Lettre à mes bourreaux

harcelement-scolaireChers bourreaux,

Vous souvenez-vous encore de moi ? Vous savez, la fille que vous ne cessiez de traiter de gamine car elle s’habillait avec des pulls Mickey ? Mais si, voyons, celle que vous n’arrêtiez pas de traiter de « gros thon » dans la cour de récréation ? Cela vous dit-il quelque chose ? Vaguement ? Eh bien, c’était moi.

Oui, c’est moi, Jessica. Alors qu’est-ce que je deviens ? Et j’ai quel âge maintenant ? Eh bien, après avoir passé 6 années exécrables en votre compagnie, je suis allée à la fac. Aujourd’hui, j’ai 32 ans et je travaille dans le cadre d’une profession libérale où je peux aider les gens. 

Comme ça, vous êtes content de me revoir ? Eh bien, je dois dire que ça me laisse sans voix. Vous êtes sérieux et sans raillerie ? Comment ça, je ne vais pas revenir avec des vieilles histoires ? Parce qu’on est adultes, il faut oublier le passé ?

Ecoutez-moi, chers bourreaux, profitons de ce moment où nous sommes rassemblés ici entre adultes pour que je vous raconte une histoire, mon histoire. Ensuite, vous me direz ce que vous en pensez et si c’est toujours aussi cool pour moi de me retrouver en face de vous aujourd’hui.

Quand j’ai débarqué en première humanité, j’étais encore une enfant. J’allais avoir 12 ans et j’étais toujours une petite fille qui aimait jouer avec ses barbies. Pas encore une ado, juste une gamine qui débarque toute seule dans une nouvelle école, entourée d’élèves qu’elle ne connaissait pas.
Jusque là, j’avais été scolarisée dans une petite école près de chez moi où je connaissais les élèves depuis que j’étais toute petite, genre en maternelle. J’étais une enfant sans problèmes, insouciante et plutôt heureuse dans la vie. Je ne me préoccupais pas de mon physique, ni de mon poids et encore moins des vêtements que je portais. Je me contentais de jouer et de rire dans la cour de récré avec mes amies. C’est vrai que j’ai toujours été un brin fofolle et excentrique, mais je ne pense que cela fasse de moi quelqu’un de mauvais.

Puis, je suis arrivée, le 1er septembre 1993, dans une nouvelle école. Nous étions que 3 en sixième primaire et nous avons été chacun dans une école différente. J’étais impatiente de rentrer à l’école, de faire connaissance avec de nouveaux amis et d’apprendre de nouvelles choses.
Arrivée dans la cour de récré, seule le 1er jour, ce n’est jamais facile. De prime abord, quand je ne connais pas les gens, je suis assez timide et je n’ose pas aborder les autres. Je suis donc restée seule la plupart du temps.  
A peine les premiers regards posés sur moi, j’ai compris de suite que certaines personnes ne m’aimeraient pas. Après tout, quand on vous regarde avec une certaine forme de dégoût, le message est vite compris… et cette intuition s’est révélée correcte quand j’ai constaté, les jours et semaines suivants, que pas beaucoup des élèves de ma classe m’appréciaient.

Je n’ai jamais compris pourquoi exactement : est-ce vraiment parce que je m’habillais avec des vêtements Mickey et que vous considériez que cela faisait bébé ? Ou alors parce que j’ai compris après vous que nous n’étions plus des enfants ? Ou simplement parce que ma façon d’être était différente de la vôtre ? Bref, toujours est il que depuis le 1er septembre 1993, ma vie n’a jamais plus été la même. Pour vous, ce n’était peut-être que des brimades, que des rires étouffés à chaque fois que vous passiez à côté de moi, que des moyens de vous éclater entre potes, pour moi c’était le début du calvaire et la descente aux enfers…

Vous savez sans doute que c’est à l’adolescence qu’on construit l’adulte qu’on sera demain. On nous a d’ailleurs assez répété en classe qu’il faut bien étudier, que c’est maintenant que se joue notre avenir. Mais cela va au-delà de l’apprentissage, c’est TOUT l’adulte que nous serons demain qui se construit à cette période de la vie. Et vous m’avez volé cela. Vous l’avez gâché, vous l’avez détruit.

Comme je le disais plus haut, avant de vous rencontrer, je ne me posais pas de question sur moi, sur mon physique, sur ce que je suis. Je me construisais petit à petit, dans une famille entourée d’amour et peut-être un peu trop protégée par mes parents. Je n’étais pas prête pour votre monde ça je le reconnais bien volontiers. Etant en plus née fin d’année, j’avais un retard de maturité, bref j’étais encore une gamine qui n’avait pas vos préoccupations, qui aimait encore regarder des dessins animés et ne pensait pas du tout à sortir. J’avais de bonnes notes à l’école, j’avais confiance en moi.

Une fois débarquée dans votre univers, j’ai petit à petit perdu cette confiance en moi. Comment ne pas la perdre quand on vous répète à longueur de journée que vous êtes moche, grosse et très conne ? Comment ne pas en vouloir à ses parents de ne pas nous acheter des jeans et autres vêtements de marque quand on vous répète chaque jour que vous êtes mal habillée, un « gros tas » ?

Eh oui, à la longue, ça laisse des traces et je peux vous dire qu’on finit soi-même par se convaincre qu’on est moche, qu’on est gros et qu’après tout, tout ce qui nous arrive, on l’a cherché… On en vient même à espérer être plus grand pour avoir enfin cette maturité qui nous manque, à être comme tout le monde, à entrer dans ce put**** de moule. On essaie de se changer aussi. On nie ce qui fait qu’on est nous, comme de s’habiller avec Mickey (c’est pour les bébés, même si on n’en pense pas un mot), on essaie d’être plus discrète, on se jure de ne plus rien dévoiler à personne de ce qu’on aime ou pas pour ne pas qu’on se moque de nous, on supplie papa et maman d’avoir des Levis et on exige même d’avoir un sac Kipling parce que c’est ce qui est à la mode.

Mais si seulement cela s’arrêtait à cela ? Mais non, bien sûr, il a fallu encore que vous en rajoutiez par dessus… Pourquoi chaque beau mec de la classe s’amusait à faire croire qu’il était amoureux de moi ? Parce que c’était amusant de me voir plonger ? Parce que vous croyiez que je ne savais pas que vous vous foutiez de ma gueule ? Mais que malgré cela, une partie de moi avait toujours envie de croire qu’il était possible de l’aimer et qu’elle ait un petit ami comme tout le monde… Cela vous faisait-il plaisir de briser cette espoir un peu plus à chaque fois ?

Pourquoi fallait-il que vous me demandiez si j’avais déjà embrassé un garçon sur la bouche, en insistant en me demandant si au moins je savais comment il fallait faire ?
Est-ce drôle de me mettre mal à l’aise comme cela quand vous saviez qu’aucun garçon ne s’intéressait à moi car j’étais sans doute trop moche et que c’était la honte d’être vu avec moi ?

Et pourquoi certains d’entre vous s’amusaient à me coincer dans les petits coins des couloirs pour me tripoter ? Pourquoi R. passait-il son temps à mettre constamment sa main sur ma cuisse durant les cours quand on voyait clairement que j’étais mal à l’aise et sur le point de pleurer ?

Pourquoi m’attendre à la fin des cours et me coincer sur le chemin de l’école en petit groupe pour me faire payer de vous avoir soi-disant « regarder de travers dans les toilettes » quand je ne vous connaissais même pas et que j’étais juste là pour me laver les mains ? Pourquoi me bousculer ? Me prendre mon classeur pour vous le passer de main en main en refusant de me le rendre ? M’insulter ? Était-ce si drôle de me voir complètement désarmée devant vous ? Était-ce aussi le pied quand vous m’avez forcé à me mettre à genoux en tirant sur mes cheveux pour m’obliger à m’excuser de la soi-disant faute que j’avais commise ?

Et quand je vous demandais pourquoi vous me faisiez tout cela, vous me répondiez que j’étais votre jouet favori ou que cela vous amusait tout simplement… Était-ce l’éclate totale de voir que vous me blessiez juste par plaisir ?

Pourquoi vous amusez à coller des chewing-gum dans mes cheveux ? Pourquoi mettre des tas de papier dans ma capuche alors que nous étions en train de visionner un film durant les cours ? Vous pensiez que je ne le sentirai pas sûrement ?

Pourquoi essayer de me tendre des pièges à tout bout de champ pour prendre des photos compromettantes que vous auriez ensuite quoi ? diffuser dans toute l’école ?

Et que dire du voyage de fin d’études que nous avons fait aux USA… Pourquoi me gâcher aussi mes vacances que j’avais payées et méritées autant que vous juste parce que c’est drôle de taper avec un marteau gonflable sur ma tête pendant les heures où durait le voyage en car ? Est-ce aussi malin d’essayer de me jeter habillée dans la piscine et de crier que vous alliez avoir le sida parce que je vous avais légèrement mordu pour vous échapper ?

Il me revient aussi qu’alors que j’allais rechercher ma soeur à son entraînement de sport avec mon père (extra-scolaire), j’ai vu qu’une de vous appartenait au groupe. Elle ne savait pas que ma soeur était ma soeur… et elle a commencé à parler à toutes ses copines de moi en leur disant « oh non pas elle, c’est une conne et bla bla bla.. ». Ma soeur a tout entendu et moi, je savais ce qui était en train de se passer. Ce jour-là, pour la première fois, j’ai ressenti la honte. Ma soeur allait savoir. Ma soeur allait savoir vraiment qui j’étais puisque je me voyais à l’époque dans le regard des autres. Pouvez-vous imaginé ce que j’ai ressenti en cet instant ? Et ce que ma petite soeur pouvait ressentir aussi quand on parlait de sa grande soeur, de son modèle, en ces termes très élogieux ?

Pourquoi m’avoir si souvent menacé de me « casser la gueule » après les cours si je ne respectais pas vos consignes ? Pourquoi aller raconter des mensonges, des rumeurs à mon égard ? 

Et vous Messieurs et Mesdames les professeurs ? N’avez-vous rien d’autre à faire pour éviter cette situation que de vous poser comme question pourquoi j’étais comme cela, c’est-à-dire différente des autres ? Et vous, le prof de français, n’aviez-vous rien d’autre de plus intelligent à me dire en fin de rhéto que vous pensiez que j’allais me vautrer dans mes études universitaires ? (d’ailleurs, à ce propos, on peut dire que vous avez eu tort, n’est-ce pas ?) Mais quand nous nous sommes revus il y a quelques années alors que je commençais mon stage d’avocat, n’avez-vous pas pensé vous excuser pour m’avoir si mal jugée, moi qui pourtant n’étais pas une mauvaise élève… Vous pensiez juste que mon immaturité allait me desservir, c’est ça ? Eh bien, vous voyez, vous vous êtes trompé.

Avez-vous pensé une seule fois à ce que je ressentais à tous ces moments d’humiliation continuelle ? Avez-vous pensé à l’image que j’avais de moi à l’époque ? Ou était-ce pour vous simplement un jeu sans importance, juste pour rire ? Pensez-vous qu’à cet âge, on puisse prendre « tu es moche, grosse et inutile » pour de la rigolade ? Non.

Je vais vous dire moi ce qui s’est réellement passé. Chaque jour, je venais à l’école avec la boule au ventre à imaginer ce que vous alliez me faire, chaque jour je craignais de ne pas pouvoir trouver une place à table à la cantine car personne ne voulait de moi, à chaque cours de gym, j’avais peur de ne pas retrouver mes affaires dans le vestiaire. Et chaque fois que je rentrais chez moi, j’avais peur de voir des petits attroupements sur le chemin de l’école qui m’attendaient.

Mais ce n’est pas tout. Chez moi, je pleurais et je ne n’osais pas en parler (sauf la fois où l’un de vous m’a mis un coup de poing en pleine figure, là, je n’ai évidemment pas pu le cacher). Mes parents n’ont eu vent finalement que de cet épisode pour lequel ils sont intervenus en contactant les autorités de l’école. Ils n’ont su que bien plus tard que j’avais été votre souffre-douleur pendant 6 ans, 6 longues années dont j’ai attendu l’issue à chaque seconde . J’avais peur de leur dire, j’avais honte en fait de ne pas être la fille cool qu’ils méritaient d’avoir et pas cette râtée qui était incapable de se faire des amis ou en tout cas, de s’intégrer socialement dans un groupe (car heureusement pour moi, des amies j’en avais quand même, je ne sais pas ce que j’aurais fait sans elles).

Quand j’ai eu enfin terminé mes humanités, j’ai été soulagée, vous alliez quitter ma vie une fois pour toutes. Mais j’ai quand même abordé l’université en ayant la peur au ventre de voir le même scénario se reproduire. Car dans ma tête, tout était ma faute. J’étais différente, j’étais conne et immature, je n’allais pas m’adapter.
Et en plus de cela, quelle désillusion quand j’ai constaté que même si nous ne fréquentions pas les mêmes auditoires, nous allions néanmoins fréquenter les mêmes transports en commun chaque matin et chaque soir.
Encore deux ans de moqueries et de remarques toujours sympas dont je vous rappelle la meilleure, celle qui m’a le plus marquée : « Jess, t’as peut-être réussi tes examens mais tu resteras toujours la même grosse conne. »

Ceci dit, fréquenter d’autres gens à la fac, faire connaissance avec d’autres personnes, m’aura néanmoins permis de constater que j’avais la possibilité de me faire des nouveaux amis, que je n’étais pas la fille que tout le monde détestait et que tout n’était peut-être pas de ma faute.

Alors, tout va bien finalement, me dites-vous ? Non, chers bourreaux, tout ne va pas bien. Et je ne te dirai pas le contraire juste que pour que vous ayez bonne conscience. Vous voyez, j’ai toujours eu envie de vous dire cela en face, que vous sachiez ce que vous m’avez brisé à l’âge où j’étais censée de me construire. Je vous ai maudits, j’ai eu envie de me venger de toutes mes forces, de vous faire du mal comme vous m’aviez fait du mal.

Car voyez-vous, chers bourreaux, aujourd’hui, j’ai 32 ans, toute cette histoire est derrière moi depuis longtemps ou en tout cas, elle aurait du. J’allais avoir 18 ans quand tout cela s’est enfin arrêté. Il y a donc 14 ans maintenant que je ne suis plus confrontée chaque jour à vos méchancetés gratuites.
Et pourtant, elles sont toujours là à me narguer…

Pour moi, je suis toujours la fille à laquelle vous avez collé l’étiquette de moche et de thon et je n’arrive toujours pas comprendre pourquoi après 6 ans mon homme ne voit pas la laideur que je porte constamment sur moi et que je vois chaque jour en me regardant dans la glace.

Pour moi, je suis toujours aussi grosse et je n’arrive pas à avoir la volonté de vous détromper sur ce point même si c’est dans mes moyens car penser à ce que je suis, à la ratée que je suis plus exactement, cela me donne des angoisses que je calme en mangeant.

Pour moi, je suis toujours aussi inutile et je n’arrive pas à voir ce qu’il y a de bon en moi. Je culpabilise à chaque fois que je vais quelque part et que je me suis montrée « trop moi » car j’ai peur que les gens ne m’aiment pas, j’en arrive même à ne plus supporter de savoir que les gens ne m’aiment pas, je me remets toujours en cause et j’ai fini par admettre que j’étais responsable de tout le mal qu’on me disait ou qu’on me dit encore… après tout, j’ai choisi d’être différente, si je voulais que les gens m’aiment bien, je n’ai qu’à être celle qu’ils attendent que je sois.

J’ai peur quand je me retrouve dans un groupe. Je me trouve socialement inadaptée. Je cache mon mal être dans une excentricité forcée pour cacher ma détresse. Mon second degré à disparu, je prends tout mal, chaque critique, chaque réflexion est vécue comme une attaque contre moi, et cela je ne l’accepte plus, j’estime avoir dépassé mon quota depuis longtemps.

J’ai parfois honte de moi, honte d’infliger ma présence aux autres. Il m’arrive d’avoir l’impression de gâcher la vie de mon homme, en me disant qu’il serait peut-être plus heureux avec quelqu’un d’autre. Je pense aussi à mes amies en me disant qu’elles seraient forcément mieux sans moi, d’avoir peur de rencontrer leur chéri tout cela parce que j’ai peur qu’il ne m’aime pas… Il m’arrive même de penser que mes parents auraient mérité une autre fille que moi…

Le pire, c’est quand je pense à futur « mini-moi » et que je me questionne sur le fait de savoir si c’est finalement pas une erreur de vouloir un enfant… car après tout, il va devoir se coltiner une mère comme moi toute sa vie. Et je comprendrai très bien qu’il ait honte…
Et quand je pense encore à futur « mini-moi », j’ai une peur bleur qu’il ou elle vive l’enfer que vous m’avez fait traverser… car si j’ai pu passer à travers bien mieux que certains autres jeunes victimes du même harcèlement, je ne permettrai jamais que ma fille ou mon fils vive cela à son tour. Alors, mes chers bourreaux, inculquez les bonnes valeurs à vos enfants, car s’ils touchent un cheveu du mien, je vous jure que je ne répondrai plus de rien.

J’ai beau savoir que mes parents, mes proches, mon homme, mes amies m’aiment, m’apprécient, souvent je me dis que je finirai par tout gâcher… et il m’arrive souvent de prendre de la distance par rapport aux gens ou de faire en sorte qu’on ne se voie plus. Ainsi la décision vient de moi, et c’est toujours moins douloureux que de les voir partir parce qu’ils se rendent finalement compte de celle que je suis. J’ai un sale caractère, je rouspète souvent, je râle même, je parle fort, je dis des bêtises et souvent je fais des conneries… mais j’ai pourtant un grand coeur et j’essaie de rester fidèle à ce que je crois et ce que je pense être juste. J’ai mes défauts et mes qualités. Souvent, on m’aime ou on ne m’aime pas, je devrais être habituée mais non, le rejet est toujours aussi douloureux.

On pourrait tout résumer en une phrase si vous le souhaitez : depuis que j’ai 12 ans, je ne m’aime plus et ça, c’est grâce à vous.

Voilà mes chers bourreaux ce que vous avez fait de moi. Je ne dis pas que j’ai toujours été une oie blanche qui n’a jamais rien fait mais je ne pense pas que je méritais un tel acharnement. J’ai le physique que j’ai, j’ai le caractère et la personnalité que j’ai. Croyez-vous que j’aime tout le monde ? Non. Mais en général, je choisis d’ignorer les gens qui ne s’accordent pas avec moi et de continuer ma route avec ceux que j’aime. Je ne passe pas mon temps à les embêter et j’avoue… j’aurais aimé que vous en fassiez autant avec moi.

Grâce à vous, à 32 ans, je manque totalement de confiance en moi, vous m’avez volé toute l’estime que j’avais de moi et je considère toujours aujourd’hui que je ne vaux rien.

Ceci étant dit, je tenais quand même à vous dire que je suis toujours là. Je suis toujours brisée mais pas entièrement détruite. J’ai réussi à fédérer des gens autour de moi, des amitiés virtuelles certes mais de personnes qui me trouvent intéressantes de par ce que je leur raconte. Et ça me fait du bien. J’ai également reçu des marques de respect de par les gens avec lesquels je travaille. Ils me font confiance et savent me remercier pour le rôle que je joue à un moment important de leur vie. Et ça, cela n’a pas de prix !

Mais au fond de moi, je sais que la blessure est toujours là et je sais qu’il est temps que je laisse tout cela derrière moi. Ce début d’année et notre rencontre fortuite sur mon blog, mes chers bourreaux, est la première étape pour refermer définitivement ce chapitre de ma vie. Cela va être un long travail sur moi-même pour m’accepter et réapprendre à m’aimer mais j’en ai plus qu’assez d’avoir vos fantômes qui me poursuivent chaque jour de ma vie.
Alors, très chers bourreaux, si vous avez lu tout mon témoignage jusqu’au bout et que mon histoire a réussi à toucher votre âme, votre conscience ou n’importe quelle partie de vous qui vous dit que vous avez mal agi, sachez qu’un petit mot de votre part sera toujours le bienvenu. Je sais que ça ne changera pas le passé mais savoir que vous regrettez pourrait m’aider à enfin passer à autre chose et peut-être pardonner, même si je ne suis pas sûre d’en être capable.

Que cela ne vous empêche pas de dormir non plus.

A bientôt, peut-être.

Jessica.

Certains auront déjà lu un témoignage similaire sur le blog que j’avais créé en octobre 2013 pour vous parler d’autres choses que de livres. J’avais reçu des petits messages qui m’avaient touché suite à la publication du billet.
Mais je n’arrive toujours pas à tourner cette page de mon passé. J’ai pensé qu’adresser une lettre à l’intention de mes bourreaux serait une première étape, un premier pas et surtout que mon témoignage pourrait aider des jeunes à comprendre qu’ils ne sont pas les seuls à vivre cela et qu’ils ne doivent pas laisser les choses aller jusqu’à ne plus rien contrôler comme ce fut mon cas. N’oubliez jamais que vous n’êtes pas RESPONSABLE, qu’il ne faut pas vous culpabiliser d’être ce que vous êtes et que c’est à vos agresseurs à se remettre en question, pas à vous !
Je constate de plus que de plus en plus (et il était temps, j’ai envie de dire), les autorités sont interpellés par le problème du harcèlement scolaire.
Il a toujours existé certes mais avec Internet et surtout les réseaux sociaux, il amplifie le problème qui ne se limite plus seulement à la cour de récré. Le harcèlement est partout. Je n’imagine même pas comment j’aurais vécu la situation si j’avais 12 ans aujourd’hui, avec facebook et compagnie…  Dans mon malheur, j’ai encore eu de la chance. Les gamins aujourd’hui ne l’ont plu et le pire est déjà arrivé à plusieurs reprises : des jeunes se suicident pour échapper à cet harcèlement.
Il faut y mettre un stop, voilà pourquoi j’ai décidé de partager une dernière fois mon expérience publiquement, sur ce blog qui m’a tant apporté et m’a redonné un peu foi en moi vu les marques de sympathie de votre part qu’il m’a procurées.
Je vous remercie tous encore une fois pour voir tout le bien en moi que mes bourreaux n’ont pas vu. Que vous soyez ma famille, mes amies proches (mes deux « cars », je vous love les filles pour tout), ma Galinette, mes amis facebook, mes anciens camarades de classe qui n’avez jamais participé à ce lynchage ou de simples anonymes qui venez sur mon blog et appréciez ce que vous y trouvez, merci de tout coeur de me prouver que je vaux beaucoup plus que cela <3.

Commentaires

  1. Je suis sans voix. Et je suis contente d'être une prof super vigilante face à cela. Les bourreaux, je les tacle un par un devant la classe. Ça les calme, de passer de l'autre côté du miroir et de voir ce que ça fait. Je te souhaite de réussir à tourner cette page et à te défaire des fantômes de ces petites crapules. 9 janvier 2014 22:39

  2. He bien, quel texte touchant! Ça m'a pris aux tripes tant on sent la souffrance dans tes mots. Les enfants/ados sont tellement cruels entre eux. Ça me fout vraiment les jetons pour mes fils. On a tellement envie de leur épargner toutes ses peines et tu as raison, les dérives des réseaux sociaux ne vont rien arranger! j'essaye de les éduquer dans le respect de l'autre et je tacherai toujours d'avoir un œil sur ce genre de comportement inacceptable. Pour t'avoir vue "en vrai" tu me sembles être une jeune femme adorable et amusante. Je garde un excellent souvenir de notre rencontre à Montreuil et j'espère bien te recroiser un jour au détour d'un salon littéraire ou autre. Je t'envoie de gros bisous! Sab 9 janvier 2014 22:55

  3. Hello Jess! J'ai tout lu. C'est très émouvant comme texte. Je te souhaite que ce texte soit un bon exutoire et t'aide à exorciser tout cela. Je me retrouve dans certains passage et j'ai les mêmes soucis relationnel que toi. Saches que tu n'es pas seule dans ce "combat". Tu vaux bien mieux que ce que tu penses et que ce que ces gamins ont pu te faire croire. Oui, tu es belle. Oui, tu es intelligente. Oui, tu es un femme forte pour avoir réussi à traverser tout ça et en sortir la tête haute. Tu peux être fière de toi. Eux, en ayant acquis (normalement) de la maturité depuis les années, ne seront jamais fiers de ce qu'ils ont fait. Continue à être comme tu es. Bisous. Cindy 9 janvier 2014 23:06

  4. C'est un témoignage vraiment très touchant, et je sais en partie ce que tu as traversé car ayant moi-même fait l'objet de beaucoup de moqueries notamment pour mon acné, à la période du collège, etc. Je crois que les enfants/ados ne réalisent pas à quel point leurs moqueries peuvent avoir un impact énorme sur la vie d'une personne, et la méchanceté gratuite, je n'ai jamais compris ça.. Il y a ceux qui sont dans le bon groupe, dans celui des populaires, et les autres qui subissent moqueries chaque jour. C'est bien de parler, de partager ton expérience, parce que peut-être qu'un jour cela changera, parce que les mots blessent et laissent une trace pour toujours. En tout cas, j'espère que tu réussiras à vraiment tirer un trait sur tout ça, à réapprendre à t'aimer, et à avancer sereinement. Je te fais plein de bisous! 9 janvier 2014 23:26

  5. Les blessures de l'adolescence sont les plus difficiles à surmonter. Je suis toujours effarée par la dureté et l'animalité que sont capable d'avoir les adolescents. J'ai eu le plaisir de te rencontrer et je peux t'assurer que tu es une personne formidable, rayonnante et passionnante. Tu seras une maman incroyable ! Je souhaite que tu puisses un jour te sentir aussi heureuse accomplie et protégée que dans ton enfance. 9 janvier 2014 23:50

  6. J'espère vraiment qu'avec le temps tu trouveras le bien-être, la sérénité et le bonheur en toi et que tu te réconcilieras avec toi-même. Passe à autre chose, profite de la vie, cueille la comme elle vient et oublie le passé qui ne fait qu'entacher le présent et le futur. Essaye de voir tes qualités (parce que tout le monde en a) au lieu de rester sur tes défauts. Avoir des gens (+ un chéri) sur qui compter, avec un super blog de chroniques littéraires très visité, une chaîne youtube également très vue, un gros site comme livraddict réalisé de tes propres mains, recevoir des livres de professionnels du métier qui te font confiance en tant que bloggueuse, rien que ce minimum de choses là devrait te faire te sentir existante, te gratifier et te valoriser complètement. Ça devrait représenter en soi une énorme fierté pour toi (et encore, je n'ai cité qu'un début d'une longue liste !) Move On. Ces dures années sont loin derrière toi maintenant. Je t'embrasse, prends soin de toi surtout. Johan. 9 janvier 2014 23:51

  7. Je lis ton blog depuis un moment sans avoir jamais commenté mais là je ne peux pas ne pas le faire vu que je me reconnais beaucoup dans tes mots, on m'a aussi harcelée pendant 4 ans, j'ai failli me suicider à cause de ça et je n'avais même pas une seule amie pour me soutenir, ça fait 6 ans maintenant que je suis "libérée" de ça mais je garde aussi des séquelles (et honnêtement je ne sais pas combien de temps je les garderai), mais il faut essayer d'avancer, d'oublier ça, de commencer à vraiment profiter de sa vie car on a déjà perdu trop années avec ces conneries. Je ne t'ai jamais vu IRL, je ne t'ai même jamais parler directement mais on voit bien à travers tes textes et tes vidéos que tu n'es pas une "grosse conne", et j'espère que tu réussiras à te défaire de tous ses sales souvenirs et récupérer ce que ces salopards t'ont volé. Courage ;) 10 janvier 2014 00:50

  8. Ton billet est très dur et m'a donné les larmes aux yeux. J'ai toujours du mal à comprendre comment des enfants peuvent être aussi méchants envers d'autres. J'ai été très vigilante à ce sujet pour Paul et Jeanne car quand on est rentrés d'Égypte, ils ne rentraient pas dans le moule et Paul a subi un harcèlement en 6e de la part d'un autre garçon et Jeanne, en CE2, se faisait traiter d'Égyptienne avec mépris et certains disaient "je veux baiser avec toi". Mais heureusement ils n'ont pas eu la vie aussi dure que toi... En tout cas, dis-toi que tout ça est derrière toi maintenant. Que tu es une jeune femme formidable avec une vie et une famille formidables. Je te fais des gros bisous. 10 janvier 2014 10:55

  9. Coucou Jess Très émouvant et tellement d'actualité depuis bien trop longtemps. Les enfants sont vraiment très durs entre eux. J'ai également eue quelques brimades enfants qui m'ont toujours touchée. Je faisais l'idiote pour faire rire les gens, c'était ma carapace, je m'auto critiquais pour éviter qu'ils ne le fassent. Mais je me brisais toute seule. Aujourd'hui mes deux grands sont au collège et j'ai peur à chaque fois que ma fille me dit qu'un de ses camarade l'a insulté de Grosse. Je passe beaucoup de temps à lui parler pour qu'elle se confie et heureusement cela n'a pas été plus loin. être parent c'est avoir conscience de ce problème et être très vigilant. Il y a une musique en ce moment "Petite Emilie" qui me touche beaucoup et qui montre l'essor de ce problème avec les réseaux sociaux. Cela fait froid dans le dos. Je te souhaite d'ouvrir les yeux sur la personne que tu es réellement et pas au travers de leurs yeux à eux. 10 janvier 2014 11:44

  10. J'en ai aussi les larmes aux yeux. C'est fou ce que les gamins peuvent être cruels. Des bisous <3 10 janvier 2014 11:47

  11. Bonjour, Petite question, avez-vous songé à voir un psy ? J'ai commencé ma thérapie il y a un an, ça me fait un bien fou... Cordialement 10 janvier 2014 12:02

  12. @foufourche : oui, j'ai franchi le cap il y a quelques semaines et ça commence aussi à porter ses fruits :) 10 janvier 2014 12:19

  13. J'ai les larmes aux yeux. Certains de tes mots ont résonné en moi d'une manière fracassante. J'ai connu pas mal d'humiliations également durant mon adolescence et j'ai effectivement dû passer par un long chemin de croix pour retrouver un peu d'amour propre et de confiance en moi... Je suis aujourd'hui sereine, je me sens comblée et cela avant tout grâce à ma famille, mon mari et mes enfants. Même si parfois je me sens encore " moche, grosse et conne", cela reste assez gérable et ne se présente pas souvent. Une phrase m'a toujours suivi et guidé : " change d'abord ton regard sur toi-même si tu veux que celui des autres change à son tour" ... Je pense que tu es sur la bonne voie... Je te souhaite tout le bonheur du monde, le meilleur reste à venir ;) Des bises et à bientôt. PAT 10 janvier 2014 13:14

  14. Génial, je suis sincèrement TRÈS heureuse pour vous. Si le praticien vous convient n'hésitez pas, cela vous apprendra beaucoup de chose sur vous mêmes, sur cette période de votre vie mais même avant ! Vous avez fait le premier grand pas, les autres vous attendent.... 10 janvier 2014 13:32

  15. Le pire dans tous cela, Jess, c'est que ces personnes ne se souviendront pas de toi. Je me suis reconnue dans la plupart de tes mots. Mais pour moi, cela a commencé en primaire. Et celui qui m'a laissée suffoquer, allongée sur le trottoir après m'avoir donné un coup de poing, comme ça, histoire de s'amuser... ne se souvient pas de son geste. Merci pour tes mots. Merci pour le réveil des consciences de ceux qui ont tout oublié et de ceux qui seront marqués à jamais. Tu es courageuse et vraie. Je t'embrasse bien fort. Linda 10 janvier 2014 14:36

  16. Je suis très émue de lire ton texte. Je ne viens jamais sur ton blog mais ton témoignage m'a bouleversé et m'a terriblement touché. Je n'imagine pas ce que ça a pu être pendant 6 ans n'ayant vécu la même situation que pendant mon année de 4ème. Mais j'ai trouvé tellement de similitude entre ce que tu ressens aujourd'hui et ce que je ressens aussi... Les mots sont tellement blessants et les ados n'ont aucune pitié quand tu es différente. A cette époque je pensais être la seule aussi. Je te souhaite de tirer un trait définitif sur ces 6 ans de torture et de réussir à avancer petit à petit. 10 janvier 2014 16:07

  17. Bonjour Jess, j'ai vécu la même chose que toi, à peu près au même âge ! Je te trouve très gentille avec tes bourreaux, moi les miens, je t'avoue que j'ai plutôt envie de leur dire : " crève batârd " ... Bises ! 10 janvier 2014 17:26

  18. […] contre les horreurs qu’on a pu nous dire à l’aube de notre vie (à ce sujet, l’article de Jessica, de LivrAddict, tombe au bon moment), contre les coups du sort, contre le regard des autres et […] 10 janvier 2014 18:01

  19. Ton témoignage est bouleversant. Ce n'est pas allé aussi loin pour moi mais les années passées à la primaire et le collège sont des années que je préfère oublier. J'arrive à éviter mes anciens bourreaux car la majorité n'habite plus dans les environs de mon village. Heureusement pour eux d’ailleurs car la part sombre qu'ils ont créé et qui sommeille au fond de moi n'aspire qu'à se venger. J'en garde aussi des séquelles puisque j'ai du mal à faire confiance aux gens et à me faire des amies en IRL. Le pire était surement que mes parents ne m'ont jamais prise au sérieux. Ce n'est que récemment que je leur ai ouvert les yeux suite à un reportage. Je ne te connais pas personnellement mais tu es quelqu'un de formidable. Pour avoir créé Livraddict, il faut l'être. 10 janvier 2014 18:36

  20. Hé comprends à 100% ce que tu as vécu et ce que tu endurer enncore aujourd'hui (ce mal être). J'ai été aussi bcp confronté à cela, étant très timide (rougissant facilement et ayant la larme facile) mes camarades s'en sont donnés à cœur joie. Je n'ai malheureusement pas eu le courage de continuer mes études à la fac (qu premier exposé oral donné j'ai jeté l'éponge) tant je manquais d'assurance et persuadée de n'être capable de rien. Aujourd'hui je mène mon boulot, ma vie de femme, mes trois enfants, et mes chroniques, alors non je ne vaut pas rien ! Mais bon mon seul regret : ne pas avoir fait d'études et d'avoir pour le coup un boulot simpliste dans l'administrationalors que jj'avais entamé des études de lettres dans le but de travailler dans l'édition ou le monde livresque... La vie est malheureusement faite ainsi, il faut maintenant construire sa vie en rebouchant ces fissures. Je te souhaite du courage et de reconnaître ce que tu vaux. 10 janvier 2014 20:49

  21. C'est désolant que des enfants puissent vivre ce genre de chose, malheureusement le harcèlement existe à tous les âges, je dirais de la maternelle à la retraite. Par ce que les adultes ne sont pas plus sympas. J'espère que les choses s'amélioreront pour toi un jour. On en parle de plus en plus c'est déjà une bonne chose. 10 janvier 2014 21:20

  22. Bonsoir Jessica :) Tout d'abord je comprends parfaitement ce que tu as vécu durant ta scolarité. C'est tellement dur d'y repenser et surtout de ne pas savoir pourquoi les gens ne t'aimaient et te vouer une haine. Durant mes années primaires et collège puis début lycée (2nde), j'ai vécu des choses vraiment horrible moi aussi à l'école. En plus d'être une fille assez timide, j'avais des peurs notamment celle de partir seule à un endroit. Tout le monde pensaient que j'étais une fille à papa et maman, mais j'ai tout de même pu prendre sur moi, certes dans l'école c'était différent. Les personnes me regardaient bizarrement car pour eux je suis un monstre et je ne mérite pas de vivre une vie comme eux/elles. Pour eux/elles, je ne dois pas faire les mêmes choses et pleins d'autres truc. En CM2 (dernière année de primaire) ma meilleure amie a du déménager et sa perte m'a causé un chagrin considérable, certes j'avais encore 2/3 amies, mais entre midi et 14 h, j'étais seule, vraiment seule et en y repensant j'en ai cette envie de pleuré et crier à tout le monde que je suis une personne comme une autre. Bien sûr, tout compte fait arrivé en 6ème, le cauchemars à reprit de plus belle. Une fille qui était dans ma classe durant la primaire était encore avec moi en 6ème. Elle m'en a fait bavé, même si j'avais ma cousine Emilie, elle s'en foutait royalement de ce qu'on me faisait subir et je dois dire que j'ai encore la boule à la gorge encore aujourd'hui. Pour en revenir à cette fille, il était clair et net qu'elle ne m'aimait pas et que pour elle je devais mourir. Elle m'a insulté de tous les noms possible d'imaginer et à même était jusqu'à rayé avec une pierre l'ancienne voiture de mon père et à mettre de la merde de chien dans ma boîte aux lettres ! Des dégâts que j'ai pu lui faire payer en 5ème évidemment. Je me suis battue avec elle comme je ne suis pas très grande pour avoir une supériorité j'y ai été cash avec les mots et après ça été fini car je l'ai menacé de porter plainte et qu'elle devrait payer tout le mal qu'elle m'a fait, d'ailleurs j'attends encore la dette d'une chose, mais bon ce n'est pas si grave que ça. En 4ième ça été un peu mieux, mais j'avais tellement peur de me faire des nouveaux amis alors je suis restée seule sous le préau ou au CDI à bouquiner comme toujours et c'est cette année-là que ma passion pour la lecture s'est montrée. Me plonger dans un livre c'était un moyen de m'évader et d'oublier qui j'étais et toutes les personnes autour de moi. Parfois, lorsque je lisais ça m'arrive de rigoler et plusieurs personnes me prenaient pour une "folle" mais je leur ai dit une phrase qui disait que si personne ne rit, c'est qu'ils n'ont rien comprit à la vie. Puis du jour au lendemain, j'ai eu des problèmes à mes yeux qui empiraient de jour en jours. Même si j'avais les yeux rouges et boursoufflé par le mal et la douleur, j'allais quand même aux cours. Les autres personnes de ma classe ne prenaient même pas l'occasion de me demander si j'avais besoin d'aider pour écrire les cours ou autres, et là j'ai prit l'initiative de me débrouiller seule comme je l'avais toujours fait. Je dois t'avouer que mes notes avaient baissé à cause de ça, mais je n'ai pas abandonné mon rêve : partir d'ici ! Un jour, je suis arrivée au collège les yeux encore pire qu'avant et le CPE quand il m'a vu m'a répondu : Tes parents t'ont battu ? cela m'a encore plus choqué et je n'ai pas pu aller en cours. Durant 4 ans j'ai vécu des choses très dur à cause de ce problème. Mais aujourd'hui, j'en suis contente. Il y a encore des personnes qui me disent que je le fais exprès de ne rien voir au tableau et que c'est par intérêt que je demande de l'aide aux prof, mais en fait non. Je ne vois rien c'est tellement mal écrit parfois que c'est un lourd fardeau de devoir déchiffrer tout ça. Tu n'es pas la seule à t'inquiéter pour ton futur enfant, moi aussi ça perturbe. J'ai peur qu'il soit aveugle comme j'aurais pu l'être il y a 2 ans (ça me fait bizarre de dire ça, mais ça passe tellement vite !) et aussi qu'il hérite de mon caractère de merde (oui je suis très jalouse et possessive, mais je l'assume complètement puis je suis chiante aussi ^^), mais chacun à ces défauts. Par contre si je m'aperçois que mon enfant subit la même chose que moi, je n'hésiterai pas à lever la main, car un enfant lorsqu'il découvre l'école cela doit être un plaisir et aussi une joie de se faire des copains/copines, mais qu'on le rejette et qu'il soit un souffre-douleur je ne supporterai pas ! Quand j'entends la chanson "Petite Emilie" de Keen V, j'en pleure même dans le buss devant tout le monde, car c'est trop dur de ne pas versé une larme, je me fiche que les personnes pensent ou autre, on est humain et on est libre dans nos choix, alors si on n'aime pas ces choses-là, ça ne sert à rien de faire mal à l'autre. Merci pour cet article, mais quand on le lis, on est touché et comme les personnes qui sont dans notre cas, ça donne nous aussi l'envie de nous vider pour nous sentir mieux pour aller de l'avant. Je te souhaite une très bonne et j'espère qu'elle sera meilleure et qu'elle t'apportera pleins de belles choses, car on le mérite tous : le bonheur ! Justine. 10 janvier 2014 23:18

  23. Je te l'ai dis hier sur la page mais ton article m'a énormément touché. Au-delà de sentir toute ta douleur, toute la souffrance que tu as traversé et qui t'habite encore, tes mots m'ont bouleversé. J'aimerais pouvoir dire que je ne comprends pas ce que c'est que ce genre de comportement mais je ne comprends que trop bien. Le mal être, le manque de confiance en soi, l'impression d'être inutile/moche/grosse et j'en passe. C'est tellement dur à vivre au quotidien, tellement dur de se reconstruire après. Mais, même en ne te connaissant qu'à travers ton blog, je ne pense pas que tu sois tout ce qu'ils t'ont laissé penser. Tu es quelqu'un de bien, de gentil, d'agréable. (Et tu as l'air d'être une super pâtissière en plus ! ^^) Alors même si c'est difficile, et que c'est plus facile à dire qu'à faire (la preuve, je ne l'applique pas moi-même...) : aie confiance en toi et sache que des gens t'aiment et méritent pour ce que tu es : une femme bien. Je te fais d'énorme câlins ♥ 11 janvier 2014 00:51

  24. Salut jess. Je te dis simplement que la première fois que je t'ai vu je t'ai tout de suite aimé, car tu n'es justement pas quelconque, tellement passionnée et passionnante à la fois. Moi je t'adore toi, jacky et ton sponge cake ;-) Ne les laisse pas prendre ton âme, essaye de relativiser même si c'est difficile, il faut mettre tout ça sur le dos des erreurs de jeunesse et ne plus regarder en arrière car si tu concentrais ton énergie à voir le présent tu verrais à quel point tu as réussi, jess tout va bien maintenant, tu as de l'amour à donner à ton chéri et à tes projets, à vivre ton bonheur, et c'est là que tu dois te prouver des choses.et plus à ces vieux démons. Je te souhaite de trouver l'équilibre que tu mérites. Grosses bises. 11 janvier 2014 04:56

  25. Quel courage ! Bravo Jess. De tout cœur avec toi et les jeunes qui vivent cela au quotidien. On a beau se battre chaque jour, être vigilent, il y a sûrement de ces drames qu'on ne voit pas. :( 11 janvier 2014 13:19

  26. […] Pour aller plus loin Informations : [x] [x] Autres témoignages : [x] […] 11 janvier 2014 18:08

  27. J'ai lu grâce à Argali qui a "partagé" ton témoignage .... Je salue ton courage pour ce billet qui a dû te faire revivre ces 6 années d'enfer .... 6 ans ... !!! Avoir traversé cela et être toujours debout... Je te dis "chapeau bas" .... Même si tu n'en as peut-être pas conscience, je pense vraiment que tu es quelqu'un de fort .... Enseignante retraitée du secondaire, j'ai toujours été très attentive, très vigilante face au harcèlement scolaire ... et j'espère n'être pas passée à côté de certains de ces cas ... Puisse ton billet faire réfléchir les "bourreaux" et déculpabiliser les "victimes" .... 11 janvier 2014 21:12

  28. Ton article est exceptionnel. Tu te mets à nue et il te faut un grand courage. Je veille au harcèlement concernant mes enfants qui sont scolarisés. Ton témoignage est incroyable. Jess, sans toi, j'aurai fait un dépression et grâce à toi...par LA, j'ai survécu à une période de ma vie où ça n'allait pas. Je m'en souviendrai tout le temps et je te l'ai souvent dit. Jess, tu es importante. tes enfants auront de la chance de t'avoir. Je te jure! Je t'embrasse fort, fort, tu es formidable. 11 janvier 2014 21:32

  29. Salut, moi j'ai 31 ans et j'ai vécu ça aussi pendant à peu près 5 ans. Je n'en ai jamais parlé à cette période parce que d'un part j'en avait honte et d'autre part les profs qui le voyait disaient rien. J'ai tout fait pour remonter la pente mais je n'arrive toujours pas. Je ne vais pas tout déballer mais le plus dur c'est la confiance en soi, j'ai l'impression aussi que c'est quelque chose dont on m'a privée à vie. J'arrive même pas a me laisser approcher par des mecs, je ne sais pas comment l’expliquer mais c'est comme ça. Bon courage a toi 20 janvier 2014 11:06

  30. Je suis arrivée sur ton blog en cherchant des articles sur Yankee candle, j'ai poussé un peu plus loin et j'ai lu cet article qui m'a mis les larmes aux yeux parce que j'ai retrouvé un peu de mon vécu et de mon histoire dans tes mots, et oui quand on est un peu ronde, qu'on a un papa décédé, qu'on a un petit handicap, on est tout de suite mal vu et rabaissé par les autres, aujourd'hui je suis mariée et pourtant je ne comprend pas ce que mon mari fait avec moi. mais aujourd'hui bien que tout cela soit derrière moi, je n'ose pas trop sortir de chez moi peur de croiser des jeunes à la même mentalité que l'époque, peur d'encore me faire harceler, peur d'encore m'entendre dire que je suis une grosse laide, quand je n'ai pas le choix et que je dois sortir c'est en regardant à terre pour ne pas croiser un regard moqueur parce que j'ai la frousse de revivre tout ça. et pourtant les gens qui m'ont fait tout ça ne pense sans doute plus à moi bien qu'eux m'ai gaché ma vie. Je te souhaite de pouvoir te reconstruire. de pouvoir passer à autre chose. et même si il reste des marques indélébiles, essayer de les ranger dans un coin de ta tête et faire en fonction de... courage. 16 février 2014 17:09

  31. je suis sans voix .... ce billet on en a parlé aujourd'hui et du coup 'ai demandé le lien je voulais le lire .... je n'ai rien d'intelligent à te dire si ce n'est que je salue ton courage , ta ténacité, ta force. que je te souhaite aujourd'hui de trouver une forme de paix avec toi-même et ceux qui te sont proches, ceux qui ont su voir qui tu es vraiment je n'ai pas de mot je n'ai que du soutien à apporter et te tirer mon chapeau ... ce billet devrait être lu aux jeunes dans nos écoles .... 14 avril 2014 18:36

  32. Salut Jessica ! Je viens de tomber sur cet article et je dois dire qu'en le lisant, il y a pleins de choses qui me sont remontées à l'esprit. Je n'ose pas prétendre avoir vécu la même chose que toi mais quelque chose de similaire qui a eu peu ou prou le même genre de conséquences. Personnellement c'était un peu plus tôt, à l'école primaire puis au collège (entre 6 et 14 ans quoi) que ça s'est passé. Dans deux écoles différentes. Quand on te fait comprendre que tu es inadaptée, à côté de la plaque, qu'on te rabâche que toi, t'es qu'une intello, constamment, parce que toi tu es dans les livres, la culture, les dessins animés, les mondes imaginaires et parce que tu as de bonnes notes alors que les autres sont dans le paraître, le make up, les mecs et les sorties... Quand on te fait pleurer parce qu'un groupe de filles, de petites terreurs ont menacé ta mère qui a osé ouvrir sa bouche et a dénoncé les agissements de ces filles... Quand on ne te choisit pas pour faire les équipes de baseball et qu'on "t'oublie" sur les gradins, quand on ne te choisit pas non plus pour composer les chambres en voyage scolaire et que tu te retrouves avec les filles sourdes et muettes d'une classe spécialisée parce qu'il ne reste plus que ça... J'avoue que ça n'a jamais été physique, mais tout est resté dans le psychologique. Est-ce un bien ? un mal ? je sais pas. Pour autant, ça a aussi cassé la confiance en moi. quelque chose sur lequel je travaille toujours aujourd'hui et qui me fait toujours cruellement défaut. Pour mon boulot c'est super dur parce que je bosse dans un milieu où justement il faut donner de l'assurance, se vendre, vendre son boulot, son talent. C'est hyper dur. Parce que j'ai mis du temps à me trouver désirable. Parce que je me suis toujours trouvée sur les marges, pas mainstream, un peu trop geek... J'avoue que j'ai eu de la chance. Au lycée (vers 14-15 ans, une fois qu'on change d'établissement), je suis allée dans un établissement où personne de ma classe n'était allé. J'ai rencontré mes amies actuelles, qui sont toujours avec moi 15 ans après, toutes aussi décalées et fangirl que moi, c'est peut être ça qui m'a sauvée... Tu sais, j'ai re-rencontré mes "bourreaux" presque 10 ans après. Enfin certains. On se revoyait tous ensemble, la classe de mon collège, dix ans après, autour d'un resto. Je l'attendais avec impatience. ça allait être la revanche ! Leur montrer ce que j'étais devenu avec fierté, qu'ils n'avaient pas réussi à me casser, que j'étais dans une école pour faire ce que j'avais toujours voulu faire, du dessin animé. Que je valais mieux qu'eux etc. Le leur balancer en pleine tronche. Et finalement, quelle déception. Aucun ne semblait se souvenir ce qu'ils m'avaient fait subir, quelle humiliation ils m'avaient fait ressentir. Le pire, c'est que je n'arrivais même pas à les haïr. Ils m'avaient l'air de gens biens, comme ça, malgré le passé. ça ne devait pas être bien grave dans leur tête... S'en souvenaient-ils même ? Je suis sortie de ce repas frustrée et énervée. J'ai décidé de les laisser derrière moi et de me concentrer sur mes vraies amis, ceux qui comptaient pour moi et pour qui je comptais. Encore une fois, je suis vraiment heureuse de les avoir dans ma vie. En y réfléchissant, je ne pense pas qu'ils se rendent compte quelle importance ils ont eu sans le vouloir. Désolée c'est un peu long et peut être un peu confus. Enfin tout ça pour dire que malgré nos expériences différentes, y a un fond commun et des conséquences avec lesquelles on se bat encore des années après. Y en a qui disent qu'il faut qu'on se forge, qu'on s'endurcisse... Mais subir ça ! et à quel prix !! C'est inacceptable. On est pas dans la jungle ici ou dans Game of Thrones. Bref. Tout ça pour dire que ce sujet m'a ému et m'a fait me souvenir de trucs que je pensais être derrière moi, enfouis loin. On vit toujours avec, comme un vieux boulet. Mais avec le temps, on sent moins le poids :/ En tout cas. Tu as toute mon admiration parce que je sais quel courage, quelle force de caractère et quelle résilience il faut pour sortir de ce merdier. On a tous quelque chose de formidable à proposer. Et tu le fais déjà. Voilà ! Karell 27 septembre 2014 23:00

  33. Bonjour, je suis atteinte de tdah et donc j'ai toujours été aussi loin que je puisse m'en souvenir être la tête de turque à l'école et d'ailleurs, car je suis "différente". Je pourrai tourner la page mais voila ma fille est atteinte du même mal que moi et a déjà subi des brimades à l'école primaire. j'ai été témoin devant mes yeux, j'ai pris les gamins et foutus devant les profs et j'ai hurlé très fort. Les deux mômes ont demandés pardon, mais je ne pardonne pas car pour moi, c'est trop facile de ne pas assumer ses actes. J'avais envie de leur faire la même chose mais en pire. Voir ma petite pleurer et seule, c'était trop cruelle et je ne pardonnerai jamais à ses gens. je veux qu'ils souffrent comme ils font souffrir, je veux que le mal qu'ils font leur reviennent en pleine tête. j'ai 42 ans et ça ne passe pas d’être en plus confrontées de nouveau à ce cauchemar. Et comme ce n'était pas suffisant, j'ai vu une autre petite continuer à tourmenter ma fille. Idem, je lui ai pas fait de cadeau, j'ai été voir le professeur, rebelote, mais avant la petite je lui ai fait le même supplice, j'ai dit aux autres petites filles d'avancer (car au Japon on rentre sans les parents et en groupe), donc je l'ai isolée, je l'ai montrée du doigt et je lui ai dit que c'était quelqu'un de méchant et laid, je lui ai dit que j'allais contacter le professeur, que je ne la voulais plus jamais la voir ni de prêt, ni de loin de ma fille et qu'elle serai punie. j'ai vu la peur à son tour sur son visage d'être à son tour la victime. J’espère que cette harceleuse a compris ce que c'est d'être une victime à son tour et isolée. J'ajoute que je vais pas la lâcher et que je vais être là si elle recommence. L'école, c'est la lois de celui qui écrasera le plus faible pour de multiples raisons. Il ne faut pas laisser ce mal, il faut couper l'herbe sous le pied à ces harceleurs et tous les gens qui en sont témoins et ferment les yeux. Idem pour les parents (en l’occurrence ma mère) qui croit que ce n'est pas grave et sans incidence. CAR ILS SONT TOUS COUPABLES. Je parle avec mes tripes et ma malformation, je suis différente mais j'ai le droit de vivre sans brimades et sans harcèlement. Je n'ai jamais harcelé un plus faible car je n'ai jamais éprouvé le besoin de harceler, ni l'envie. J'ai toujours été du côté des plus faibles car j'ai été victimisée. De plus, ça m'a marqué pour toute ma vie. Et je dois revivre ce cauchemar par le biais de ma fille et j'ai peur pour elle car maintenant il y a cette merde de facebook et autre connerie du genre. Comment je vais la protéger. De mon temps au moins quand je rentrai à la maison, je pouvais respirer un peu mais là, avec cette merde d'internet et de réseaux sociaux, c'est la porte ouverte aux harcèlements. Et j'ai peur qu'elle en vienne au pire. Car moi, j'ai déjà eut un lavage d'estomac pour ça. Comment je vais la protéger à mon tour ? On doit punir sévèrement ces gens là et sévèrement. Il faut des lois et il faut les appliquer sans exceptions. 16 février 2015 06:27

  34. Bonjour, j'ai moi aussi souffert de harcèlement scolaire, surtout au collège. Insultes, rejet, mépris, isolement, humiliations, trahisons, moqueries, surnoms, pour les mêmes différences que toi qui à leurs yeux étaient honteuses et bébés : look, goûts musicaux, origines sociales (parce que mes parents roulaient en BMW et avaient un appart dans le sud), fille unique, phobie des escargots, bonne élève, nulle en sport par contre, gentille, très blanche de peau (mais les élèves exotiques se comptaient sur les doigts d'une main, les autres élèves avaient surtout "meilleure mine" dans mon collège de campagne). Certains profs (techno, sport, dessin, et latin) m'ont aussi harcelée ! Mais en 3ème j'ai craqué, mes notes ont chuté, mon idole de l'époque est décédée d'un cancer la même année (une star télé). Mes parents avaient essayé de m'aider et d'intervenir, mais personne ne faisait rien et mes parents avaient fini par se résigner face à l'inaction du collège. Je leur avais supplié de me retirer du collège et m'inscrire au CNED, mais ils ont refusé et m'ont inscrite dans un collège-lycée privé où les choses se sont globalement mieux passées (bien que j'aie eu du mal à m'adapter au changement en 3ème et que j'ai retrouvé un peu de harcèlement en terminale, bien que beaucoup moins dur qu'au collège). Mes résultats n'ont plus jamais été les mêmes, j'ai redoublé ma 3è, 2e, Te L et 1è année de fac psycho. D'ailleurs j'ai vu toute une flopée de psychiatres et psychologues car j'ai fait dépression sur dépression, mais ça ne m'a jamais vraiment aidée à surmonter. Hormis mon mariage, j'ai toujours tout échoué et à 37 ans, je n'ai presque jamais travaillé par peur de revivre la même chose sous forme adulte ! J'en ai toujours des séquelles : sautes d'humeur, pessimisme, méfiance, sous-estime de moi, complexes physiques et sociaux... J'ai écrit il y a un an à une des mes anciennes harceleuses, mais sans la heurter de front, ni la juger : elle ne m'a jamais répondu !... Par contre j'ai écrit à mon ancienne prof d'allemand de collège (une gentille) qui m'a répondu et regrettait de ne pas s'être assez rendue compte de ce que je vivais réellement. Elle avait voulu m'aider à l'époque mais n'avait pas osé et ne savait pas trop comment faire et elle le regrettait aussi... 1 avril 2015 18:14

  35. Bonjour, J'ai découvert votre article via la page de "Harcèlement scolaire: venez briser le silence" et j'ai été très touché, particulièrement parce que j'ai moi-même été victime de harcèlement scolaire ! J'ai 23 ans et je l'ai vécu 15 ans; toute ma vie: Primaire, collège et lycée... J'ai écrit un livre récemment et en écrit un autre spécialement sur le harcèlement scolaire. L'ayant subit, et m'étant lancé dans ce combat (j'ai osé en parler il y a seulement un an); ce sujet pour second livre m'a semblé une évidence ! Aujourd'hui, je n'ai aucune confiance en moi,et je suis devenue phobique scolaire, j'évite les groupes au possible... C'est très difficile au quotidien. J'espère qu'un jour, j'arriverais à penser à l'avenir comme vous ^^ Si vous voulez qu'on parle de tout ça; ce sera avec joie ! Bravo car cette lettre était parfaite, et m'a mise les larmes aux yeux ! J'ai senti toute l'amertume, le chagrin comme la révolte et l'envie de vengeance que j'ai moi-même ressentie à un moment donné... Je vous souhaite beaucoup de courage et de bonheur à présent :) Bien à vous... Marie 1 avril 2015 19:13

  36. Mais pourquoi vous ne donnez pas les noms des ecoles, des profs et même des élève concernés ? 2 avril 2015 22:28

  37. @anonie Parce que je n'ai pas fait cet article par vengeance ou pour que les personnes se sont visées (elles se reconnaîtront sans que j'ai besoin de les citer si elles lisent ce billet) et parce que je n'ai pas envie de lancer une chasse à leur encontre pour que les gens les insultent et les jugent à leur tour. Je ne combats pas par le harcèlement par le harcèlement ! Je dis ce que j'ai à dire publiquement et je lave mon linge sale avec les concernés en privé. 2 avril 2015 23:47

  38. Bonjour Jess, Ton témoignage ressemble étrangement à ce que j'ai vécu. J'ai moi-même 32 ans, je suis née en fin d'année, et mis à part le chewing-gum dans les cheveux et les critiques sur le poids, tout est quasiment pareil... Tes mots résonnent en moi car ils sont ce que je ressens. J'ai vécu le harcèlement scolaire durant 9 ans, de 7 à 16 ans. Mes bourreaux, qui m'acceptent en "amie" sur Facebook sans JAMAIS me commenter, et qui m'ignorent dans la rue (ben oui, je suis toujours la "pas assez bien" tu comprends......, restent parfaitement silencieux face à tout ça. Ou alors j'ai eu droit à "C'est du passé" de nombreuses fois... Pour moi, ce n'est pas du passé, j'ai grandi avec eux, avec le mal fait, et à ce jour ils me prennent toujours de haut d'une façon ou d'une autre. Merci pour ces mots, Jess. 3 avril 2015 03:56

  39. Très beau témoignage... Ayant été victime de harcèlement scolaire, je me retrouve totalement la dedans. Et même si je m'en suis sorti, je vis encore avec cela. 12 mai 2015 23:16

  40. Bonjour Jess. Je découvre ton blog aujourd'hui par ce billet. Ton enfer je l'ai connue, certaines phrases, certains mots m'ont d'ailleurs beaucoup touchés. J'ai 23 ans et je pense moi aussi souvent que tout est de ma faute, que j'étais trop comme ci ou trop peu comme cela.. Je n'ai plus jamais eu confiance en moi et ai été déscholarisée durant de nombreuses années. Cette année j'ai repris une formation, une formation d'adultes, avec des gens plus matures et qui ne m'ont pas embêtée, qui m'ont au contraire totalement accepter. Mais j'ai perdue des années, et aujourd'hui j'ai constamment peur d'échouer. Tu as été tellement courageuse, crois moi rien étais de ta faute, tu n'entrais pas dans leurs moule si peu ouvert et crois moi c'est une qualité, tu étais et tu est surement toujours différente mais je suis certaine que pour rien tu n'aimerais aujourd'hui leurs ressembler. Tu t'en ai sortie et plutôt bien , certes tu en gardes des séquelles mais avec le temps tu arriveras à les atténuer. Bon courage 18 mai 2015 12:00

Laissez un commentaire

29 décembre 2016 17:46