Evana 4

« En créant la femme idéale, il a aussi fait naître un assassin. Tout est lié. On ne peut pas concevoir le bien sans le mal. Dieu, lui aussi, s’est mordu les doigts ». (page 56)
Quatrième de couverture.

Producteur mégalomane, Zender Arbacan est devenu célèbre dès son premier film, qui se conclut par le suicide de l’actrice principale à la fin du tournage.

À l’époque, six femmes s’étaient présentées devant ses caméras et dans sa vie pour obtenir le rôle mythique. Aucune n’en sortit indemne.
Mais lorsque Arbacan est agressé le jour de ses noces, il est persuadé que l’une de ses anciennes égéries cherche à se venger.
Pour démasquer la coupable, Arbacan les réunit dans sa somptueuse propriété de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Six femmes jeunes et belles, réunies autour d’un redoutable Pygmalion. Qui sera le prédateur ? Qui sera la proie ? Un hommage à l’âge d’or du cinéma hollywoodien.
Mon avis.
Une belle surprise, voilà comment je pourrais résumer mon ressenti suite à la lecture de Evana 4 de Philip Le Roy !
Je suis vraiment partie sans a priori, ne connaissant pas l’auteur mais assez émoustillée par la lecture de la quatrième de couverture.
Au final, j’ai adoré, littéralement dévoré ce roman de 400 pages, idéal pour flâner sur la plage durant ces vacances d’été !
Un mot sur l’histoire. Zender est un cinéaste de talent et un homme sans scrupules prêt à tout pour que son projet « Evana » aboutisse. Pour ce faire, il est à la recherche de celle qui incarnera la femme parfaite à l’écran, celle qui insufflera le désir et marquera les générations à venir. Pour lui, le destin de son actrice est lié à celui du personnage… Il fera donc tout pour pousser au suicide les femmes qui incarneront tour à tour ce personnage charismatique.
Evena 4, ou plutôt Florence Gayet, est celle par qui le miracle et le succès arrivera…
Mais voilà, le jour de son mariage, Zender se fait tirer dessus, il est persuadé que son assassin se cache parmi ses ex qui a éconduites. Il décide alors de mener l’enquêter dans son passé…
Dans tout le roman, on oscille entre passé et présent, entre les souvenirs de Zender sur ses relations passées et ses doutes et réflexions présentes.
Pas de réel suspense, pas de course poursuite, juste une enquête façon « cluedo » où chaque suspect paraît être le coupable idéal… Ici, elles sont 6… enfin en théorie : l’épouse de Zender ne ferait-elle pas aussi une coupable parfaite sachant le pactole qu’elle empocherait à la mort de ce dernier ?
Dans le récit, l’auteur mise vraiment sur la faculté de réflexion du lecteur qui ne pourra s’empêcher de noter les détails, les prénoms, pour arriver à démasquer la coupable avant la fin. Et croyez-moi, ce ne sera pas si simple… car si vous pensez avoir la solution, vous pourriez encore être surpris !
Un mot sur les personnages. Zender est l’anti-héros au possible : égoïste, superficiel, imbus de lui-même, suffisant, endoctriné dans une philosophie de la vie pessimiste selon laquelle notre destin serait écrit à l’avance et quoique nous fassions nous sommes condamnés à l’exécuter, sauf à sortir du moule… Personnellement, ça m’a beaucoup fait penser à Matrix !
Mesdames, vous le détesterez royalement et vous aurez envie de lui faire la peau ! Zender est simplement haïssable par sa façon de traiter les femmes, comme de vulgaires objets, destinées à accomplir son but ultime : la création de la femme parfaite. Il ira même sans regrets jusqu’à pousser ses dulcinées au suicide pour qu’elles incarnent jusqu’au bout cette héroïne des temps modernes.
J’ai aimé découvrir toutes les femmes qui ont gravité autour de lui au cours de sa vie et la rencontre entre toutes ses prétendantes était forte au point de vue révélation des caractères.
Un mot sur l’écriture. Parfaite ! Je ne vois rien à redire ici. Un rythme rapide, une dynamique mêlant les descriptions (pour le passé) aux dialogues pour faire ressortir le « vivant » du présent agrémenté par une connaissance cinématographique impressionnante !
En conclusion, vous l’aurez compris, Evana 4 est pour moi une belle découverte et prend déjà (alors que je viens de commencer le second titre de la sélection de juillet) de l’avance pour le vote de juillet du jury LDP polar !
Je vous le conseille et le recommande chaudement !
Note finale : 9.5/10
  • Intrigue : 9.5/10 (un « cluedo » littéraire rondement mené !)
  • Personnages : 9/10 (une personnage complexe à la personnalité forte que vous détesterez profondément)
  • Ecriture : 10/10 (perfecto !)
Je remercie encore une fois les Editions du Livre de Poche pour cette belle opportunité.
Evana 4 de Philip Le Roy
Aux Editions Au Diable Vauvert (2009), Le Livre de Poche (2010)
402 pages

Commentaires

  1. Je connaissais pas du tout, en tout cas ça à l'air super bien et ta note est un grand plus, il passe direct dans ma lal :) 22 juillet 2010 22:30

  2. Wow tu donnes envie. PAreil que Azariel : direct dans ma LAL. 23 juillet 2010 09:16

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21 October 2018 06:51