La dernière conquête du Major Pettigrew

Titre VF: La dernière conquête du Major Pettigrew

Titre VO : Major Pettigrew’s last stand

Auteur : Helen Simonson (UK)
Traduction de Johan-Frédérik Hel-Guedj

Publié aux Editions NiL
Date de publication : 15 mars 2012

Genre : Contemporain

Pages : 492

Prix : 21 € (TVA 5,5 %), 21,30 € (TVA 7 %)
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Note


Quatrième de couverture

À Edgecombe St. Mary, en plein coeur de la campagne anglaise, une tasse de thé délicatement infusé est un rituel auquel, à l’heure dite, le major Ernest Pettigrew ne saurait déroger. Désormais veuf, ce parfait gentleman retraité du Royal Sussex a pour seule compagnie ses livres, ses chers Kipling, et quelques amis du club de golf – tous occupés à fuir leurs dames patronnesses. Et ce n’est guère son fils, dévoré par l’ambition et les jeux de pouvoir de la City, qui saurait être le complice de ses vieux jours.
Quand l’amour se présente soudain à lui sous les traits de la douce Madame Ali – l’épicière d’origine pakistanaise et de confession musulmane -, la communauté villageoise s’émeut, l’équilibre familial vacille. Le major, si respectueux des traditions, saura-t-il mener sa dernière conquête contre les convenances, la vox populi et… lui-même ?

Mon avis. 

 Ce livre, je l’avais repéré avant sa sortie, en me disant que dès qu’il sortirait, il serait mien et serait lu dans la foulée. Je ne sais vous dire si c’est cette jolie couverture avec ses couleurs pastels ou encore le résumé si prometteur qui a fait la différence, mais une chose est sûre, il me fallait ! Après lecture, j’en ressors avec un sourire béat de ces histoires toute douces, toutes mignonnes qui vous laissent rêveur…

Le Major Pettigrew vit seul depuis le décès de son épouse, six ans auparavant. Depuis lors, il passe son temps entre la chasse qu’il affectionne tout particulièrement, la lecture ou encore le club de golf. Ceci dit, à l’aube de notre histoire, alors qu’il apprend le décès de son jeune frère, Ernest Pettigrew va se sentir plus solitaire que jamais, malgré les visites de son fils, Roger. Heureusement pour lui, Madame Ali, l’épicière pakistanaise du coin, est là pour le soutenir moralement. Entre eux, c’est le début d’une histoire d’amour qui va déchaîner bien les commérages du voisinage.

A. L’intrigue

J’ai vraiment été surprise par la richesse de ce roman où il n’y a pas vraiment d’action, enfin pas au sens où je l’entends habituellement… malgré qu’à certains moments, une dose de suspense, un petit rebondissement de dernière minute viennent vous plonger dans un petit état de stress, proche des plus grandes scènes de combats  😀 ! J’exagère un peu évidemment, j’ai vraiment frémi avec les personnages, avec toutes ces « épreuves » qu’ils doivent surmonter et voir où tout cela allait les mener l’un et l’autre.

Pourtant, tout commence assez calmement. Notre Major apprend le décès de son frère Bertie. Avec toute la douleur de la perte de cet être cher qui le ramène à sa propre solitude, vient toute une histoire d’héritage à propos de fusils de chasse ayant appartenu à leur père et devant revenir – en cas décès de l’un des deux frères – au frère survivant. Et cette histoire d’héritage qui n’est pas du tout le propos principal du roman va revenir sans cesse battre en rappel des principes du Major qui entend bien que la parole de son père soit respectée jusqu’au bout. Et finalement, le lecteur, pris dans le jeu, va se demander tout au long du récit – comme s’il s’agissait là du plus important – si le Major récupérera ou non le second fusil de son père qui avait été légué à l’époque à Bertie !

Puis vient, l’histoire d’amour en tant que telle, après tout c’est là le propos principal du roman ! Une histoire qui commence très en douceur (pour tout vous dire, tellement en lenteur douceur que je me suis demandé si je ne m’étais pas trompée de propos en lisant la quatrième de couverture !), entre le Major et Madame Ali qui s’apprécient l’un l’autre (ça ne fait nul doute) mais qui n’osent pas avouer leur attachement réciproque de peur du « qu’en dira-t-on ». Car si le propos du récit est bien l’histoire entre des deux personnages, il convient de ne pas omettre la dimension sociale qui va avec les petits villages, les commérages et les mauvaises langues qui voient mal qu’un illustre personnage de leur communauté puisse s’enticher d’une pakistanaise, d’une étrangère ! 

Dès lors, le roman prend une autre ampleur, une autre dimension et nous emmène dans les méandres d’une société bien décidée à diriger ses membres, peu importe que ces derniers se nomme Major Pettigrew ou pas ! Et cette histoire d’amour qui ne devait à la base que concerner deux personnes (ça devrait toujours être comme ça, non ? ^^) qui ont déjà du mal à aller l’un vers l’autre sachant que l’un et l’autre ont perdu leur époux/épouse d’un précédent mariage va finalement concernant la petite communauté de Edgecombe Saint Mary.

Au final, le tout donne un roman léger et dramatique à la fois. Léger par cet aspect romantique, cet amour naissant qui peu importe l’âge des protagonistes éclot comme un amour adolescent (la découverte de l’autre, le fait de toujours trouver des excuses pour se voir,…). Dramatique car avec tous les évènements qui vont s’enchaîner, le « rejet » social de la relation, on se demande si encore une fois l’amour triomphera de tout.

Finalement, je me rends compte en écrivant ma chronique que j’arrive à mettre peu de mots sur mon ressenti. Malgré le style très descriptif qui m’a fait décrocher par moments, je constate que lors de ma lecture, j’étais vraiment dans une petite bulle, ailleurs, sûrement en Angleterre, avec le Major Pettigrew qui va tenter par tous les moyens de s’accorder cette nouvelle chance de découvrir le bonheur d’aimer, d’être à deux et d’ainsi  ne plus ressentir cette solitude qui le pèse.
Mais tout ce qui se passe autour – avec les voisins, la construction du grand complexe pour « vieux riches », avec son fils – apporte encore plus de réalisme à la vie de ce vieux monsieur et le rend d’autant plus attachant. 
Au final, je garde énormément les émotions qui m’ont suivi à la lecture du roman, comme si la lecture du roman avait crée une sorte d’intimité avec le Major que je tiens à garder pour moi. Suis-je égoïste ? Non, je ne pense pas. Lisez et vous comprendrez !

B.
Les personnages

Evidemment, vous l’avez compris, j’ai adoré les deux personnages principaux de ce roman qui sont vivants, tellement vrais sous la plume d’Helen Simonson. L’auteur, même en gardant une narration à la troisième personne, arrive à les détailler, à montrer leurs forces et faiblesses au lecteur qui au fil des pages ne peut que s’attacher à ces derniers.

Le Major Ernest Pettigrew nous apparaît tout d’abord assez guindé, avec ses principes, ses valeurs, ses traditions auxquels il n’est pas bon de déroger. De plus, le fait qu’au jour du décès de son frère, il pense tout de suite au fusil que ce dernier avait hérité de leur père (et qu’il entend bien récupérer) prête à penser que le Major est plus attaché aux objets de valeur qu’à la perte de son frère. 
Mais, on se rend vite compte que nous avons en face une grande personnalité, un homme loyal, réfléchi et juste,  qui parle peu mais quand il parle, ce n’est pas pour dire des bêtises ! J’ai beaucoup aimé sa discrétion, son élégance naturelle qui transparaît à travers l’écrit de l’auteur et je dois bien vous avouer que si j’étais une femme autour des 55 – 60 ans, il pourrait me séduire assez facilement avec ses manières de gentleman un peu dépassées pour notre époque (pourvu que baba ne lise pas cette chronique, pourvu !). Il garde un certain humour et j’ai également apprécié sa répartie, notamment quand il répond à son fils, Roger.

Madame Ali est aussi un personnage tout aussi charismatique. Cette pakistanaise qui a du prouver à toute une communauté assez fermée sur l’extérieur, en particulier les étrangers, qu’elle y avait sa place. Intégrée mais pas complètement, sa différence va rejaillir alors que sa relation avec le Major change, car tout le monde sent bien qu’entre ces deux-là, il y a beaucoup plus qu’une simple relation amicale de voisinage. Mais au-delà de cela, le personnage doit également se battre au sein de la famille de son époux décédé, une famille qui reste très ancrée dans la culture musulmane et au rôle que doit tenir une femme
Malgré tout cela, elle reste très spontanée et respire la joie de vivre. J’ai particulièrement été touchée par son côté maternel  avec son neveu.

la relation entre les deux personnages est vraiment touchante, émouvante car on peut « palper » au fur et à mesure des pages l’importance que prend l’autre et l’attachement réciproque qui les unit sans qu’aucun n’ose y mettre des mots. J’ai aimé la façon dont ils se parlent, le comportement gentleman du Major, la douceur naturelle de Madame Ali. Tout se met en place doucement (un peut trop lentement aussi ^^) mais c’est si agréable de voir ces deux personnages qui se complètent se rapprocher, se jauger, s’appréhender que j’ai été littéralement emportée en espérant pouvoir ressentir toujours des sensations, des sentiments aussi fort quand j’aurai leur âge :D.

Par contre, j’ai pu remarquer que du côté des personnages secondaires, ceux-ci sont plus caricaturés et correspondent à l’image qu’on attend d’eux dans la société. 

Par exemple, Daisy, la femme par qui toutes les décisions passent dans la petite ville d’Edgecombe St Mary, désagréable à souhait, qui ne peut s’empêcher de faire son dictat avec tout le monde et imposer ses idées, même à ceux qui ne les partagent pas ! 

Ou encore, Roger, le fils du major, qui représente le perfect business boy aveuglé par l’ambition, la réussite professionnelle en occultant tout le reste. Je ne sais le nombre de fois où j’ai eu envie de lui foutre des baffes durant la lecture tellement j’ai trouvé que malgré ces trente ans, il tenait un discours au Major digne d’un jeune en pleine crise d’adolescence.

C. Le style de l’écriture

J’ai été à la fois conquise et déçue par le style de l’écriture. 

  • Conquise, tout simplement parce que la plume de l’auteur est tout simplement magnifiquement belle. Il s’agit en plus du premier roman de l’auteur, chapeau bas l’artiste ! La justesse du ton donné qui nous permet de nous plonger directement dans cette Angleterre encore un peu vieillotte bien que le  récit se passe de nos jours, la poésie des mots qui nous immerge totalement dans une bulle en compagnie des personnages. L’écriture est maîtrisée d’un bout à l’autre.
  • Déçue n’est pas vraiment le mot que je mettrai sur mon ressenti car je m’y attendais. Dès le départ, avant même de commencer le livre, je savais que j’allais avoir droit à de longues descriptions, à un style assez lourd niveau narration où les dialogues ne seraient pas légion. Et de fait, j’avais raison vu que le roman est vraiment très descriptif.  Les lieux, les gens, tout y passe ! L’auteur passe énormément de temps à les décrire dans les moindres détails et de fait, comme vous savez que je ne suis pas friande de détails (qui pour moi, ne servent à rien), je me suis parfois ennuyée à la lecture, j’ai eu envie de lire en diagonale certains passages pour pouvoir avancer dans l’histoire. Quelques pages de moins, des descriptions en moins et je pense que j’aurais pu signer le coup de coeur…
     

D. Conclusion

Comme je viens de vous le dire, ce roman est passé près du coup de coeur. Même si je ne peux retenir le côté trop « descriptif » comme un réel « défaut » du roman étant donné la justesse de l’écriture de l’auteur, je ne peux occulter le fait que ce côté m’a ralenti, m’a ennuyé par moments.
Cependant, malgré son histoire assez simple, ce roman est d’une telle richesse en émotions, en sensations, en rencontres humaines (et oui, je fais aussi des belles rencontres avec des personnages fictifs :D) que je ne peux qu’insister sur le fait que mon gros « moins » ne sera sans doute pas le vôtre si vous êtes plus habitué que moi à la littérature contemporaine ! De plus, j’ai adoré que le roman reste ancré dans la société de nos jours avec ce petit côté désuet qui fait tout son charme !

Je vous le recommande chaudement ! D’ailleurs, en écrivant cette chronique, plein de sensations me reviennent et j’ai cette impression plus d’une semaine après avoir tourné la dernière page que je n’ai toujours pas dit au revoir au Major Pettigrew qui reste toujours aussi vif et vivant dans mon esprit !

 


J’ai aimé :

  • Le personnage du Major Pettigrew que j’ai trouvé très attachant, malgré un côté guindé, très ancré dans la tradition, dans le respect des valeurs.
  • La manière dont l’auteur amène les deux personnages principaux, le Major et Madame Ali, à se rencontrer, à se rendre compte de leur attachement commun.
  • Le fil conducteur du décès de son frère, Bertie, avec les deux fusils de chasse de leur père. L’attribution de ces fusils qui n’est pas le sujet même du roman sonne comme un rappel des valeurs importantes du Major, des principes qu’il entend respecter jusqu’au bout. 
  • La justesse, la poésie de la narration à la troisième personne, un peu désuet, qui nous fait vraiment plonger dans une bulle où n’existent plus que  les personnages de l’histoire.


Je n’ai pas aimé :

  • Que le style d’écriture soit si descriptif. Beaucoup trop de lieux, de gens sont décrits minutieusement et m’ont fait perdre le fil. 
  • Que certains personnages soient aussi caricaturés.
  • La fin un peu bizarre avec la grand-mère de la famille Ali (je n’en dis pas plus pour éviter les spoils, mais j’ai vraiment trouvé que ce revirement sonnait d’une drôle de façon par rapport à l’homogénéité du récit).


D’autres avis bientôt sur la page BBM du livre :

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Commentaires

  1. Merci pour ce loooooooong commentaire ( que j'ai lu par endroit en diagonale afin de ne pas en savoir trop avant ) Ce livre me titillait c'est décidé je vais l'acheter 8 avril 2012 10:43

  2. Pour moi, ça a été un coup de coeur car les descriptions ne m'ont pas gênées même si j'ai eu du mal à vraiment entrer dedans pendant le premier tiers. En tout cas, béatitude est bien ce qu'on ressent quand on lit ce roman. Enfin, comme toi, j'ai eu envie de baffer Robert plusieurs fois :) 27 décembre 2013 10:21

  3. bonjour , j'en suis au 1er tiers , et j'ai bien du mal avec le charme désuet de ce roman . j'ai donc été sur le net pour trouver un résumé et je vous ai trouvé :) . Les descriptions sont légions dans ce livre et pour le moment je n'arrive pas à m'attacher aux personnages . bref je continue encore un peu la lecture pour voir si comme vous j'ai cette sorte de déclic qui me fera plonger dans l'univers de Mme Simonson . un grand merci à Jess pour son site ! 6 octobre 2014 15:55

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7 novembre 2016 01:06