Un père et passe

Un père et passe MLTitre VO/VF : Un père et passe

Auteur : Christophe Carrière (FR)

Publié aux Editions Michel Lafon
Date de publication : 7 mai 2015

Genre : Contemporain, biographie romancée

Pages : 270

Prix : 16,95 €
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Notecoup de coeur 5

Quatrième de couverture

Placé en nourrice depuis son plus jeune âge, William Carbonnier vit une enfance heureuse et choyée auprès de celle qui lui tient lieu de maman. Tout bascule à l’âge de neuf ans, lorsque ses parents biologiques décident de le reprendre avec eux. Or, non seulement sa mère est incapable de lui témoigner la moindre affection, mais son père se révèle être un manipulateur abusif, au passé – et au présent – des plus troubles. Cet homme si charismatique d’apparence est en réalité un pervers qui exerce sur son fils une pression psychologique proche de la torture mentale.

Mais porté par un redoutable optimisme, William n’en est pas moins déterminé à être heureux. Et sa passion pour le cinéma, de singulières expériences, ou encore de belles rencontres pourraient bien lui permettre de se libérer de cette emprise toxique et de faire face à la révélation de secrets infamants…

Mon avis

Ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux savent que je suis une mega giga fan de l’émission Touche Pas à Mon Poste avec Cyril Hanouna diffusée sur la chaîne D8. Je suis fan de l’émission, de son présentateur que je vénère au plus haut point mais j’adore également la grosse majorité des chroniqueurs qui participent à l’émission.
Parmi mes chouchous, on retrouve Bertrand Chameroy, Camille Combal, Jean-Luc Lemoine, Isabelle Morini-Bosc et bien évidemment Christophe Carrière (que Gilles, Thierry, Enora et compagnie ne se vexent pas, je les adore aussi ♡).

Je ne connaissais pas Christophe Carrière – en fait pour être honnête, disons que je ne connaissais aucun chroniqueur – avant de regarder l’émission et puis, au fil des mois, je me suis fort attachée à la plupart pour des motifs divers et variés !
En ce qui concerne Christophe, c’est son franc parler qui m’a immédiatement plu, parce qu’il n’a pas peur de dire ce qu’il pense, même quand il s’agit de dire publiquement qu’il était contre l’arrivée de Nabilla dans l’émission (et là, évidemment je ne peux que l’approuver… c’est sans doute l’une des rares fois où une décision de Cyril m’a profondément déçue) et puis, il faut dire qu’il est plutôt cool, marrant et qu’il accepte assez facilement que Cyril fasse n’importe quoi avec ses cheveux (le pauvre !) mais bon, ça, c’est le risque du métier quand vous décidez de bosser avec Cyril Hanouna, j’ai envie de dire qu’il faut toujours être préparé… au pire !

C’est donc avec curiosité, je l’avoue, que j’ai voulu lire son premier roman Un père et passe, un roman en partie inspiré de son enfance. Je n’avais aucune attente particulière quant à ce livre, j’y suis entrée sans aucun a priori, sans me dire que j’allais soit forcément adorer, soit qu’il s’agissait juste d’un moyen pour quelqu’un de connu de « faire plus de fric sur le dos des fans ».

Et finalement, force est de constater que j’ai complètement accroché au récit et à l’écriture de Christophe. Je dirais même plus j’ai été agréablement surprise par le style, découvrant Christophe dans un registre plus travaillé, plus recherché. Allez, soyons direct, Christophe Carrière a une putain d’écriture ! Voilà, bon, c’est dit !

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L’histoire de William Carbonnier, c’est l’histoire romancée de Christophe Carrière. A travers William, Christophe aborde son enfance, partagée entre des années heureuses chez sa nourrice et ensuite le calvaire auprès d’un père autoritaire qui va exercer sur son fils une véritable manipulation / torture psychologique et d’une mère incapable de lui manifester la moindre marque d’affection. Ce récit m’a complètement bouleversée. J’ai été choquée par le comportement de ce père qui ne recule devant rien en faire baver à son fils.

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J’ai toujours été profondément attirée par le monde audio-visuel, que ce soit la télévision ou le cinéma. J’avoue que j’aurais aimé être devant les spotlights, passer à la télé, être connue et reconnue. Rencontrer quelqu’un qui passe à la télé, et hop cela fait ma journée, croyez-moi !
Et forcément avec de telles étincelles dans les yeux quand il s’agit de regarder les personnes que j’aime le plus à la télé, il m’arrive d’idéaliser la vie de ces personnes en me disant qu’ils sont les plus chanceux, les plus heureux et en oubliant souvent que ces personnes sont des gens comme tout le monde, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs forces et leurs faiblesses mais aussi avec leurs blessures, leurs cicatrices d’un passé parfois difficile.

En lisant Un père et passe, j’ignorais totalement dans quoi « j’allais mettre les pieds » et je dois dire que je me suis pris une vraie claque avec ce roman mais surtout par Christophe Carrière qui m’a donné une belle leçon de vie, qui m’a fait comme un électro-choc et rien que pour cela je ne l’en remercierai jamais assez.

Je commence à croire que certains livres n’arrivent pas dans ma vie par hasard. C’est sans doute le cas de celui-ci. Dès lors, je ne risque pas d’être la plus objective pour toi, lecteur lambda de mon blog, car j’avais besoin de ce livre et de ce qui j’y ai trouvé pour avancer dans ma vie personnelle. Eh oui, rien que cela ! Tu commences donc à comprendre pourquoi je l’ai estampillé coup de coeur ?

Je ne vais pas te répéter encore une fois les blessures non cicatrisées de mon passé (et si tu as besoin d’un rappel, je vous renvoie ICI sur le blog ou LA sur la chaîne) et je ne prétends nullement que mon passé est comparable que celui de Christophe. Mais dans ses propos, dans son histoire, j’ai trouvé des échos qui m’ont immédiatement rapproché de lui, qui ont fait que je me suis encore plus attachée à son personnage, William.

Te dire, cher lecteur, que j’ai été bouleversée par cette histoire reste encore assez pauvre pour exprimer mon ressenti réel par rapport à ce que j’ai lu.

William, après de belles années où il a vécu auprès de sa nourrice, dans un foyer où il était aimé et respecté, doit retourner vivre avec ses parents qu’il connait si peu. Une mère qui n’a aucun geste d’affection envers lui et un père autoritaire, manipulateur, qui ne fait que le rabaisser, à lui montrer sa supériorité et à faire de sa vie un véritable enfer.

Souvent, je me dis que d’avoir vécu dans un foyer où je n’ai ressenti qu’amour et étant, il est vrai, surprotégée par un papa – poule, j’en oublie que tous les enfants n’ont pas eu la chance de vivre l’enfance que j’ai eue mais aussi à quel point les parents peuvent se montrer cruels envers leurs propres enfants… Sérieusement, les gens, what the fuck, bordel ?

Il y a des scènes qui m’ont vraiment choquée et où j’ai eu les larmes aux yeux, tellement ce que je lisais m’était insupportable, me disant qu’une telle cruauté envers un enfant ne pouvait pas exister.

Et face à cette cruauté, découvrir un jeune garçon qui ne va jamais rien lâcher et endurer chaque humiliation, chaque remarque, chacune des bassesses de son père la tête haute, se rendant compte qu’un affrontement direct ne ferait qu’aggraver les choses.
Un garçon qui malgré tout fera tout pour attirer l’attention de ce père, pour qu’il soit fier de lui, jusqu’au jour où il décidera de lui claquer la porte au nez une fois pour toutes.

Au-delà de ce récit poignant de l’enfance de William, le lecteur découvre également les galères de ce dernier : les fugues, les premiers boulots après avoir quitté le foyer familial le jour de ses 18 ans et les coups du sort qui vont s’abattre sur lui et enfin la découverte d’un secret familial difficile et assez dur à porter.

A la place de William, beaucoup auraient craqué, jeté l’éponge, sombrant dans la dépression, voire pire. Mais pas William. Parce que William a une passion et que telle une bouée de sauvetage, il va s’y accrocher pour avancer dans la vie et réaliser son rêve. C’est sa passion pour le cinéma qui va sauver William.

La lecture de ce récit fut hypnotisante et malgré toute la noirceur du passé de William, c’est la lumière qu’il amène dans son histoire, au fil des pages, en décidant de ne pas se décourager, de montrer une volonté sans faille pour y arriver, pour combattre ses démons et avancer dans la vie libéré des poids de son passé.

Extraits choisis :

« L’idée du suicide l’a déjà effleuré, mais à condition qu’il soit raté, une manière d’attirer l’attention, un moyen d’être plaint et cajolé.
Mais en finir pour de bon, sans espoir de retour, non. C’est totalement contraire à son état d’esprit, à son indéboulonnable optimisme, à son irrépressible rage de vaincre. Comment peut-on en arriver à cette extrémité ? » (page 182)

Je partage cet extrait car cette réflexion sur le suicide, c’est celle que je partageais quand j’avais 16 ans et que toute mon école était liguée contre moi pour me faire vivre les pires moments de ma vie à me traiter comme une moins que rien. J’avais envie d’utiliser la tentative de suicide comme un moyen pour leur crier « regardez ce que vous m’avez fait ! », pour dire au monde ce que je n’arrivais pas à exprimer par la parole, pour dire stop au harcèlement. Mais je n’ai jamais eu envie de me suicider « pour de vrai » et je n’ai jamais ne serait-ce qu’essayer, ayant trop peur de réussir mon coup, si vous voyez ce que je veux dire. J’aime la vie, j’aime être en vie et penser à mettre fin à mes jours n’a jamais été une option envisageable pour moi. Et Christophe a très bien exprimé mon ressenti dans cet extrait.

« C’est la théorie des dominos. Si l’un tombe, tout l’édifice s’écroule. Et William, qui croit être devenu un roc, n’est qu’un château de cartes. Pour mieux échapper à ses doutes, à ses peurs, à ses manques, il les a planqués sous le tapis, avec la poussière. Avant de foncer, tête baissée, dans son métier et sa passion, peuplés de scénarios et de chimères. Seulement vient le jour du grand ménage – parce qu’il faut bien finir par le faire. » (page 258)

« Pour moi, rien n’était grave. D’aucuns voyaient dans mon insouciance au mieux du détachement, au pire du je-m’en-foutisme », c’est plus une philosophie de vie. Une manière de me protéger. Et puis une manière de profiter du meilleur, maintenant que le pire était passé. » (page 267)

Cependant, avant de refermer cette chronique, je dois néanmoins vous préciser un petit bémol lors de ma lecture, une petite frustration de lectrice, c’est peut-être l’absence de ressenti d’autres personnes comme la maman de William, Danielle, ou encore les frères Patrick et Sébastien… afin de savoir comment eux vivaient les choses de leur côté. C’est peut-être mon petit côté trop curieuse, mais en refermant le livre, j’ai ressenti une énorme frustration… j’avais envie de poursuivre le récit, d’en savoir encore plus sur William mais aussi sur ses proches.

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EN BREF, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en ouvrant ce livre et j’en ressors transformée, c’est peu dire ! J’ai pris une vraie leçon de vie, une vraie claque par un Christophe Carrière que j’ai appris à découvrir dans ce récit et qui aujourd’hui représente pour moi bien plus qu’un chroniqueur dans mon émission préférée, il s’agit d’un modèle, une référence qui me prouve que non seulement on peut s’en sortir dans la vie peu importe les blessures du passé mais également qu’il ne faut jamais cesser  de croire en ses rêves et se battre tous les jours pour qu’ils se réalisent !
A travers ses mots, Christophe m’a donné l’espoir de voir mon rêve se réaliser : vivre de ma passion pour la littérature ! Il m’a donné cette petite flamme qu’il me manquait actuellement pour croire vraiment que j’ai les moyens de changer de voie, que je peux le faire tout simplement !

Bref, grâce à ce premier roman, j’ai découvert un homme passionné, un battant, quelqu’un qui n’a jamais courbé l’échine devant les obstacles de la vie.

J’ai pris une claque et là de suite, je suis prête à lui tendre l’autre joue pour avoir la chance de le lire à nouveau !

Vous aurez donc compris que je vous recommande la lecture de ce livre, peu importe que vous soyiez comme moi une mordue de TPMP (même si faut avouer que ça va être difficile pour vous de vous la jouer plus fangirl que moi ah ah ah) ou pas !

emo coup de coeur 3

La fiche Bibliomania du livre sur Livraddict si vous souhaitez lire d’autres avis sur le livre (cliquez sur le bandeau ci-dessous) ou sur Goodreads ICI.

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Pour info, vous retrouverez dans la semaine une chronique vidéo du roman mais aussi une interview que j’ai eu la chance de faire le vendredi 19 juin avec Christophe dans les locaux de D8.
Je profite par ailleurs pour remercier ma Camille d’amour pour toujours répondre présente et surtout Christophe pour m’avoir répondu positivement sur Twitter et pour avoir été aussi adorable vendredi. Rencontrer des personnes qu’on admire devant sa télé, c’est toujours compliqué, « ça passe ou ça casse » et là clairement tout est très bien passé, enfin de mon côté… en ce qui le concerne, faudra lui poser directement la question ! :p
Je remercie aussi mes deux copinautes chéries qui m’ont accompagnée jusque D8 juste au nom de notre amitié et qui ont attendu avec moi qu’un créneau se libère dans le planning de tournage pour réaliser l’interview ! Merci ma Manu, merci ma Myriam, je vous aime d’amour pour toujours, les filles 😉

You made my day, my month and my year ! THANK YOU CHRISTOPHE !

 

Christophe C and me

Commentaires

  1. je suis contente pour toi que tu aies pu realiser un de tes reves :) et tu me donnes envie de lire le livre 26 juin 2015 11:21

  2. Après avoir vu l'interview, je lis ton article et tu as titillé ma curiosité. Cette histoire a l'air prenante. Je pense me laisser très vite. Merci!! 27 juin 2015 21:03

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9 août 2016 13:22