personne.
Je trouvais que cette narration mettait un peu de distance avec le personnage de Cath dès le début. C’est peut-être aussi pour cela que j’ai trouvé le début assez lent, car il a fallu le temps que je m’habitue à la troisième personne et surtout à connaître Cath… cela aurait été plus rapide avec une narration en je.
Maintenant en écrivant cette chronique et en repensant au caractère de Cath, on peut comprendre que l’auteur ait choisi cette distance…vu que Cath est très distante avec les autres.
Ceci dit, au vu de ce qui va suivre, j’aurais vraiment préféré me sentir encore plus proche de Cath… C’est dommage.


Mais alors, pourquoi est-ce que j’ai un coup de coeur sur ce livre ? Pourquoi je vous dit qu’il fera maintenant partie des livres qui comptent vraiment pour moi ?

Pour moi, la réponse est simple. C’est parce que Cath et moi, on pourrait être une seule et même personne.

Bon, peut-être pas pour tout, je vous l’accorde (le vécu familial notamment), mais j’ai retrouvé beaucoup de moi en elle. Cela n’est pas venu tout de suite, mais plus je lisais, plus je découvrais la manière de penser de Cath, plus je ne pouvais m’empêcher de me voir à sa place.
Son mode de pensée par rapport à elle-même, aux autres, c’était moi, totalement moi, avec quand même quelques différences (autant elle se referme sur elle-même quand elle n’est pas à l’aise, autant là je suis tout le contraire).
Même si je n’ai pas de soeur jumelle, j’ai compris pourquoi elle s’est sentie blessée que Wren refuse de cohabiter avec elle à la fac, j’ai compris son attachement à son père, à son envie de le protéger et surtout j’ai compris son rejet total de sa mère. Je me suis dit qu’à sa place, si j’avais vécu le même abandon qu’elle à cet âge-là, j’aurais réagi de la même manière par rapport au sujet maternel, même plus de 10 ans après. 
Bref, je me suis totalement retrouvée dans les réflexions de Cath par rapport à ses proches, par rapport au fait de vivre loin de chez elle et de devoir affronter un monde qu’elle juge hostile.
J’ai compris son besoin de se raccrocher à ce qu’elle connaissait depuis toujours, à son monde virtuel et de nier ce qu’il se passe dehors, le fait de ne pas vouloir sortir, de ne pas vouloir nouer des amitiés.

Quelques pensées / paroles de Cath que j’aurais pu tout aussi bien vous dire :

– Cath parlant à sa colocataire, Reagan : « Regarde-toi : tu es d’aplomb, tu n’as peur de rien. Moi, j’ai peur de tout, littéralement. Et puis, je suis barrée. Tu penses peut-être que je suis un peu dingue, mais la vérité, c’est que tu ne vois que la partie légèrement émergée de l’iceberg. Sous ce masque de gentille handicapée sociale légèrement névrosée se cache une authentique bête de cirque. » (page 220)

« Le père de Cath avait tort d’être ennuyé par le fait qu’elle s’inquiète. Cath aimait cela. Cela lui donnait le sentiment d’être réactive.
Comme avec Lévi : Cath ne pouvait contrôler le fait qu’elle pouvait tomber sur lui n’importe quand sur le campus. Ce qu’elle pouvait faire, en revanche, c’était s’en inquiéter. Tant qu’elle s’inquiétait, qu’elle restait vigilante, elle avait plus de chances que ça ne se produise pas. Au final, son inquiétude était une sorte de remède maison contre l’anxiété. C’était comme se dire qu’une casserole avait moins de risques de déborder si on ne la quittait pas des yeux. » (page 315).

« (…) Plus je tiens à quelqu’un, plus je suis convaincue que cette personne va finir par se lasser de moi et partir. » (page 335).

Voilà un petit florilège de passages qui m’ont énormément parlé parce que j’aurais pu dire de telles choses en parlant de moi. Le truc de l’inquiétude, je le vis chaque jour…. car à chaque fois que quelque chose de pas cool m’est arrivé, c’est parce que je n’avais pas envisagé que cela puisse arriver. Dès lors, encore maintenant, à chaque fois que je dis ou fais quelque chose, je réfléchis à toutes les conséquences qu’il pourrait y avoir et j’essaie de les anticiper. C’est très épuisant, croyez-moi.

Mais il y a encore tellement d’autres passages, d’autres scènes du roman qui m’ont fait penser à moi. Par exemple, le fait que Cath se dise que si son copain avait rencontré sa soeur jumelle avant elle, il aurait sans doute préféré Wren.

Bref, je me suis totalement identifiée à Cath et il me tardait vraiment de tourner les pages pour voir ce qu’il allait arriver, voir comment l’auteur allait terminer l’histoire et la leçon que j’allais tirer de tout cela.

Ceci dit, même si je me suis identifiée et attachée à Cath de manière très forte, j’avais parfois envie de lui foutre une paire de claques pour la réveiller un peu, notamment en ce qui concerne le comportement de Nick, le gars avec qui elle écrit à la bibliothèque au premier semestre mais également dans sa relation avec Lévi où je ne comprenais pas d’où lui venait cette crainte, cette énorme réserve qu’elle avait à se rapprocher de lui, malgré son envie, son désir.

Les autres personnages du roman m’ont tous plu :

Le père de Cath et Wren, ce père qui ne s’est jamais vraiment remis du départ de sa femme et qui a essayé de faire tout ce qu’il fallait pour ses filles tout en étant incapable de s’occuper de lui-même. Il m’a terriblement touché et a su imposer son autorité paternelle au moment où il le fallait.

Wren, même si je l’ai un peu détestée lors du premier semestre, avec son attitude irresponsable et assez condescendante envers sa soeur. Puis, en avançant dans l’histoire, en comprenant le passé des filles, les blessures de leur enfance, j’ai vu que Wren exprimait juste son mal être d’une façon tout à fait opposée à sa soeur. Elle n’était dès lors plus détestable à mes yeux, elle exprimait juste sa souffrance différemment. 

J’ai également beaucoup aimé Reagan, la colocataire de Cath. Une jeune fille assez brute de décoffrage. De prime abord, c’est le genre de nana qui m’aurait fait flipper si j’avais dû partager une chambre avec elle, toute persuadée que je serai que cette fille ne pourrait jamais m’apprécier tellement on est différentes elle et moi. Et puis, au fil des pages, j’ai découvert une fille plutôt cool et assez tolérante !

Et enfin que dire de Lévi, un garçon super charmant qui m’a fait sourire à de nombreuses reprises. Déjà, j’adore le fait qu’il soit hyper hyper souriant… j’adore voir un beau garçon sourire, j’ai toujours l’impression que mon coeur est en train de fondre. Mais en plus, il est adorable (le coup de j’ai les clés mais comme on m’a dit que c’était pour les urgences, je ne rentre pas et j’attends assis devant la porte quand c’est pas le cas, j’ai trouvé ça super super cute !-), prévenant et doux et hyper patient… mais vraiment très très patient quand même !!! J’ai aimé sa façon d’approcher Cath tout en douceur en s’incruster petit à petit dans son univers si particulier et le fait aussi qu’il est là pour elle à chaque fois qu’elle en a besoin, qu’elle lui demande ou pas !


Mais ce que j’ai aimé par dessus tout, c’est l’épilogue, le mot de la fin. Les dernières phrases résonnent encore en moi, comme si elles avaient été écrites pour moi. Alors, même si le livre n’est pas parfait et s’il y a des petites choses que je n’ai pas aimées, finalement elles ont été assez vite éclipsées par les deux dernières pages qui m’ont permis de refermer le livre avec sérénité.
book ornement

EN BREF,  malgré la narration à la troisième personne, malgré ma frustration, le sentiment qu’il manquait quelques petites choses en fin de récit, pour moi, Fangirl est une révélation !
Avec ce livre, j’ai vraiment eu l’impression qu’il était écrit pour moi ! Qu’en fait, ce n’est pas moi qui ai été vers lui mais que ce livre est venu à moi. Et c’est un peu le cas, vu qu’il est arrivé dans ma PAL quand je ne l’y attendais pas du tout. Peut-être que c’est une histoire simple, une romance assez banale, mais elle véhicule en elle un message qui me parle énormément à ce moment de ma vie. Il ne sera peut-être plus un livre essentiel dans quelques années, il ne sera peut-être même plus un coup de coeur si je le relis dans quelques temps, je sais juste qu’il était important maintenant….qu’il m’a permis de prendre encore plus conscience qu’il était temps que j’arrête moi aussi de me cacher… Et cela, c’est pour moi le plus important à l’heure actuelle.

Prêts ou pas prêts, peu importe l’âge que nous avons, la vie nous attend…

Coupdecoeur
Les points + :

  • Le personnage de Cath auquel je me suis vraiment identifiée ;
  • L’impression de « déjà vu » concernant certaines scènes tellement j’aurais pu faire/dire ce que faisait/disait Cath ;
  • Les autres personnages qui gravitent autour d’elle, très attachants, en particulier Lévi ;
  • Les incursions dans l’univers de Simon Snow, tout particulièrement avec les extraits des livres mais surtout avec les fanfics de Cath ;
  • La conclusion finale du récit que j’ai trouvée très vraie et qui me parle spécialement à ce moment de ma vie ;
  • Je ne l’ai pas dit plus haut, mais j’ai adoré le contexte un peu « littéraire » de l’histoire... ça m’a donné envie de me jeter à l’eau moi aussi, d’écrire un petit quelque chose, même si j’ai toujours cette peur de n’avoir rien d’intéressant à raconter ;

Les points – :

  • Mauvais choix de narration : j’aurais préféré une narration à la première personne pour me sentir encore plus proche de l’héroïne ;
  • Un début un peu longuet…. J’ai eu un peu de mal à entrer dedans du fait justement de la distance mise par rapport aux personnages avec la narration à la 3ème personne ;
  • Pour moi, il manque des détails à la fin. Je suis un peu frustrée car j’ai l’impression qu’il manque des chapitres à la fin pour clôturer vraiment toute l’histoire, notamment pour la romance ;



Les avis des copinautes qui l’ont lu : Simi, Evy et bien d’autres encore sur la page BBM du livre sur Livraddict : 

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Commentaires

  1. […] vous redirige vers la critique de Jess qui a un avis sensiblement identique au mien et qui a exprimé à merveille tout ce que je […] 28 mai 2014 21:54

  2. […] vous redirige vers la critique de Jess qui a un avis sensiblement identique au mien et qui a exprimé à merveille tout ce que je n'ai […] 20 avril 2015 14:22

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