Wonder

Wonder

Titre VF : Wonder
Titre VO : Wonder

Auteur : R.J. Palacio (USA)
Traduction de Juliette Lê

Publié aux Editions Pocket Jeunesse (Fiche du livre) et chez Fleuve Noir (Fiche du livre)
Date de publication : 03 janvier 2013

Genre : Young Adults

Pages : 408

Prix : 17,90 €
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Quatrième de couverture

Ne jugez pas un livre garçon sur sa couverture son apparence.

« Je m’appelle August. Je ne me décrirai pas. Quoi que vous imaginiez, c’est sans doute pire. »

Né avec une malformation faciale, August, dix ans, n’est jamais allé à l’école.
Aujourd’hui, pour la première fois, ses parents l’envoient au collège…

Pourra-t-il convaincre les élèves qu’il est comme eux ?

Mon avis

Voilà un livre qui a fait du bruit avant même sa sortie sur la blogo. Au vu des avis des copinautes et surtout du sujet traité par le livre, il fallait absolument que je le lise, au risque de déclencher un torrent de larmes… ce qui n’a pas manqué évidemment ! Mais je ne regrette rien car Wonder fait incontestablement partie de ces livres que tout un chacun doit absolument avoir lu dans sa vie au moins une fois…

Né avec une malformation au visage, August a passé les 10 premières années de sa vie entre la maison et l’hôpital et de fait n’était pas scolarisé. C’est sa mère qui lui donnait cours.
Mais alors qu’il s’apprête à entrer au collège, sa mère se sent dépassée par le programme et sent qu’elle ne pourra pas enseigner à son fils toutes les matières nécessaires à son apprentissage scolaire.
Dès lors, elle lui suggère de visiter une école pour voir s’il s’y sentirait suffisamment à l’aise pour y faire sa rentrée. A contre-coeur, August accepte car même s’il a très envie d’apprendre et d’être comme tout le monde, il sait aussi qu’avec sa différence, son intégration risque d’être difficile…

*****

Depuis le début de l’après-midi, j’essaie de rédiger cette chronique sans arriver à mettre des mots sur mon ressenti. Du coup, alors que j’avais rédigé une moitié de chronique mais dont je ne suis pas du tout satisfaite, j’ai décidé de la reprendre à zéro et de vraiment laisser parler mon coeur, même si tout cela peut paraître un peu désordonné.

Car il s’agit bien de parler avec le coeur d’un livre comme Wonder. Outre le fait que ce livre ne peut laisser personne insensible, il a trouvé en moi un écho dès le moment où j’ai tourné la première page.

Je n’ai jamais eu de difficultés à vous parler sur ce blog du fait que je n’ai pas eu une adolescence « sociale » très facile, puisque j’ai souvent été considérée comme le vilain petit canard de mon école et que j’en ai bavé avec les autres qui ne pouvaient s’empêcher de critiquer mon physique ou me faire remarquer que je n’appartenais pas à leur groupe étant donné que j’aimais toujours porter des vêtements épinglés « Disney »… On ne le dira jamais assez qu’aimer Mickey et ses amis en étant ado, c’est signer en quelque sorte sa mort sociale… à moins bien sûr que les vêtements en question soient griffés Donaldson !

L’histoire n’a rien de bien original en tant que telle, il n’y a pas d’action, il ne se passe rien en particulier à part suivre August dans sa première année d’école.
Pourtant, jamais je ne me suis ennuyée, jamais je n’ai eu envie d’arrêter ma lecture, que du contraire j’avais très envie de savoir ce qu’il allait arriver à August et si l’histoire allait prendre un tour résolument positif ou négatif.

Le roman est très touchant, il nous fait beaucoup réfléchir, même en temps qu’adulte, sur la manière dont nous jugeons rapidement vite les autres, même sans arrière pensée ou méchanceté. 
Avez-vous déjà pensé quelle serait votre réaction si vous vous trouviez devant un garçon comme August pour la première fois ? Même sans vouloir être méchant, il est probable que vous ayez un mouvement de recul, un regard, un comportement qui indique clairement votre malaise. Cette réaction, même sans méchanceté de votre part, peut cependant s’avérer blessante pour la personne qui est en face de vous.

Depuis que j’ai terminé Wonder, je me remets pas mal en question par rapport à ce point parce que je sais que placée dans le contexte de cette rencontre, je pense que je ne ferai pas mieux que tout le monde. Et je me suis demandée s’il y avait un moyen pour moi de travailler cela et d’arriver à ne plus avoir ce regard, pour ne plus me retourner dans la rue sur un inconnu en le jugeant notamment sur son apparence.
Ayant été moi-même victime des critiques de certains camarades de classe notamment sur mon embonpoint, je trouve d’autant plus important de ne pas reproduire des comportements que les autres font et qui me font toujours de la peine. Car oui, avoir des regards bien lourds de sens quand on se promène dans la rue, ça peut quand même blesser, sauf si on a un moral d’acier ou une volonté forte de ne pas se laisser déstabiliser par ce que pensent les autres.

Et ce que j’ai tout particulièrement aimé dans ce roman, c’est que ce petit bonhomme de 10 ans qui a été bien abîmé par la vie nous donne une leçon de courage et de force extraordinaires parce que LUI a cette force, cette maturité d’avancer dans la vie sans trop se laisser submerger par le regard des autres

« Si je trouvais une lampe magique et si un seul souhait m’était accordé, je demanderais un visage ordinaire que personne ne remarque jamais. J’aimerais pouvoir marcher en rue sans que tout le monde me regarde et puis détourne les yeux à toute vitesse. Voilà mon idée : la seule raison pour laquelle je ne suis pas ordinaire, c’est que les autres me voient comme ça.
Mais à force on s’habitue. Je fais semblant de ne pas voir leurs grimaces. »  (page 11)

Rien qu’en relisant ces quelques mots, je suis de nouveau très émue. En fait, ce qui se passe avec ce livre, c’est assez magique, ce sont des mots simples, presque même enfantins, mais ils contiennent tellement de vérités pourtant connues de tous et qui prennent en un seul instant une signification encore plus profonde, comme si on les comprenait pour la première fois.

Ce que j’ai aussi aimé avec le roman, c’est que même si l’objet principal du livre reste August qui se débat lors de cette première année d’école, le roman ne tourne pas non plus que autour de lui. Ainsi, si August m’a énormément touchée et que j’ai versé beaucoup de larmes en le lisant, il n’a pas été le seul à m’émouvoir et à me faire pleurer.

Tout d’abord, j’ai pleuré parce dans l’histoire, certains passages qui ne concernent en rien August m’ont été particulièrement durs. Il y a en effet des choses que je ne préfère pas lire dans des romans parce que je sais qu’à la minute où je m’imprégnerai de leur sens et que je les transposerai à ma propre vie, je serai dévastée. Et c’est un peu ce qui s’est produit avec Wonder. Un passage a été particulièrement difficile à surmonter alors qu’il ne concerne en rien le sujet principal du livre mais voilà parce qu’il me rappelle à mes angoisses de vivre la même chose, j’ai été complètement soufflée par une vague d’émotions qui m’a complètement mis K.O. pendant plus d’une heure. Je pleurais tellement, je n’arrivais plus à réfléchir de manière cohérente. Je vivais vraiment l’évènement à fond, comme si j’étais moi-même en train de le vivre pour de vrai et je ne l’ai pas supporté. 

Ensuite, j’ai particulièrement apprécié la manière dont l’auteur a agencé son roman. Tout le roman est écrit à la première personne mais la particularité est que nous passons sous le point de vue de différents narrateurs. Ainsi, nous vivons l’histoire sous le point de vue d’August, de sa soeur, de ses amis et du petit-ami de sa soeur.

Si je n’ai parfois pas compris le choix de l’auteur quant aux narrateurs, notamment le petit-ami de sa soeur et que j’aurais préféré avoir l’avis de personnes adultes, comme les parents d’August ou encore le directeur de l’école dans laquelle il faut sa première rentrée, j’ai aussi été particulièrement touchée par le point de vue de sa soeur, Via.

Via adore son frère plus que tout, le protège dès que quelqu’un se permet une réflexion, un regard de travers, mais elle a aussi l’impression d’être effacée dans la famille par rapport à August. Toute l’attention est toujours sur ce dernier, ses parents se plient en quatre pour lui et même si elle ne manque de rien et qu’elle n’en veut à personne pour cela, elle doit se débrouiller toute seule la plupart du temps et ne bénéficie pas du même intérêt qu’August, ce qui ne doit pas être facile à vivre non plus. Même si ça peut sembler égoïste, on comprend donc qu’une fois au lycée, dans une école différente que celle de son frère, elle ait envie d’être elle pour ce qu’elle est et non pas être plainte ou quoi que ce soit d’autre car elle a un petit frère tel que August. Elle aussi est à l’adolescente et a envie de penser à elle pour une fois.

« C’est comme ça que j’ai pris l’habitude de ne jamais me plaindre. J’ai aussi appris à ne pas déranger papa et maman pour des petites choses. Je sais me débrouiller toute seule : (…) Quand mes parents me demandent si ça va à l’école, je réponds toujours : « ça va » – même si ce n’est pas toujours vrai. Car la pire journée de ma vie, la pire chute, le pire bleu, la pire crampe ou la pire méchanceté qu’on m’ait jamais dite, ce n’est rien à côté de ce qu’August a dû subir. Je ne dis pas ça pour la noblesse du geste : c’est comme ça, un point c’est tout. » (page 110)

Les autres avis sont tout aussi intéressants.
Quand vous lisez ce genre de romans, raconté directement par un personnage qui en prend plein la figure, vous avez tendance à prendre son parti peu importe la situation. En l’espèce, dès lors que quelqu’un vient à dire/faire quelque chose qui va profondément toucher/blesser August, forcément le lecteur se met à émettre un jugement en défaveur de la personne qui vient de le faire souffrir. Il devient le mal incarné et on ne peut pas comprendre une telle méchanceté. On juge encore et toujours.
Mais quand l’auteur vous offre la possibilité de vous glisser dans la tête d’autres personnages et donc de vivre la même situation selon son point de vue, même si le mal est fait et que son acte est toujours blessant, on en vient à relativer les choses et à les comprendre et non plus à les juger sans savoir.

Ce livre c’est tout cela, mais c’est tellement bien plus ! Il n’y a pas vraiment de mots pour expliquer la magie qui a opéré, la force du message que j’ai pris en pleine figure et de multiples façons. Ce livre m’a aussi touché pour des choses plus personnelles, mais je ne peux les aborder ici par respect pour ma famille. Sachez juste que Wonder fait partie de ces livres que je n’oublierai jamais, que je relirai sûrement et que je ferai lire à mes enfants en prenant soin d’en discuter avec eux, parce que cela me semble important.

Pour une fois, je n’ai pas envie de vous parler en profondeur des personnages. Vous aurez compris, à travers ces quelques mots, qu’ils m’ont tous touché différemment. L’auteur a donc réussi son objectif en glissant une âme dans des personnages de fiction au point qu’elle vous touche, qu’elle vous serre le coeur et qu’elle vous fasse prendre conscience de toutes ces petites choses de la vie si simples, si faciles mais qui sont encore, à l’heure actuelle, très difficiles à appliquer en raison d’un manque de tolérance de notre part ou tout simplement d’un manque d’ouverture d’esprit.

Au niveau du style de l’écriture, je l’ai trouvé très simple, voire même enfantin. Mais cela n’a pas été un vrai handicap pour le roman, car comme je l’ai dit c’est dans cette simplicité des mots que ressort toute la magie, la crédibilité du message que l’auteur essaie de nous faire passer.
J’ai cependant un petit bémol, c’est pour la partie du petit-ami de Via, je n’ai pas forcément aimé le fait qu’il n’y ait pas de majuscule aux noms propres et aux débuts de phrase qui suivaient un point

 
EN BREF, cette lecture ne m’aura pas laissée indifférente, loin de là. Et j’espère sincèrement que ce livre sera lu par beaucoup de jeunes adolescents et même par des adultes, car je pense que l’on sera tous gagnants à faire passer le message de tolérance mais pas que… qui se dégage du livre. 
Les adultes y verront peut-être le message qu’ils ne devraient pas encourager leurs propres enfants à voir des différences avec les autres, n’oubliez pas que les gosses sont des éponges et qu’ils absorbent tout ce que disent/font leurs parents pour reproduire, à leur échelle, les mêmes comportements.
Quant aux ados, il faut qu’ils sachent que les blessures faites à ce moment de leur vie ne guérissent jamais, ça je peux vous le dire. Vous avez beau construire votre vie et essayez de ne plus y penser, il y a toujours cette petite voix dans votre tête qui vous rappellera qu’à une époque, vous n’étiez pas comme les autres, qui vous dira que puisque vous êtes différents, vous ne méritez peut-être pas d’avoir une vie normale, de croire que vous avez aussi droit au bonheur. Mon histoire n’est certes pas aussi terrible que celle d’August, mais la cruauté dans les écoles, elle, n’a pas de limites… et je me souviens encore de chaque parole, de chaque geste, de chaque scène comme si je la revivais aujourd’hui, alors que près de 15 ans se sont écoulés…

Bref, je m’égare… mais vous l’aurez compris, j’encourage le plus de monde possible de se plonger dans la lecture de Wonder, juste une fois pour voir le monde différemment, avec les yeux d’un enfant dont le seul « crime » est d’avoir été l’un des malchanceux de la « loterie de la vie » !

Et pour terminer cette chronique, je ne peux pas m’empêcher de citer August car cette phrase résonne dans ma tête encore à l’heure actuelle : 

 » Tout le monde mérite une ovation au moins une fois dans sa vie, parce que nous triomphons tous du monde. »

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Les copinautes l’ont lu et ont donné leur avis : Galleane, Mycoton, Simi, ilnyak1pas, Pomme et d’autres sur la page BBM du livre sur Livraddict :

Commentaires

  1. J'ai eu envie de pleurer rien qu'à lire ta chronique... Un livre qui rejoindra donc vite mon étagère ! 24 février 2013 22:18

  2. Moi aussi, j'ai eu les yeux qui piquaient en lisant ton billet. Magnifique. Merci Jess pour tant de sincérité...cela n'a pas été facile mais cette chronique est écrite avec ton coeur et j'ai été vraiment émue.J'ai eu beaucoup de plaisir à la lire. C'est sûr, je vais lire "Wonder" cette année.Merci 25 février 2013 09:44

  3. Très tentant ! 25 février 2013 21:39

  4. J'ai trouvé également trouvé le style très enfantin et j'ai trouvé le point de vu de Justin plus qu'inutile. En fait j'ai trouvé ce livre très incomplet à cause de l'absence de certains point de vus qui auraient peut-être apportés un petit plus à l'histoire que je trouve quand même assez plate . . . 29 septembre 2013 19:21

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28 mai 2016 22:46