Life Unaware

Life UnawareTitre VO : Life Unaware

Auteur : Cole Gibsen (USA)

Publié aux Editions Entangled Teen
Date de publication : 28 avril 2015

Pas de publication VF pour l’instant

Lecture VO – en ebook
Merci au site NetGalley pour l’ARC

Genre : YA, contemporain

Pages : 320

Prix : 10 – 11 € (paperback)

Notecoup de coeur 5


Quatrième de couverture

Regan Flay is on the cusp of achieving her control-freak mother’s « plan » for high school success―cheerleading, student council, the Honor Society—until her life gets turned horribly, horribly upside down. Every bitchy text. Every bitchy email. Every lie, manipulation, and insult she’s ever said have been printed out and taped to all the lockers in school.

Now Regan has gone from popular princess to total pariah.

The only person who even speaks to her is her former best friend’s hot but socially miscreant brother, Nolan Letner. Nolan thinks he knows what Regan’s going through, but what nobody knows is that Regan isn’t really Little Miss Perfect. In fact, she’s barely holding it together under her mom’s pressure. But the consequences of Regan’s fall from grace are only just beginning. Once the chain reaction starts, no one will remain untouched…

Mon avis

Il tardait à venir ce premier coup de coeur de l’année ! Alors que 2014 avait débuté sur des chapeaux de roue où j’avais enchaîné 2-3 coups de coeur sur le mois de janvier, je commençais à désespérer de voir un livre sortir du lot en ce début d’année 2015 !
Et puis ce livre est arrivé de nulle part dans mon radar! Je découvre le résumé sur le site NetGalley, je demande à pouvoir le lire et oh bonheur, ma demande est acceptée ! Je le commence de suite et la magie a opéré assez rapidement !
Il s’agit encore d’un roman sur le bullying, je sais, mais ces romans sont tellement importants pour moi pour le moment et avec ce roman, je pense avoir trouvé LE ROMAN qui fait le tour de la question de manière magistrale. TOUT Y EST DIT !

On suit Regan, une jeune fille populaire à qui en apparence on ne peut rien reprocher. Fille d’une sénatrice qui espère être réélue, Regan doit se montrer en tout temps parfaite pour espérer atteindre les attentes élevées que sa mère a placés en elle.
Mais Regan souffre de troubles d’anxiété sévères qu’elle essaie de cacher. Pour rester au top à l’école, elle essaie d’appliquer les règles que sa mère utilise en politique et n’hésite pas à trasher sur le dos des autres dès qu’elle le peut ainsi que rire avec son amie, Amber, au dépend d’autres élèves de son lycée.
Jusqu’au jour où des messages privés échangés avec ses amies sont placardées partout dans l’école et où tous ses camarades de classe apprennent toutes les méchancetés qu’elle a dites derrière leur dos.
Isolée et traitée en paria à son tour, c’est au côté de Nolan, le frère de sa meilleure amie qu’elle ne peut pas supporter – et réciproquement – qu’elle va tenter de reconstruire sa popularité.

* * * * *

Je ne sais pas où commencer pour vous vanter les nombreuses qualités que je trouve à ce roman. Au-delà de l’écriture, j’ai adoré la manière dont l’auteur aborde la problématique du bullying ainsi que la romance qui prend une place importante dans le récit sans pour autant prendre le dessus. On est bien dans le registre d’un roman sur le bullying dans lequel on retrouve de la romance et pas une romance qui a pour fond une histoire de bullying. La nuance est subtile mais a toute son importance.

Mon premier coup de coeur dans ce roman est pour l’héroïne. Regan est l’héroïne presque parfaite pour moi.
Dès le début du roman, on sait qu’elle fait partie de ces filles populaires connues pour lancer des rumeurs destructrices et dont un seul regard peut vous abattre.
Regan est la fille d’une sénatrice qui souhaite être ré-élue et dont la conduite doit paraître irréprochable. Pour se maintenir au top de l’élite sociale, Regan n’hésite pas à appliquer les conseils que sa mère utilise en politique. Elle a trouvé les bonnes alliances, devenant amie avec les personnes qu’elle estime aussi dangereuses qu’elle ; elle n’hésite pas à fouiller les secrets les plus sales des autres afin de s’en servir pour les manipuler,…
Mais une fois qu’on craque la surface, Regan est loin de ressembler à la fille sûre d’elle que son image le laisse penser. Regan est en fait une jeune fille souffrant d’anxiété qui a peur de décevoir les attentes exagérées que sa mère fait peser sur ses épaules. Rejoindre les cheerleaders, être élue au conseil de l’école, si tout cela semble important à ses yeux et qu’elle est prête à tout pour y arriver, même aux coups les plus bas, c’est pourtant pour faire plaisir à sa mère qu’elle se donne autant de mal.

Dès lors, je me suis directement attachée au personnage car j’ai de suite compris à qui j’avais affaire. Regan n’est pas une méchante fille, loin de là. Elle ne cherche pas à faire souffrir les autres dans le simple but d’être méchante. Regan a ses propres problèmes et essaie – maladroitement certes – d’y faire face en suivant pour la plupart du temps les conseils et directives de sa mère.

Quand ses messages privés vont être divulgués publiquement, Regan va tomber de haut et du jour au lendemain, se retrouver seule car même ses amies l’ont laissée tomber. Elle va alors se rapprocher de Nolan, le frère de sa meilleure amie, avec qui elle ne s’entend pas du tout.

Petit à petit, Regan va se rendre compte de ses erreurs, de son comportement et est déterminée à changer : elle veut montrer qui elle est vraiment, elle, et non pas celle que sa mère et le monde voudraient qu’elle soit.

Regan est une héroïne forte, courageuse et juste. Elle fait des erreurs, les assument, essaient de s’excuser tout en sachant que rien de ce qu’elle ne dira sera assez fort pour pardonner le mal qu’elle a infligé aux autres. Elle n’essaie pas de se réfugier derrière de faux prétextes ni à jouer le rôle de victime.
Ella va affronter le problème de face et dire la vérité aux gens, ni plus ni moins, sans attendre même d’être pardonnée par ces derniers. Elle est réfléchie et très mature. Et puis surtout, elle est loin d’être idiote et naïve. Et quand on l’a blessée, elle est loin d’être l’une de ses héroïnes qui oublie tout en deux temps trois mouvements.
Bref, Regan est le genre d’héroïne que j’aime voir en YA !

Le roman est très bien construit : l’auteur arrive en quelques 320 pages à dépeindre une vision globale de la problématique du « bullying » amenant la réflexion du lecteur sur différents points importants : les conséquences pour la victime, la vision du bully mais aussi la conséquence de vouloir se venger en devenant soi-même un bully.
L’auteur exploite le thème jusqu’au bout en en faisant un tour complet tout en restant cohérente du début jusqu’à la fin.

Je dois bien admettre que de tous les romans que j’ai lus sur la problématique du harcèlement jusqu’à aujourd’hui, ce roman est pour moi celui qui est le plus abouti car il brasse une vue globale du problème et de ses conséquences, quelles qu’elles soient.

J’ai également beaucoup apprécié la fin du récit. Positive et pleine d’espoir. Espoir qu’il existe toujours une solution pour combattre le bullying et faire apparaître ce que l’humain peut avoir de meilleur en lui. J’ai beaucoup aimé la conclusion dans ce sens où l’idée mise en avant par l’auteur est juste géniale. Toute simple. Réalisable dans les écoles.
L’idée n’est certes pas révolutionnaire mais elle a au moins le mérite de proposer une solution ludique pour faire remarquer aux adolescents d’aujourd’hui qu’on en retire plus à souligner le positif chez les autres que le négatif.

J’ai cependant trouvé le twist final un peu prévisible. Je n’ai pas été surprise par la tournure des évènements. A vrai dire, cela faisait un moment – au vu de certaines petites répliques entre les personnages – que je m’attendais à ce qu’une telle chose se produise. Cela ne m’a pas empêché d’avoir le coeur brisé quand ce que je redoutais s’est produit, espérant toujours au fond de moi me tromper.

Je n’ai pas aimé les « amies » de Regan, vous vous en doutez, qui vont retourner leur veste dès que celle-ci va avoir des ennuis. Mais par dessus-tout, je n’ai pas apprécié la mère de Regan, bien que mon opinion doit néanmoins être plus nuancée. Que l’on ait de l’ambition, c’est bien, que l’on soit une femme qui a envie de réussir et de ne pas se laisser marcher sur les pieds dans le milieu politique, c’est aussi bien, mais que l’on demande l’impossible à sa fille, qu’on lui demande de se comporter en « miss parfaite » tout le temps et de faire des choses dont elle n’a pas spécialement envie pour donner l’image d’une famille parfaite, ça ne va pas du tout !!!
Comme beaucoup de politiques, la mère de Regan veut donner l’image d’une femme proche du peuple et qui prône le respect de belles valeurs familiales. Seulement, cette image est loin de la réalité et contraste avec la réalité où l’on découvre un personnage austère, dur, jamais satisfait et assez égoïste vu qu’elle fait passer sa carrière, son image avant sa famille.
Ceci étant dit, au moment le plus critique, elle va néanmoins avoir un « wake-up call » et enfin faire passer sa famille avant sa carrière. Même si selon moi, elle aurait du avoir ce déclic plus tôt, il est toujours agréable de voir que ce genre de personnage peut changer et montrer de l’empathie quand il le faut.

book ornement

EN BREF, je signe avec Life Unaware mon premier coup de coeur de l’année 2015 ! Un roman fort sur le harcèlement scolaire qui dépeint la problématique de manière très complète. J’ai vraiment eu l’impression qu’avec ce roman, l’auteur avait bien cerné toutes les difficultés en ayant égard aux perspectives opposées de la victime et du harceleur, sans porter le moindre jugement accusateur par rapport au comportement de chacun.
Au final, le lecteur comprend que d’un côté comme de l’autre, il y a une personne, avec ses qualités, ses défauts et sa manière de réagir aux évènements, à une situation donnée. L’auteur arrive à montrer que même une victime, alors qu’elle a tous les droits d’être en colère contre ses bourreaux, peut à son tour devenir bourreau si elle décide de se venger et que ce n’est très certainement pas la manière d’en finir et de réagir, se venger n’entraînant finalement qu’un cercle vicieux de harcèlement sans fin…

Un roman fort, portant une héroïne mature, pour évoquer une problématique au coeur de l’actualité ! J’adhère à 100 % !

Coupdecoeur

En positif :

– Une héroïne forte et mature : parfaite pour ce genre de roman ;
– Un roman sur le harcèlement scolaire qui évoque le sujet de manière complète : conséquence pour la victime, le fait d’être bully/Bullied en même temps,…
– Le message final : positif et plein d‘espoir. L’idée mise en avant à la fin du récit est ludique et ne coûte rien ! Elle pourrait être facilement mise en place dans les écoles ;

En négatif :

– Je note juste le fait que le twist final m’est apparu un peu prévisible, mais sinon RAS !

* * * * * 

A noter également que l’auteur, Cole Gibsen, sera à Paris le samedi 25 avril prochain pour le Teen Author Smash, organisé par Amy Plum, à The American Library de 19h30 à 21h00. Pour plus d’infos, cliquez ICI.

Pour rappel, le roman sortira en VO le 28 avril prochain.

Je vous renvoie en attendant à la page du livre sur GoodReads en cliquant ICI.

Commentaires

  1. Hou, il a l'air vraiment bien ce livre. Je vais me l'offrir vite fait ! En tout cas, très bonne chronique qui donne envie. Merci. 13 octobre 2015 22:38

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14 juin 2016 19:32