Tout sauf le grand amour

Tout sauf le grand amourTitre VF : Tout sauf le grand amour
Titre VO : The Next Best Thing

Auteur : Kristan Higgins (USA)
Traduction de Karine Xaragai

Publié aux Editions Harlequin (Mosaïc)
Date de publication : 01 février 2013

Genre : Contemporain, comédie romantique

Pages : 443

Prix : 18,90 €
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Notestar-5



Quatrième de couverture
(Attention, quatrième un peu spoilante pour ceux qui veulent garder toutes les surprises du roman !)

Ce que cherche Lucy Lang à l’aube de ses trente ans ? Un homme sympa et honnête. Un homme qui s’occuperait du jardin, des barbecues, et qui jouerait au foot avec les enfants. Et surtout, surtout, un homme qui ne déclencherait en elle aucun émoi amoureux, aucune grande passion. Car Lucy refuse l’idée de souffrir de nouveau, comme elle a souffert cinq ans plus tôt en perdant son mari.
Alors, même si le passé se rappelle encore à elle, aujourd’hui, elle le sent : elle a atteint les limites d’une vie exclusivement consacrée à son chat Fat Mickey, le plus intelligent et le plus capricieux des félins, et à son travail, qu’elle adore, dans la petite pâtisserie familiale de Rhode Island. Oui, il est temps, après cinq ans, de tourner la page, et de se lancer dans une nouvelle vie. Première étape : Prévenir Ethan Mirabelli, son amant sexy mais inépousable, qu’il est temps de revenir à une relation strictement amicale. Seconde étape : se lancer dans la quête de son futur mari, celui qui sera tout pour elle. Tout, sauf le grand amour !

Mon avis

Quand j’ai commencé ce roman, j’étais loin d’être convaincue : je trouvais ça lent et ennuyeux… mais une fois dans l’histoire, la magie des personnages a opéré et j’ai eu beaucoup de mal à leur dire au revoir à la dernière page ! Une comédie romantique plus qu’une romance que je vous recommande chaudement !

Lucy Lang est veuve depuis cinq ans, depuis que son mari Jimmy a trouvé la mort dans un accident de la circulation.
Depuis Lucy fait ce qu’elle peut pour garder le moral, se donnant énormément dans son travail. Elle a en effet accepté de s’associer à ses tantes et sa maman dans la petite pâtisserie familiale où elle occupe le rôle de boulangère .
A l’approche de ses 30 ans, Lucy se rend compte qu’elle ne tient pas  à ce que sa vie se résume à cela. Elle aussi veut une famille et des enfants. Il faut donc un mari. Un mari ok, pour qui elle aura de l’affection mais pour lequel elle n’éprouvera certainement pas la passion de l’amour. Car l’amour amène la souffrance, et elle estime en avoir assez eu que pour repasser par là une nouvelle fois…

***** L’intrigue *****

Comme je l’annonçais en introduction, mon histoire avec ce livre n’a pas vraiment bien commencée.

Pourtant, dès le départ (et heureusement que je n’avais pas lu la quatrième de couverture), j’ai été très surprise par certaines révélations que nous faisait l’auteur. Je ne m’attendais pas du tout à cela. Le ton de l’intrigue entre les deux personnages principaux est donné dès le départ : et à première vue, cela peut paraître choquant ! En tout cas moi, cela m’a fait l’effet d’une mini bombe atomique. Et je le répète encore une fois, heureusement que je n’avais pas lu la quatrième de couverture, sinon j’aurais déjà perdu ce gros élément de surprise !

Mais bien vite, je suis retombée dans l’ennui… vu qu’il ne se passait rien de bien folichon. il y a  un gros moment de flottement au début. L’héroïne décide de reprendre sa vie en main, de refaire sa vie mais son comportement n’est pas du tout en adéquation avec ce qu’elle dit. Du coup, il ne se passe pas grand chose.

Puis une fois le cadre de l’histoire posé, une fois que le lecteur connaît mieux les personnages, l’histoire commence à prendre forme et le lecteur suit les aventures de Lucy avec plus d’entrain et se prend vraiment d’affection pour elle, sa famille, ses proches. 
Tout ce petit monde se met subitement à réellement exister dans l’imaginaire du lecteur, rendant l’histoire, les lieux, les personnes tellement vivants que l’on a vraiment l’impression, le temps de la lecture, de vivre parmi eux, de les connaître intimement.

On pourrait aussi reprocher au roman que Lucy prend trop de temps pour se rendre compte de certaines choses et qu’une fois qu’elle a « ce déclic », les choses vont alors trop vite. L’histoire se termine en effet alors qu’elle ne fait que vraiment commencer. C’est vrai que j’ai ressenti une pointe de frustration à la fin du récit mais globalement j’ai compris les choix qu’avait fait l’auteur et surtout pourquoi Lucy mettait autant de temps avant d’ouvrir les yeux. On a beau dire qu’on veut aller de l’avant, tant que le déclic ne se fait pas réellement en nous, on reste un peu ballotté entre notre envie d’avancer et notre passé et j’ai trouvé que l’auteur retranscrivait assez justement ce que Lucy ressentait.

J’insiste sur le fait que ce roman n’est pas une romance mais plus une comédie romantique. Il y a certes une histoire d’amour mais je n’ai pas eu l’impression que cette histoire était au centre de tout. Dans ce roman, il est question de Lucy et de tout le travail qu’elle doit faire sur elle-même pour être réellement prête à aller de l’avant avec quelqu’un d’autre, mais aussi de sa passion pour les bons petits gâteaux, du clan des « veuves noires », de sa soeur qui craint que la malédiction familiale ne lui tombe dessus et enfin d’une vieille tante dans un home et d’une drôle d’histoire de scones !

Bref, ce roman est une fresque romanesque qui retrace un moment important de la vie de Lucy Lang avec toutes les personnes qui cogitent autour d’elle durant ce moment. Du coup, le lecteur passe par un panel d’émotions, vit vraiment les choses avec Lucy. Il y a des moments que j’ai trouvé très drôles dans le récit, d’autres qui m’ont fait vraiment stresser, où j’ai réussi à imaginer les réactions, les comportements des personnages avec une telle vivacité, un tel réalisme que j’avais vraiment l’impression de faire partie de leur vie.
Pour vous dire, j’ai eu beaucoup de mal à fermer ce livre juste à cause des personnages, même s’ils sont restés encore bien présents en moi durant les semaines qui ont suivi cette lecture !

Petit bémol enfin, j’aurais aimé que le contexte pâtisserie soit mis encore plus en avant. Il a sa place dans le récit mais j’aurais aimé l’y retrouver encore plus. Car certains passages m’ont donné l’eau à la bouche et qu’en tant que grande gourmande, ça m’a manqué de pas en avoir plus !

***** Les personnages *****

Pour moi, c’est sans doute le GRAND POINT POSITIF de ce roman, les personnages sont hyper travaillés, approfondis et sont donc très vivants.

Lucy Lang n’arrive pas à faire le deuil de son mari, 5 ans après sa disparition tragique. Depuis lors, elle se consacre la plupart du temps à son travail en tant que boulangère dans la pâtisserie familiale. Pourtant, professionnellement elle pourrait aspirer à mieux que cela : diplômée en pâtisserie, elle pourrait se consacrer à son art plutôt qu’à la cuisson du pain. Mais voilà, depuis la mort de son mari, même si Lucy réussit toujours ses petits gâteaux, elle n’a pourtant plus le coeur d’y goûter.
Lucy est un personnage qui m’a vraiment touchée. Pourtant au début du récit, j’ai trouvé qu’entre ce qu’elle disait vouloir faire (aller de l’avant) et ce qu’elle faisait vraiment, il y avait un gouffre. Mais petit à petit, j’ai réussi à comprendre ce qu’elle vivait et surtout à me poser les bonnes questions : comment réagirais-je à sa place ? Me poserais-je les mêmes questions ? Car pour Lucy, il s’agit aussi de se dire « si je rencontre quelqu’un d’autre, ne vais-je pas sans cesse le comparer à Jimmy ? » ou « et si je l’aimais moins (ou plus) que Jimmy ? ». Bref, elle est pleine de doutes, d’interrogations et il est donc normal, malgré son envie de refaire sa vie, que cela prenne du temps.
De plus, les évènements qui se passent dans le roman se sont en quelque sorte ligués contre elle car elle va être amenée à vivre des choses qui au lieu de la porter vers l’avant vont au contraire la tirer vers le bas. Bref, la vie n’est pas facile pour Lucy !
Lucy va aussi prendre conscience de certaines choses par rapport à Jimmy et cela va lui permettre, d’une certaine façon, de pouvoir avancer et d’avoir ce fameux déclic.

J’ai aussi aimé le personnage d’Ethan. Ethan est un garçon adorable, toujours prêt à rendre service et à vous aider et même à s’effacer quand il le faut. Il est un père adorable pour son petit garçon, même si son travail l’empêche d’être plus souvent présent, chose à laquelle il va vite remédier. Ethan vit aussi dans l’ombre de son frère que ses parents ont toujours trouvé toujours plus tout… mais ce n’est pas pour autant qu’il en tient rancune à se dernier. Par contre, on comprend que sa relation avec ses parents soit réduite au minimum. 

J’ai aimé la soeur de Lucy, Corinne, à laquelle j’ai pu vraiment m’identifier en tant que grande stressée de la vie ! Corinne prend un peu trop à coeur la soi-disant malédiction qui touche les femmes de sa famille et devient un peu beaucoup parano au point où elle en devient insupportable. Sans aucun doute, je me suis dit : « ça pourrait être moi ! » 🙂

Les autres personnages du roman sont aussi très vivants et apportent une note joyeuse à l’histoire. Je pense notamment aux « Veuves noires » que j’ai trouvées absolument exquises. Les tantes de Lucy sont simplement drôles et assez énergiques pour des dames âgées. Sans compter que l’histoire abracadabrante qu’elles racontent à tout le monde au home de la vieille tante à propos des scones de Lucy m’a fait mourir de rire !

***** Le style de l’écriture *****

Le roman est vraiment très bien écrit.
Pour tout vous dire, je suis assez surprise car comme beaucoup j’ai un petit a priori à propos des Editions Harlequin (alors que j’en ai bouffé pendant quelques années ^^), pensant qu’il s’agit de romances toutes simples sans aucune recherche ni travail au niveau de l’écriture. Ce roman est également le premier que je lis de la collection Mosaïc. Je suis fière aujourd’hui d’admettre que je me suis trompée et que mon a priori est complètement non fondé !
Donc autant vous dire qu’il m’a vraiment surpris par l’écriture de l’auteur. C’est vrai que cela m’a un peu ennuyée au début d’avoir autant de passages descriptifs mais finalement je trouve que le style colle assez bien au reste du roman. L’auteur n’a rien laisser au hasard pour nous offrir une belle fresque romanesque de qualité !

***** Conclusion *****

EN BREF, malgré un début laborieux, j’ai vraiment aimé découvrir Kristan Higgins à travers ce roman. L’intrigue ne remue pas énormément c’est vrai, mais la richesse du roman se trouve vraiment dans les personnages. Ils sont tellement vivants que suivre leurs aventures devient un plaisir, même si cela reste simple. J’ai aimé Lucy et vivre avec elle cette période difficile de sa vie. J’ai aimé rigolé avec ses tantes, surtout avec l’épisode du scone  ! J’ai aimé la réflexion qui accompagne le roman sur la manière dont nous pourrions vivre le deuil de l’être aimé à sa place. J’ai aimé la manière dont le roman s’est terminé. J’ai aimé la fluidité du tout. A part les lenteurs du début, j’ai tout aimé !
On note en effet que le roman met quand même un certain temps à démarrer alors que tout va trop vite sur la fin. Personnellement, même si au début, c’est vrai que ça m’a gêné, j’ai finalement compris pourquoi l’auteur avait fait ce choix et je trouve qu’au niveau de la cohésion de l’histoire, ce ne pouvait être autrement (sauf un poil moins rapide sur la fin quand même !).

Un roman vraiment passionnant, avec des personnages hauts-en-couleur ! Une belle découverte qui m’a donné envie de lire les autres romans de l’auteur ! 

Les points + :

  • Une belle fresque romanesque qui retrace un passage difficile et nécessaire pour Lucy ;
  • Les personnages !! Ils sont si bien fouillés, l’auteur prend tout son temps pour bien les poser et du coup, on a l’impression qu’ils sont réels et bien vivants et très drôles pour certains !
  • L’arrière-fond sur thème de la pâtisserie qui m’a donné l’eau à la bouche, même si j’en garde un goût de trop peu ;
  • Une écriture très agréable à lire ;

Les points – :

  • Au début, j’ai trouvé que c’était long à se mettre en place, même si finalement je ne le reproche pas vraiment à l’auteur car cela correspond bien à l’état d’esprit de l’héroïne.
  • On pourrait aussi reprocher le fait que ça se termine de manière un peu trop précipitée. Et c’est vrai que si on en avait eu un peu plus, je n’aurais pas boudé mon plaisir !

girl

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19 June 2018 23:35