La fille qui ne croyait pas aux miracles

Titre VF : La fille qui ne croyait pas aux miracles

Titre VO : The probabilité of Miracles

Auteur : Wendy Wunder (USA)
Traduction de Raphaële Eschenbrenner

Publié aux Editions Hachette Jeunesse
Collection Black Moon
Date de publication : 25 avril 2012

Genre : Jeunesse, Drame

Pages : 376

Prix : 16 €
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Note


Quatrième de couverture


Cam ne croit pas aux miracles. Ni au paradis, ni en Dieu.
Mais pas à la magie non plus.
Elle sait qu’elle est malade. Condamnée. Fin du débat.
Elle établit alors la liste des choses qu’elle veut faire avant de mourir :

* Perdre ma virginité pendant une fête de lycéens bien arrosée.
* Me faire briser le coeur par un sale type.
* Me morfondre misérablement, pleurer, bouder et dormir durant un samedi entier.
* Faire tomber une vache qui dort debout.
* Détruire les rêves de ma petite soeur.
* Commettre des vols à l’étalage minable.

Il paraît que le simple fait d’avoir écrit ces voeux les déclenchera. Seulement Cam n’est pas du genre à attendre que le destin se décide. Elle préfère le bousculer et se débrouiller toute seule pour les réaliser. En aura-t-elle le temps ?

Mon avis

Je n’avais pas trop entendu parler de ce roman avant sa sortie. Mais suite au partenariat proposé sur Livraddict, Liliebook n’a fait que vanter les mérites du livre en insistant sur le côté très émouvant de l’histoire. Du coup, je n’ai pas pu résister et je me suis jetée dessus. Et le verdict, c’est maintenant…

Cam a 16 ans et elle sait qu’elle est atteinte d’un cancer incurable. Elle va mourir. Avec sa copine Lily, également malade, elles décident de faire une liste des choses qu’elles souhaitent accomplir avant de mourir…
Et si Cam a finalement accepté son destin, tel n’est pas le cas de sa mère qui refuse de croire que sa fille va mourir. Elle l’emmène donc à Promise, un petit village réputé pour les miracles qu’il s’y produit. Cela suffira-t-il pour sauver Cam ?

L’intrigue

En lisant le résumé, j’ai reconnu un peu celui de Je veux vivre de Jenny Downham, et je trouvais intéressant de comparer les deux. J’ai donc lu Je veux vivre après La fille qui ne croyait pas aux miracles. Vous retrouverez ma chronique bientôt sur le blog et une battle en vidéo où je comparerai les deux romans, en vous disant lequel j’ai préféré.

J’ai particulièrement aimé ce roman. Déjà le fait que l’intrigue commence sur un lieu comme DisneyWorld, Florida, ça m’a rappelé de bons souvenirs de vacances et j’ai aimé redécouvrir quelques lieux du parc à travers les yeux de Cam, même si celle-ci a une vision blasée et surtout réelle de ce qui se passe derrière le feu des projecteurs, une fois la poudre aux yeux mise pour le public enlevée.

J’ai aimé ce mini « road trip » par lequel Cam, sa mère et sa soeur partent pour la petite ville de Promise, à la recherche du miracle qui sauvera Cam, là où la science ne peut plus rien faire pour elle.
J’ai également aimé la découverte de la ville et le changement d’attitude qui va s’opérer chez Cam…

Le fil de l’histoire m’a beaucoup plus… car on part d’une situation désespérée où Cam est résignée pour arriver à quelque chose de plus léger, avec une touche d’espoir, où l’on en vient à croire que cette petite ville de Promise va accomplir un miracle.
L’auteur porte un message fort à travers le cheminement du récit : vivre la vie au jour le jour, profitez de chaque instant. Et c’est ce qui m’a vraiment séduit dans ce livre, c’est de voir que d’un tableau tout noir au départ, on arrive à quelque chose de beaucoup plus coloré à la fin, surtout qu’avec un sujet difficile, on ne s’y attend pas du tout.

La fin du récit reste très poignante et je ne vais pas vous le cacher, je n’arrivai plus à lire tellement je pleurais. Cependant, en refermant la dernière page, bien que très touchée émotionnellement par ce que je venais de lire, je suis ressortie de cette lecture tout en gardant à l’esprit ce message de l’auteur (profiter de la vie, réaliser ses rêves, faire le bien autour de soi, rendre heureux ses proches) et c’est donc finalement, malgré la maladie, sur c’est sur une note optimiste que j’ai refermé le livre.

Par contre, il y a deux petits bémols que je dois formuler :

Le premier concerne le côté très superficiel de l’intrigue. L’auteur n’approfondit pas, on reste très en surface aussi bien au niveau de l’intrigue, des personnages que de leurs relations. 

Le second concerne la liste de choses à faire de Cam. Perso, ce n’est pas la liste de choses à faire que j’aurais pu écrire en pareille situation (je pense que j’aurais mis faire un tour du monde des parcs Disney par exemple ou encore aller nager avec les dauphins ^^). Avec sa liste, on reste dans des choses assez banales (se morfondre tout un samedi) ou parfois choquantes car illégales (voler à l’étalage… non, non, ça ne m’est jamais arrivé, même quand j’étais plus jeune !). Il y a aussi le fait qu’elle souhaite perdre sa virginité comme ça, lors d’une soirée, un simple coup d’un soir… Pour moi, certains de ses « souhaits » ne sont pas très dignes et je trouve ça dommage que ce soient de tels points qui soient mis en avant alors que le temps lui est compté.


Les personnages


Malgré que l’on reste en surface au niveau des personnages, je dois dire que je me suis assez facilement attachée à eux.

Cam n’est pas le personnage que l’on prend en sympathie de prime abord. Assez en colère, elle montre un visage très fermé d’une jeune fille qui n’attend plus rien de la vie : elle sait ce qui l’attend et refuse tout nouveau traitement, préférant vivre le temps qui lui reste hors des hôpitaux. On ne peut lui en vouloir d’être négative, qui ne le serait pas à sa place, mais sa résignation, son côté blasé de tout fait qu’elle plombe un peu l’ambiance de la première partie du roman : elle ne donne pas vraiment envie qu’on apprenne plus à la connaître.
Cela est d’autant plus vrai quand elle va aller voir sa copine Lily qui elle reste optimiste aussi bien sur les traitements que sur l’expérience qu’elle est en train de vivre au niveau relation amoureuse. Cam préfèrera lui briser ses illusions de bonheur pour la ramener vers la réalité, dure et froide, comportement que j’ai trouvé assez injuste de sa part, même si elle ne cherche que le bien de son amie. 

Comme dit plus haut, je n’ai pas trop adhéré non plus à cette liste de choses qu’elle a envie de faire avant de mourir. Cette liste manque de rêve, d’ambition. Cam se contente de choses banales et pas forcément joyeuses et parfois illégales. Cette liste aurait dû contenir des projets dont elle ne gardera que de beaux souvenirs et un sentiment d’avoir accompli des choses importantes. C’est comme si elle considérait que comme elle va mourir, sa vie ne valait plus rien, et qu’elle pouvait donc la « brader » en quelque sorte.

Heureusement, dès qu’elle met le pied à Promise, les choses vont changer petit à petit. Grâce à sa famille et à Asher, un garçon dont elle va faire connaissance sur place, elle va voir les choses différemment et enfin profiter de l’instant présent, de ses proches et de tout faire pour les rendre heureux, même si ses premières tentatives sont hasardeuses et complètement irréfléchies.

Finalement, Cam est un personnage qui évolue assez bien au fil du roman. Et d’une première impression assez mauvaise, finalement j’ai vu une jeune fille qui cachait sa peur, sa souffrance, sa colère contre cette injustice de la nature derrière une façade de dureté qui va s’effriter au fur et à mesure de ses expériences à Promise, de ses rencontres mais aussi des coups durs auxquels elle va devoir faire face.

La maman de Cam, Alicia, est aussi un personnage qui se découvre au fil du temps et pour lequel la première impression n’est pas non plus la bonne. Elle nous est décrite au début comme une mangeuse d’homme qui change régulièrement de mecs et que l’on sent donc plus habitée par sa libido que par le bien être de ses filles.
Cependant, bien vite, le lecteur va se rendre compte à quel point c’est faux : Alicia refuse de croire en la fatalité et veut tout faire pour sauver sa fille, même si pour cela elle doit aller voir tous les charlatans de la Floride et même d’ailleurs, jusqu’au jour où on lui parle d’une petite ville réputée pour l’accomplissement de miracles. Ni un ni deux, elle embarque ses deux filles, laissant son amoureux en Floride, pour tenter le tout pour le tout dans cette petite ville.
Alicia est vraiment une bouffée d’optimisme dans le récit comparée à sa fille… Et elle y croit tellement qu’elle nous embarque avec elle au point où on la suivrait jusqu’au bout du monde si elle nous disait qu’elle savait où était le St Graal ! 

J’ai également beaucoup aimé sa petite soeur, Perry. J’ai trouvé qu’elle était à la fois très mature, à accepter que sa soeur passe toujours devant elle, qu’on soit toujours à ses petits soins alors que c’est elle le bébé de la famille, tout en gardant la naïveté de son âge, par le fait de croire que les licornes existent bel et bien. Elle met un peut de fraîcheur dans le récit et n’hésite pas à remettre de temps en temps sa grande soeur à sa place !

Enfin, il y a le beau Asher.  Ce personnage m’a beaucoup plu simplement parce qu’il est aux antipodes de l’ « image » qu’on attend de lui (soit celle beau gosse qui fait craquer toutes les nanas et qui en joue). Il va au contraire se montrer très doux, tendre avec Cam, essayant de l’épauler au maximum malgré les circonstances, tâchant de toujours être là pour elle quand elle a besoin de lui. Et je trouve qu’à cet âge-là, un âge où les garçons ne pensent pas vraiment avec leur tête, Asher montre des qualités dont peu d’adultes pourraient se vanter.
Car combien d’entre nous pourrait affirmer sans l’ombre d’un doute que si il/elle apprenait que la personne dont il/elle vient de faire la connaissance et qui a priori lui plaît était malade et condamnée, poursuivrait dans cette voie au lieu de simplement fuir ?

Même si le tout manque de relief et reste très en surface, je dois dire que je n’ai pas été trop gênée, agacée. L’histoire me portait par le message d’espoir véhiculé, aussi et surtout par cette relation qui va vraiment ouvrir les yeux à Cam. Du coup, je pardonne à l’auteur d’être resté dans un répertoire assez « jeunesse » à son niveau-là.

Le style de l’écriture

C’est ici qu’il y a peut-être pour moi le GROS défaut du roman : Je n’ai pas trop compris pourquoi l’auteur avait choisi une narration à la troisième personne. Il me semble qu’une narration en « je », qui aurait porté Cam en narratrice directe du lecteur, aurait été plus appropriée car elle aurait permis une intimité avec le personnage encore plus forte

Sinon, hormis de gros bémol, je dois dire que le texte se lit très facilement. L’écriture est très simple, les chapitres sont assez courts et le tout est assez rythmé. La dynamique de l’écriture rend le texte assez vivant, du coup on en oublie un peu le côté « morbide » de la maladie. 

Un petit moins aussi pour la mise en page de la version française que j’ai pas trouvé top top avec, à chaque changement de chapitre, une page d’entête avec juste écrit le nom du chapitre. Je trouvais ça assez froid et impersonnel et en totale contradiction avec le ton donné au récit.

Conclusion

En bref, ce roman était une très belle surprise pour moi, malgré les quelques petits défauts relevés et le fait que le tout manque d’approfondissement, cela reste « assez jeunesse » et ça ne me dérange finalement pas plus que ça.
Ceci dit, avec le sujet évoqué, un sujet très difficile et particulièrement horrible quand il touche des jeunes qui ont encore la vie devant eux, l’auteur réussit le « coup de maître » de transformer une histoire qui aurait pu être déprimante, voire à vous foutre le moral en l’air en une vraie ode à la vie, à l’espoir… Plus vous avancez dans le récit, plus vous attendez aussi le miracle, vous y croyez de plus en plus !
Ce que je retiendra du récit, c’est finalement quelque chose que nous savons déjà mais que nous oublions d’appliquer au quotidien, pressés par notre vie de tous les jours. Alors, n’oublions plus cette fois : PROFITONS, la vie est courte, peu importe l’âge que nous avons !

Un roman magnifique dont on ressort plus optimiste qu’en l’ouvrant pour la première fois !

Attention, livre à faire pleurer dans les chaumières.
En tout cas moi, je n’y ai pas échappé.

Les points + :

  • Une histoire difficile de part le sujet abordé mais que l’auteur arrive à voir sous l’angle de l’humour, de la légèreté… On dédramatise beaucoup en lisant ce roman, en ne gardant que le meilleur.
  • Un message d’espoir qui transcende le récit au fil de la lecture : Profitez de la vie au jour le jour sans vous soucier de demain !
  • Des personnages qui marquent, très touchants.
  • Un final poignant.

Les points – :

  • La narration à la troisième personne : j’aurais préféré une narration en « je » avec Cam en narratrice pour plus d’intimité avec l’héroïne.
  • Le manque d’approfondissement de l’histoire/ des personnages.
  • La liste des choses à faire de Cam : pas vraiment celle que j’aurais faite à sa place.



Les avis des copinautes : Liliebook, Benjamin59, wilhelmina, MyaRosa, Nanieblue et d’autres encore sur la page BBM du livre sur Livraddict :

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Commentaires

  1. Très intéressante chronique :) Je pense me le procurer, même si je doute que cela soit un coup de coeur :) 10 juin 2012 18:57

  2. J'avais entre aperçu ce livre dans une librairie. Peut-être étrangement, mais le titre ne m'a pas "accroché", ensuite j'ai lu le résumé, ça me semblait pas mal mais sans plus. J'ai donc pris un autre roman... Enfin bref, je ne vous raconte pas ma vie! Tout ça pour dire que finalement je pense m'y arrêter la prochaine fois, très bonne critique. :) 9 juillet 2012 11:39

  3. Je l'ai également lu et j'avoue que j'ai aussi versé ma petite larme à la fin ! c'est un livre que j'ai bien aimé ! 4 août 2012 10:45

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20 décembre 2016 12:10