Insaisissable, tome 1 : Ne me touche pas

Titre VF : Insaisissable, tome 1 : Ne me touche pas 
Titre VO
: Shatter me

Auteur : Tehereh Mafi (USA)
Traduction de Jean-Noël Chatain

Publié aux Editions Michel Lafon (Jeunesse)
Date de publication : 04 octobre 2012

Genre : Dystopie, jeunesse

Pages : 376

Prix : 16,95 €
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Note

 

Présentation de l’éditeur sur Lire en série(voir le site)

JE SUIS MAUDITE
J’AI UN DON

JE SUIS UN MONSTRE
JE SUIS PLUS FORTE QU’UN HOMME

MON TOUCHER EST MORTEL
MON TOUCHER EST POUVOIR

JE VEUX QU’IL ME TOUCHE
IL NE DOIT PAS M’APPROCHER

JE SUIS LEUR ARME
JE ME VENGERAI

Lire un extrait

Mon avis 

Voilà un roman dont j’attendais avec impatience la publication en VF étant donné le buzz qu’il a fait dès sa sortie en VO, même sur la blogosphère francophone. Toutes les chroniques étaient quasi unanimes, ma soeur, iwry, avait également adoré, autant vous dire que j’avais de fameuses attentes concernant ce titre ! Est-ce que j’ai été déçue, comme c’est souvent le cas, quand on en attend beaucoup d’un roman ? Eh bien oui et non… Même si c’est bien plus non que oui ! 

Je vais éviter de raconter l’histoire, étant donné que j’ignorais quasi tout du roman avant de le commencer. J’espère, à travers cette chronique, vous donner mon ressenti sans vous en dévoiler de trop. Ainsi, tout restera à découvrir le 04 octobre, en espérant que vous serez emporter dans le même tourbillon d’émotions que moi !

En commençant le roman, autant vous dire que ce n’était pas gagné du tout… sincèrement j’ai peiné sur les 100 premières pages du récit, j’avais vraiment très difficile à entrer dans l’histoire, à me faire au style d’écriture et à la narratrice, Juliette.
Car comme vous le constaterez par vous-même, le début de Insaisissable est vraiment très perturbant. L’héroïne est enfermée de 264 jours et la première réaction qui vient en tête au lecteur est de se demander si elle a encore bien toute sa tête : des pensées désordonnées, des répétitions de mots, des bouts de phrase barrées pour ensuite dire l’inverse de ce qu’elle venait de dire… vraiment, j’ai eu du mal à me faire au style, qui plus est assez métaphorique.

Ceci dit, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, ce n’est pas parce que le style de l’écriture est métaphorique que je n’ai pas aimé. Que du contraire, c’est vraiment super de voir une auteure qui prend le soin d’écrire avec autant de panache les émotions, le ressenti de son héroïne en utilisant des images métaphoriques. C’est juste que je n’en ai pas l’habitude et qu’il faut aussi s’y habituer. 

-« Alors, t’es… quoi ? Folle ? C’est pour ça que tu es là ?
Je ne suis pas folle.
Il se redresse juste assez pour voir ma tête. Il rigole.
– Je ne vais pas te faire de mal.
J’ai envie de le croire. Je ne le crois pas. 
– Tu t’appelles comment ?
Ca ne te regarde pas. C’est quoi ton nom, d’abord ?«  (page 14) 

« Je me suis toujours posé des questions sur les gouttes de pluie.
Je me demande comment elles tombent en trébuchant les unes sur les autres, en se brisant les jambes et en oubliant leur parachute quand elles dégringolent direct du ciel vers une fin incertaine. Comme quelqu’un qui vide ses poches sur la terre et se moque de savoir où leur contenu va tomber, de savoir que les gouttes de pluie éclatent quand elles heurtent le sol, qu’elles se fracassent quand elles dégringolent, que les gens maudissent les jours où les gouttes osent pianoter sur leur porte.
Je suis une goutte de pluie. » (pages 16 et 17)

Une fois passé la surprise de ce style très imagé et du comportement déroutant (mais justifié vu ce qu’elle vit), je dois bien avouer que la réticence du début s’est envolée en deux temps trois mouvements et que j’ai pris énormément de plaisir à découvrir l’histoire de Juliette.

Ceci dit, il est très difficile de vous en parler, de vous dire exactement toutes les émotions ressenties à la lecture du récit, tellement elles sont fortes. Insaisissable, ce n’est pas le genre de romans qui, une fois terminé, ne vous laisse qu’un agréable souvenir mais sans plus… Non, c’est tellement plus que cela, c’est un roman qui vous colle à la peau, qui vous fait réfléchir, qui vous met mal à l’aise et qui vous poursuit encore et encore des jours durant

Car il ne faut pas penser que Insaisissable, c’est juste l’histoire d’une fille dont le toucher peut être mortel, Insaisissable, c’est avant tout une dystopie environnementale très forte qui pose pas mal de questions. Il n’y a plus d’oiseaux, quasi plus d’animaux, la Terre n’est plus que le pâle reflet de ce qu’elle est. On n’en sait pas beaucoup sur les causes de ces changements radicaux mais on comprend rapidement que l’Homme en est bien le responsable.
De quoi donc encore nous faire réfléchir sur le devenir de notre planète bleue si nous n’y faisons pas plus attention. Je pense que les dystopies environnementales sont celles que je préfère, car ce sont toujours elles qui vous donnent une belle claque, un électrochoc sur le fait que le récit fictif de l’auteur pourrait, un jour, devenir réalité.

Mais ce n’est pas tout, suite aux évènements climatiques survenus et tout le reste, un groupe a pris le pouvoir, le Rétablissement. On comprend bien vite de ce groupe maintient son pouvoir sur les gens sur base de la peur, de la crainte, bref de toutes ses émotions négatives qui nous empêchent de lever le poing et de dire « NON ! ». 
Ce qui m’a vraiment plu, c’est la réponse des « rebelles » au Rétablissement. J’ai beaucoup cette partie du roman, qui est en fait, la toute dernière, mais qui nous apporte pas mal de réponses et opère un changement important dans la façon dont Juliette va se voir. Du coup, avec une telle fin, avec de telles révélations, je peux vous dire que vous n’aurez qu’une envie, c’est d’avoir la suite sous la main illico presto ! Eh bien, non, pour le coup, l’attente va être assez longue !

je regrette cependant que les éléments de la dystopie soient si disparates dans le récit. Au début, Juliette nous donne un détail, par ci par là, de quoi attiser notre curiosité et surtout nous faire poser des tas de questions… Alors, peut-être est-ce moi qui suis impatience mais voilà, d’avoir un élément plic ploc comme ça, ça ne m’a pas aidé à rentrer dedans au début… Heureusement que ma soeur m’a dit, « attends, tu vas voir, elle expliques un peu mieux par la suite ! ».  La dystopie est mieux exploitée sur la fin du récit, avec toutes les révélations qui arrivent et qui surprennent. Dommage cependant que ce soit à ce moment-là que l’on doive refermer le roman !

Niveau des personnages, je dois dire qu’ils sont plutôt bien fouillés et avec une réelle complexité.

Comme je vous le disais, au début, j’ai eu un peu de mal avec Juliette. Je ne vais pas dire que je la prenais pour une folle, mais sa manière de s’exprimer, de répéter les mêmes choses, de dire une chose, la barrer puis son contraire, ça déstabilise quand même un peu !
Mais voilà, Juliette n’est pas non plus une fille « normale » et on comprend bien vite ce qui la trouble. Ayant une particularité assez singulière (le contact avec les autres lui est impossible car son toucher est douloureux, voire mortel), elle se croit être un monstre, et ce d’autant plus que ses propres parents le lui font remarquer et n’hésitent pas l’abandonner au sort des autorités du Rétablissement sans regret. Dès lors, forcément, avec un passé assez lourd d’enfant toujours rejeté, avec cette isolation de 264 jours, pas étonnant que Juliette soit plus que déboussolée, à la limite de la folie. 

Je dis bien « à la limite » car c’est un personnage très fort, très courageux et qui est profondément gentil. A la lecture de certains passages du récit, j’avais les larmes aux yeux tellement la gentillesse de Juliette est sans bornes. Je pense que c’est le personnage le plus « pur » que j’ai pu rencontré en littérature. Il n’y a aucune once de méchanceté en elle, tout n’est que pureté et gentillesse. 

J’ai beaucoup aimé voir la transformation de Juliette au fil du récit. Je pense que c’est la transformation – au niveau de la perception des choses – la plus marquante dans les univers Young Adults. L’auteur a su vraiment mettre les mots justes, les émotions là où il faut, pour rendre l’évolution de son personnage aussi vibrante de réalisme, de crédibilité. Juliette prend vraiment vie sous les yeux du lecteur pour devenir un personnage emblématique fort.

Juliette va rencontrer Adam dans des circonstances assez spéciales et se rend compte qu’elle le connaît déjà… 
Adam reste assez mystérieux dans un premier temps, puis se découvre petit à petit. J’ai beaucoup aimé l’attention qu’il porte à Juliette, on sent qu’il est profondément attachée à elle. J’avoue qu’au début, je me suis dit « encore un qui va tomber amoureux de l’héroïne en même pas quelques jours » et finalement, le passé qu’il y a entre eux, la manière dont Adam va raconter des souvenirs à Juliette fait que cet amour qui lui porte est juste magnifique. Toute fille aimerait qu’un homme l’aime de la manière qu’Adam aime Juliette. C’est juste touchant, mignon, attendrissant,… Bref, vous l’aurez compris, Adam m’a énormément séduit, surtout qu’il cache très bien son jeu !

Par contre, il y a un personnage que vous allez détester, c’est Warner. On peut dire que Warner, c’est le méchant de l’histoire. Il est à la tête du secteur du Rétablissement dans lequel se passe l’histoire. Obnubilé par le pouvoir, il tient ses hommes par la terreur. Il n’a aucun scrupule, aucun regret. Ses rapports avec Juliette sont assez ambigus, voire très compliqués. Il veut se servir d’elle, mais ne semble pas vouloir la forcer : il veut qu’elle le suive d’elle-même, n’arrêtant pas de lui répéter combien ils se ressemblent tous les deux. Warner semble aussi avoir des sentiments pour Juliette, même si on se demande, si au vu de la cruauté dont il peut faire preuve, il est capable réellement d’éprouver des sentiments sincères pour quelqu’un.

Il y a d’autres personnages qui gravitent autour de ses 3 personnages principaux, même s’ils sont beaucoup moins fouillés qu’eux. Il conviendra de voir, dans les tomes suivants, s’ils seront approfondis ou non.

Au niveau du style de l’écriture, je n’ai jamais rien lu d’aussi beau… Il faut un temps pour s’adapter, c’est sûr. L’écriture est poétique, les images utilisées sont justes magnifiques. C’est un régal que de se laisser porter par les mots, des mots simples qui une fois mis les uns à côté des autres forment une balade poétique qui contrastent avec la dureté du monde dystopique dans lequel est plongée Juliette.
L’auteur a réussi un tour de maître en faisant se côtoyer tendresse et dureté dans un même récit : dureté du monde, tendresse dans les mots. Ainsi, c’est dans un véritablement tiraillement d’émotions, de sentiments que se retrouve plongé le lecteur, d’un bout à l’autre du récit, rendant la lecture vibrante de sensations : le lecteur se balade entre froid et chaud constamment, porté par les mots de Juliette et choqué par la rudesse de son univers.

J’ai également beaucoup aimé les mots qui sont barrés dans le récit. Là encore au début, ça déstabilise. Mais une fois qui s’y habitue et qu’on comprend que ces mots barrés représentent le conflit intérieur de Juliette : elle qui pense être saine d’esprit mais qui se croit folle et un monstre en même temps. Les mots barrés représentent ses contradictions, mais également les différences entre ce que Juliette veut réellement et la réalité.

L’écriture est assez fluide et vraiment très agréable à lire.

Conclusion

En bref, ce roman est simplement un petit bijou. Pas seulement au niveau de l’écriture est qui simplement magique mais également au niveau des émotions qu’il porte. Le lecteur en prend plein la tête :  entre la spécificité de l’héroïne qui la rend aussi unique et le monde dystopique assez dur, il y a de quoi avoir la tête retournée !
Ce roman vous emporte, vous captive de plus en plus au fil des pages et il vous reste en tête longtemps après avoir refermé la dernière page.
Insaisissable aurait pu être un gros coup de coeur, si je n’avais pas peiné sur le départ. Ses deux seuls défauts sont, pour moi, d’avoir été un peu lent à démarrer et de plonger directement le lecteur dans l’action du roman sans l’avoir préparé à cela. 
Mais une fois sur les rails, je n’ai pas pu le lâcher jusqu’à la fin. 

Insaisissable, ou comment un livre m’a ensorcelé par ses mots et choqué par son univers !
La rencontre instantanée du volcan et de l’iceberg, le roman aux émotions fortes que vous hantera encore longtemps après l’avoir reposé !
Sur ce, il n’y a plus qu’à dire, vivement le tome 2 !

Oui, oui, j’ai adoré et je vous le recommande !

Les points + :

  • Des personnages principaux assez bien fouillés et très complexes.
  • Une héroïne dont le potentiel se révèle au fil de la lecture. Si au départ, on peut avoir de sacrés a priori sur Juliette, ils se lèvent un à un au fur et à mesure qu’on avance dans le récit.
  • Un monde dystopique assez dur qui pose pas mal de questions sur la manière dont nous usons les ressources de notre bonne vieille planète bleue.
  • Un roman qui s’étoffe plus on avance dans l’histoire, qui devient de plus en plus addictif 
  • Un final assez intriguant qui ne donne qu’une envie : lire la suite immédiatement !
  • Un style d’écriture poétique, magique qui contraste avec la rudesse du monde dystopique.
  • Un roman qui vous fera vivre des émotions fortes que vous n’êtes pas prêts d’oublier !

Les points – :

  • Un roman qui met un peu de temps à démarrer dans le sens où les explications sont tellement disséminées qu’il faut attendre un moment avant de pouvoir assembler les pièces.
  • Le lecteur est directement plongé dans un style qu’il n’attend pas forcément, cela est assez perturbant au début…

Les copinautes l’ont lu et ont donné leur avis : Liliebook, iwry, Moody, Bambi_slaughter et d’autres avis sur la page BBM du livre sur Livraddict :

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Commentaires

  1. Cette dystopie me faisait déjà de l’œil, mais avec ton avis (oui, oui, je comprends parfaitement ce que tu as voulu faire passer dans cette chronique), j'ai encore plus hâte d'être au 4 octobre ! Je me mets, tout doucement, à la dystopie et je dois dire que c'est un genre d'une grande richesse et poussant à la réflexion. Belle chronique. Biz 17 septembre 2012 14:05

  2. ah mais c'est simple, je le veux moi celui-là !!!!lol 17 septembre 2012 14:37

  3. Eh ben tu donnes très envie de le découvrir :) 17 septembre 2012 16:19

  4. Le traducteur vous remercie de l'avoir cité ;-) 20 septembre 2012 12:20

  5. Forcément. Il est dans ma Wish depuis son annonce de parution en VF, je vais me jeter dessus dès sa sortie! 20 septembre 2012 15:51

  6. Je le reçois bientôt. Hâte de m'y mettre 25 septembre 2012 15:04

  7. Il a l'air vraiment passionnant. En plus, j'adore les romans qui mettent du temps à démarrer. Une fois que tu arrives à t'y plonger, tu n'en ressors plus :) 4 octobre 2012 11:33

  8. Et voilà, à cause de toi j'ai craqué, la couverture est tellement belle et le résumé m'intrigue !!! http://mysweetlies.weebly.com/ 22 février 2013 11:56

  9. Un bonheur cette lecture !!!!!!!!!!!!!^^ 1 avril 2013 11:37

  10. Ce livre est dans ma Wish-list mais va bientôt passer dans ma PAL Ta chronique m'a donnée très envie 4 mai 2013 18:11

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28 mai 2016 22:45