Coeur Vanille

coeur vanilleTitre VF : Les filles au chocolat #5 : Coeur Vanille
Titre VO : Sweet Honey

Auteur : Cathy Cassidy (UK)
Traduction deAnne Guitton

Publié aux Editions Nathan
Date de publication : 12 juin 2014

Chroniques des tomes précédents : Coeur Cerise (#1), Coeur Guimauve (#2), Coeur Mandarine (#3), Coeur Salé (#3,5) et Coeur Coco (#4)

Genre : Jeunesse (à partir de 10/11 ans)

Pages : 283 (sans les annexes)

Prix :14,90 €
Commander sur amazon : Les filles au chocolat

Notestar-4


Quatrième de couverture

Je m’appelle : Honey Tanberry
Mon âge : 15 ans
Je suis : rebelle et sensible
Mon style : tongs et robes de plage
J’aime : la liberté
Je rêve : d’une vie heureuse, sans drame et sans trahison

Mon problème : Je détruis tout ce que j’aime

Mon avis

** Spoilers sur les tomes précédents **

Ce cinquième tome des Filles au Chocolat, je l’attendais ! Et pour cause, il parle de Honey, l’aînée des soeurs Tanberry, celle qui causait le plus de soucis à Paddy et Charlotte du fait qu’elle refusait d’accepter le divorce de ses parents.

Pour rappel, Honey pense toujours que ses parents vont se remettre ensemble. Pour elle, son père est le meilleur, le plus génial des papas et il lui est inconcevable d’imaginer que ses parents ne se remettent pas ensemble un jour. Pour le divorce, elle blâme sa mère, Charlotte. En plus, celle-ci s’est mise en couple avec Paddy. Et quand Paddy et sa fille, Cherry, ont emménagé avec elles et ses soeurs, Honey n’a pas du tout bien pris la situation.
Rébellion adolescente, insolence, désobéissance, mauvaises fréquentations, absences à l’école et mensonges… Honey a rendu la vie à la maison impossible. Charlotte n’a pas eu d’autres choix que d’envoyer Honey chez son père, en Australie, afin qu’elle intègre une école privée et qu’elle se remette bien sur les rails.
La nouvelle vie de Honey à Sydney sera-t-elle bénéfique pour elle ? Arrivera-t-elle à ménager la colère, le ressentiment qu’elle porte en elle et à reprendre une vie normale avec sa mère, Paddy et ses soeurs, en ce compris Cherry ?

* * * * * 

J’attendais énormément de ce cinquième tome étant donné, on peut le dire, que l’auteur « teasait » avec Honey depuis le 1er tome.
Bien que chaque tome se consacre à une soeur différente, j’ai fini par avoir l’impression qu’Honey finissait toujours par leur voler la vedette avec ses bêtises, ce qui a eu le don de m’agacer prodigieusement.

Voilà pourquoi il me tardait vraiment de lire ce roman et de voir l’histoire sous le point de vue de Honey, cette fois.

Tout d’abord, il convient de préciser d’emblée que les thématiques abordées dans ce tome 5 sont importantes et très d’actualité. C’est un peu comme avec le tome 3, Coeur Mandarine, où on évoquait, à travers l’histoire de Summer, le problème des troubles alimentaires chez les ados.

Comme je l’ai déjà dit dans mes chroniques des tomes précédents, je trouve cette saga vraiment bien faite pour les jeunes car sous le couvert de l’histoire divertissante de 5 soeurs, l’auteur arrive à parler de sujets importants qui touchent les ados directement et qui les amènent à réfléchir.

Dans ce tome 5, les problématiques abordées m’ont vraiment interpellées et j’ai trouvé que l’auteur arrivait à en tirer les conclusions importantes qui s’imposent malgré un roman assez court de +/- 280 pages.

La première problématique est celle du danger de Internet pour les jeunes.
L’auteur essaie de mettre en garde les ados contre les dangers de Internet, et plus particulièrement de sites comme Facebook. Malgré le fait que Facebook soit interdit avant un certain âge (je pense qu’on ne peut pas s’inscrire avant 13 ou 15 ans), il n’est pas rare de voir des jeunes qui n’ont pas l’âge requis s’inscrire sur le site en trichant sur leur année de naissance.
Or Facebook, même s’il s’agit de mon réseau social préféré, est loin d’être un site anodin et sans danger. Il représente un peu « notre vie sociale » en ligne ou à tout le moins une grosse partie. On partage nos pensées, nos photos, nos coups de coeur et aussi nos coups de gueule avec nos amis – proches ou simples connaissances, et parfois même avec des gens que l’on ne fréquente qu’en ligne. En cela, rien de mal, vous allez me dire, tant que l’on arrive à faire la part des choses entre ce qu’on peut ou ne peut pas partager et qu’on est prêt à assumer les conséquences si on poste quelque chose d’inapproprié.
Mais quand on est jeune, Facebook peut vite devenir pour les autres un outil pour nous atteindre, nous faire du mal (le harcèlement scolaire ne se limite plus, à cause des réseaux sociaux, uniquement à l’école, il peut se poursuivre même en dehors de ses murs). De plus, il ne faut pas omettre qu’il existe des gens malintentionnées, des prédateurs sexuels,… Bref, toute sorte de personnes qu’il n’est pas bon de fréquenter quand on a 15 ans et qu’on essaie de se construire.

Dans le roman, l’auteur ne parle pas expressément de Facebook (même si c’est sous-entendu) mais d’un réseau social appelé « SpiderWeb » qui, grosso modo, reprend les mêmes fonctionnalités de notre célèbre FB. Le nom choisi par l’auteur pour illustrer les dangers des réseaux sociaux est d’ailleurs significatif vu que « spider » signifie « araignée » en français et que l’on peut donc imaginer très bien une araignée tissant des liens (web) entre les individus mais on peut penser aussi à la manière dont l’araignée attire ses « proies » dans sa toile pour ensuite les dévorer.

Je ne vais pas entrer dans les détails de ce qui arrive à Honey par rapport à SpiderWeb pour ne pas vous spoiler. Sachez juste que ça m’a fait froid dans le dos, la mésaventure d’Honey est assez effrayante. Même si je suis loin d’être la cible au niveau de l’âge de cette saga, cela m’a quand même fait beaucoup réfléchir sur les réseaux sociaux… Pas forcément avec ce que je partage publiquement avec mes amis (j’évite soigneusement de parler des sujets qui me touchent de très près et pour lesquels les gens pourraient facilement me blesser en retour ou parler simplement de mon travail par exemple), mais sur le fait que même si nous protégeons nos comptes avec des mots de passe, il ne faut pas s’imaginer que nous sommes en sécurité, protégés à 100 % contre les manoeuvres de personnes malintentionnées qui chercheraient à nous nuire.

Parler des dangers d’Internet aux jeunes, surtout aux ados, me semblent primordial aujourd’hui et je trouve que plus d’auteurs devraient se pencher sur cette thématique afin de faire réfléchir les jeunes gens avant qu’ils se créent un compte facebook, Twitter, Instagram ou encore qu’ils publient des vidéos sur YouTube.
Perso, même si aujourd’hui Internet fait partie intégrante de ma vie et que j’avoue avoir du mal à m’en passer, je m’estime finalement chanceuse d’avoir pu grandir – surtout durant l’adolescence – sans des sites comme Facebook ou YT ou plus largement sans un accès trop facile à Internet (quand j’avais 16-17 ans, l’accès à Internet n’était pas aussi aisé que maintenant, on payait la connexion à l’heure et donc cela restait un « service de luxe »).

La seconde thématique abordée par l’auteur est celle de l’acceptation (ou non) par les enfants du divorce de leurs parents.
Ce n’est pas une surprise pour vous si vous avez lu les tomes précédents : Honey a du mal à accepter le divorce de ses parents. Elle considère que sa mère est entièrement responsable du divorce et reste persuadée que sa famille peut se reformer et que son papa va revenir vivre avec eux. Du coup, l’emménagement de Paddy, le nouveau compagnon de sa mère, et de sa fille, Cherry, ne passe pas du tout pour Honey qui ne manque pas de faire savoir à Paddy et Cherry qu’ils ne sont pas les bienvenus dans sa maison.

En arrivant en Australie, chez son père, Honey va finalement se rendre compte de bien des choses. Non seulement son père s’est remis en couple de son côté mais il n’est pas du tout le père qu’elle a idéalisé depuis toutes ces années. Honey va redescendre de son petit nuage et découvrir que papa est un homme comme les autres, loin d’être parfait.

Pour elle, vivre en Australie avec son père va finalement être aux antipodes de la vie rêvée qu’elle imaginait. Elle s’imaginait être la préférée de son père et qu’il allait passer du temps avec elle. Elle s’imaginait qu’il la soutiendrait et la comprendrait. Et finalement, Honey va déchanter à bien des égards.
Elle va aussi finalement comprendre pourquoi ses parents ont divorcé et revoir son point de vue quant à l’implication de sa mère dans ce divorce. Bref, Honey va découvrir la vérité, vérité qui lui sera plus douloureuse qu’à ses soeurs plus jeunes qui, même si elles ne sont pas au courant de tout, sont plus objectives qu’elle quant on en vient à évoquer le sujet « papa ».

Avec cette thématique, je me suis également posée des questions. Pas les questions qu’une ado pourrait se poser en cas de divorce de ses parents mais plutôt les questions d’un parent (alors que je rappelle je ne suis pas encore maman) qui divorce et qui doit expliquer ce qui se passe à ses enfants. Comme quoi  il est important de lire cette saga même si on n’est pas vraiment la tranche d’âge visée : même un livre jeunesse peut vraiment nous faire réfléchir sur des problématiques qui ne nous concernent pas directement mais que l’on va pouvoir lire avec un regard différent que celui d’un enfant/ado.

Ma réflexion portait sur la question de savoir ce qu’il convenait de dire aux enfants sur les raisons d’un divorce : tout dire, même si ces raisons sont finalement personnelles au couple ou expliquer vaguement sans entrer dans les détails en disant juste que papa et maman ne s’entendent plus ?

Dans le roman, Charlotte n’avait pas expliqué exactement pourquoi leur père et elle se séparaient… entraînant dans le chef de Honey une incompréhension qui va mener à ce qu’elle voit sa mère comme celle qu’il faut blâmer car c’est elle qui a demandé le divorce et pas son père. L’on voit donc que ne pas expliquer clairement ici ce qui s’est passé à conduit Honey à se rebeller et à ne pas accepter la situation du divorce et puis le fait que sa mère se soit remis avec quelqu’un d’autre.
Quand en Australie Honey va comprendre quel genre d’homme est vraiment son père, elle va aussi comprendre les raisons qui ont amené sa mère à demander le divorce. Son regard vis-à-vis de sa mère va changer du jour au lendemain quand elle va prendre conscience de la vérité. Tout ce drame familial avec Honey aurait-il pu être évité si Honey avait su dès le départ pourquoi sa mère avait demandé le divorce ou cela n’aurait-il rien changé ?
Quelques années auparavant, Honey aurait-il pu comprendre ce qu’elle comprend maintenant à l’âge de 16 ans et qu’elle a pu découvrir par elle-même qui est son père ?
Bref, je me suis beaucoup posé la question de savoir si le fait de dire la vérité directement à Honey aurait pu changer les choses. Et j’en suis venue à me dire que
1) les histoires entre adultes ne regardent pas les enfants et que ces derniers n’ont pas à être mêlés aux querelles des parents ;
2) Il est mieux pour Honey de faire son apprentissage de la vie par elle-même et de faire son deuil par rapport à ce père qu’elle avait mis sur un piedestal et accepter qu’il soit un homme comme les autres, avec ses qualités et ses défauts.

Bref, comme vous le constatez, ce tome m’a énormément plu quant aux thématiques qu’il abordait.

Mais alors, pourquoi ai-je été déçue ?

En fait, je pense que ma déception tourne autour du fait que j’aurais aimé que les soeurs de Honey lui rendent un peu la pareille en essayant de lui voler la vedette dans son tome à elle comme elle l’avait fait avec chacune de ses soeurs dans leur tome respectif. C’est peut-être puéril de ma part mais je n’apprécie pas du tout qu’on puisse donner autant d’importance à quelqu’un qui se fait remarquer de la plus mauvaise des façons en mettant en retrait finalement les autres qui, elles, se conduisent parfaitement bien et doivent faire face à leurs propres démons.
En gros, cela revient à dire que pour avoir plus d’attention des adultes, eh bien il faut faire le plus de conneries possible… Car des plus calmes, on pensera toujours qu’elles peuvent gérer seules, qu’elles ont besoin de moins de soutien, ce qui n’est pas forcément vrai.
Voilà un peu ce qui me chiffonne le plus avec cette saga.

Ceci dit, je ne suis pas non plus stupide, il est clair que Honey est mal dans sa peau et que c’est pour cela qu’elle agit de la sorte. Elle ne sait plus comment faire pour s’en sortir et pousse des appels au secours comme elle peut, avec les moyens qu’elle a et pour elle, cela se résume à se comporter mal et à bousiller tout autour d’elle.
J’ai cependant aimé la voir évoluer dans ce tome, grandir et vouloir s’en sortir : trouver un petit copain gentil qui ne soit pas une mauvaise fréquentation pour elle, réussir ses études (même si elle avoue avoir du mal à rester concentrée sur ses devoirs) et pouvoir vivre en harmonie avec ses soeurs, même avec Cherry, même si elle a toujours du mal à lui pardonner pour Shay (et bon cela, on peut la comprendre !).

Il faut dire que vu que l’histoire se déroule en Australie, il est normal que les soeurs ne soient pas présentes. Elles interagissent avec Honey par SpiderWeb ou encore par téléphone. Mais il faut être honnête : ce n’est pas la même chose. Toute l’ambiance de Tanglewood, le chaos d’une maison avec 5 filles et tout l’amour qui se dégage d’une telle maisonnée manquent. Tanglewood respire la vie, l’ambiance cocooning d’être chez soi en lisant le roman alors que la maison de papa Tanberry n’inspire pas du tout ce sentiment de confort, de bien être mais au contraire, une ambiance froide où on a l’impression de ne pas y être le bienvenu.
C’est vraiment cela qui m’a profondément déplu dans ce tome 5, c’est d’être loin de Tanglewood.

* * * * * 

Certaines révélations qui sont faites dans ce tome 5 m’ont vraiment surpris et d’autres pas du tout.

Par exemple, toute l’histoire sur SpiderWeb avec Honey, j’ai trouvé que c’était gros comme une maison et je n’ai pas compris comment Honey n’a pas de suite compris qui se jouait d’elle de la sorte. Pour moi, cela a sonné comme une évidence assez rapidement. Apparemment, d’autres lecteurs ne s’en sont pas doutés… j’avoue que ça m’étonne car par rapport à tout ce qu’on sait de la saga par rapport aux tomes précédents, c’était assez facile de deviner le pot aux roses.

Par contre, d’autres révélations dans ce tome m’ont vraiment surprise mais elles ont aussi directement amené de nouvelles questions, surtout vu la manière dont se termine ce cinquième tome. Et je dois dire que j’avais l’impression que ce cinquième tome finalement n’était pas vraiment une « vraie fin » comme les filles en méritaient une étant donné que certaines questions n’ont pas trouvé réponse…. ce qui a fait naître chez moi un sentiment de frustration terrible !

fortune cookie chocolate box #6Mais heureusement mes petits vagabondages sur le net pendant que je rédige cette chronique auront été – pour une fois – utiles !
Alors que j’étais en train de me poser la question suivante « Tiens, comment s’appelle en VO la nouvelle saga de l’auteur à paraître en novembre prochain chez Nathan ? », je suis allée sur le site de l’auteur et là je tombe sur la nouvelle qui ne pouvait pas me faire plus plaisir :

La saga des Filles au Chocolat comptera finalement 6 tomes et pas 5 !!!
Youpie ! Hourra ! *Méga Danse de la Joie*

L’auteur a en effet estimé – à juste titre – que certaines questions restaient sans réponse à la fin du tome 5 et que la saga, les filles ainsi que les fans méritaient d’avoir réponse à tout et qu’on puisse dire au revoir aux filles sans aucun regret !
Du coup, voilà donc la couverture du sixième tome (VO) qui s’intitulera en VO, Fortune Cookie et dont la sortie VO est prévue au 05 juin 2015. Alors oui, il va falloir attendre mais je préfère devoir attendre un tome 6 et me réjouir de retrouver les filles pour un tome supplémentaire qui clôturera bien la saga que de ne pas avoir de tome supplémentaire du tout !

Je vous laisse le lien du site de l’auteur qui parle de ce tome 6 ICI, la vidéo de Cathy Cassidy où elle en parle ICI (attention, spoilers sur la fin du tome 5 si vous ne l’avez pas lu) et le lien de précommande du roman en VO sur The Book Depository ICI.

De fait, cette annonce d’un tome 6 me réjouit vraiment (ceux qui connaissent la fin du tome 5 savent ce qui est resté en suspens !) et j’ai hâte de pouvoir me le procurer (VO ou VF, on verra si j’ai la patience d’attendre !). Cela me permet également de voir ce 5ème tome en étant un peu moins déçue qu’initialement et de remonter la note à 4 étoiles sur 5, à la place des 3 étoiles que j’avais mis au départ sur GoodReads.

book ornement

EN BREF, j’ai beaucoup aimé ce tome au regard des thématiques qu’il abordait et qui sont vraiment d’actualité. J’ai aimé voir Honey changer au fil des pages, prendre conscience de certaines choses, par rapport à son père mais aussi à sa manière d’agir, de se comporter. Mon seul regret est que vu que l’histoire se déroule en Australie, on ne retrouve absolument pas la même ambiance chaleureuse qui règne à Tanglewood et c’est vrai que ça m’a manqué et que cela m’a empêché d’apprécier le roman comme les tomes précédents… Les autres soeurs m’ont également manqué, surtout ma petite Coco qui reste ma préférée des filles au chocolat !
Je suis super heureuse d’apprendre qu’il y aura bien un tome 6 qui permettra de répondre aux questions qui restent sans réponse à la fin de ce tome 5 et qui apportera, je l’espère, une vraie belle fin à cette saga toute mignonne que je vous recommande chaudement, que vous soyez visé par la tranche d’âge ou pas !

Une saga à lire, où les problèmes des ados sont abordés sans tabous et surtout de manière divertissante !

emo content bien

Les avis des copinautes qui ont lu ce tome 5 : Margaud, Belledenuit, Simi, Chloé (Livres&Cie), Audrey (Le souffle des mots) et bien d’autres encore sur la page BBM du livre sur Livraddict :

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11 juillet 2016 09:33