L’Evangile des Damnés, chapitre 1 : Le cinquième maître de sang

Titre VF : L’Evangile des Damnés, chapitre 1 : Le cinquième maître de sang

Auteur : Alick (France)

Publié chez Rebelle Editions
Date de publication : 20 décembre 2011

Sites Web à consulter : Editions Rebelle, site de Alick

Genre : Fantastique

Pages : 354

Prix :18,50 €

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Note
:  

 


Quatrième de couverture.

Trois ans après le décès de sa mère des suites d’un cancer, c’est au tour de son père de disparaître dans des conditions étranges.

Ange touche vraiment le fond lorsque sa fiancée le quitte de manière magistrale pour un autre. Sa tristesse attire alors à lui une inconnue d’une beauté sans égale. Après son accident, elle le suivra jusque dans sa chambre d’hôpital où, plongé dans un coma mortel, elle lui redonnera la vie par son sang. Investi de son nouveau pouvoir, Ange apprendra les règles des siens pour survivre. Mais un terrible danger le menace et il se retrouve impliqué dans un complot d’envergure planétaire, le Jehad. Amour, haine, trahison, luxe, sexe et volupté seront ainsi mêlés à un combat fratricide en plein cœur de Paris.

Mon avis. 

Ce roman vampirique m’intriguait depuis que Rebelle Editions annonçait sa sortie au sein de leur catalogue. Et je dois dire que pour être surprise, je le suis, et à bien des égards ! Même si ce premier tome n’emporte pas mon enthousiasme à son maximum, j’ai néanmoins envie de poursuivre cette saga pour voir où son auteur a décidé de m’emmener…

Ange est un jeune homme assez banal. Son quotidien, c’est métro-boulot-dodo avec sa petite copine, Jade. Mais voilà que Jade le quitte et que tout son petit monde s’écroule autour de lui, au point que la nuit de la Saint-Sylvestre, Ange est victime d’un terrible accident de la circulation.

Mais au lieu de mourir, il va se réveiller totalement indemne mais pas tout à fait le même. En effet, Ange est devenu un « Eveillé », plus spécifiquement un membre de la caste des Herrerrot, une sorte de vampire qui peut se déplacer durant la journée. Un tout nouveau monde s’ouvre donc devant Ange, celui-ci sera-t-il meilleur ? Rien n’est moins sûr…

Ce roman a été pour moi une véritable surprise de par son contenu. Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi riche mais en même temps d’aussi compliqué ! 

A. L’intrigue.

C’est l’élément fort de ce roman en ce qui me concerne.

J’ai trouve que la manière dont Alick abordait les choses était assez originale dans le sens où il prend les choses à l’envers ! Le premier chapitre reprend en effet la scène finale du roman, plongeant le lecteur dans la perplexité la plus totale. Puis, dès le chapitre 2, le schéma traditionnel reprend ses droits.

On regrettera cependant que les premières pages du roman soient vraiment ennuyeuses... Avant le premier chapitre (ou verset plus exactement, n’oublions pas que nous lisons des Evangiles ^^) et même le Prologue, on retrouve l’intégralité des Evangiles… Et OMG, je ne vous cacherai pas que ce fut une torture de commencer par ces textes. Alors même si la façon de les rédiger est juste pour le propos, pour débuter une histoire, il n’y a rien de plus assommant ! Pour tout dire, j’ai failli reposer le bouquin et en commencer un autre à la place.

L’intrigue est bien construite. On voit vraiment la maturité de l’auteur, la maîtrise totale de son sujet. Même si l’on est tout d’abord perdu, qu’on ignore vraiment où l’auteur veut nous emmener avec son histoire, plus on avance, plus ce mystère nous intrigue et plus on a envie de continuer cette plongée dans l’inconnu… 

Le seul petit problème, c’est que s’il est bien de plonger dans l’inconnu pour se laisser porter par le mystère de l’histoire, pouvoir remonter à la surface pour assembler les pièces du puzzle l’est tout aussi.

 Malheureusement, je dois bien avouer que parfois j’ai été complètement larguée par l’histoire, n’arrivant pas à assembler les bons morceaux au bon moment. Dès lors, il m’est arrivé de ne pas comprendre, de devoir retourner en arrière et comme c’est souvent le cas quand on en arrive là, j’ai par moments perdu le fil…

Surtout que cette incompréhension est renforcée par le fait que l’histoire est vraiment découpée sur les 3 tomes qui composent cette saga. C’est comme si vous regardiez un film en 3 parties avec l’éternel « à suivre«  lors de la fin de la première partie…  C’est vraiment frustrant  ! Dès lors, je me pose des tas de questions après la lecture du tome et je me suis étonnée de ne pas avoir eu les réponses, surtout pour certaines au vu de comment se termine ce premier tome… Mais fort heureusement, Alick a su me rassurer sur ce point en me disant qu’il fallait vraiment prendre les 3 livres comme un tout et de ne surtout pas m’inquiéter si je n’avais pas toutes les réponses que j’attendais en fin de lecture.

Il me faudra donc attendre de lire la suite pour connaître le fin mot de l’histoire :).

La mythologie développée par l’auteur sur les vampires ou plutôt les Eveillés est assez innovante, originale et très détaillée. Alick va très loin, maîtrise encore une fois son sujet à fond pour proposer quelque chose de complètement neuf.

Il n’est pas question uniquement de vampires mais de différentes sortes de créatures fantastiques qui sont à leur mort en temps qu’humain, Eveillés. Alick invente une toute nouvelle hiérarchie parmi les Eveillés, les répartissant en caste selon les caractéristiques qui les définissent. J’ai beaucoup aimé cette diversité et cette originalité.

 Les vampires de Alick sont peut-être physiquement irréprochables mais ce ne sont pas des oies pour autant. Le monde décrit par Alick est dur et sévère, répondant à des règles strictes et ceux qui ne s’y soumettent pas sont punis de mort.  

Par contre, j’ai trouvé que cette mythologie était expliquée de manière trop indigeste et que dès lors, il était difficile au lecteur de s’y familiariser rapidement. Il m’a fallu du temps pour comprendre exactement de quoi il en retournait… Heureusement, l’auteur revient de nombreuses fois sur certains détails et finalement on arrive à avoir une vision globale de cet univers, même si on garde toujours cette impression qu’il nous manque la compréhension de détails pourtant essentiels à l’univers.

B. Les personnages.

Alors que d’habitude, c’est le point qui fait mouche, je n’ai pas particulièrement accroché aux personnages, en particulier le personnage principal, Ange. 

Que du contraire, Ange représente tout ce que je déteste chez un homme. Je n’ai jamais eu envie de frapper quelqu’un autant que lui en lisant son histoire !

Ange est pourtant un gentil garçon, tout ce qui a de plus convenable et de propre sur lui ! MAIS… il est trop gentil. Et s’il y a bien un défaut que je ne pardonne pas à la gente masculine, c’est d’être trop gentil, trop lavette devant une femme qui le sait, en joue et dépasse les limites de l’acceptable. 

Ange et Jade vivent ensemble. Mais depuis quelques temps, suite au décès de sa mère et de la descente en enfer de son père, Ange décide de le recueillir temporairement dans leur petit nid d’amour… Rien que l’évocation de ce fait doit vous mettre la puce à l’oreille : une situation temporaire qui s’éternise et une demoiselle qui commence à en avoir assez que vivre à trois avec beau-papa ! Jusque là, je comprends Jade, je pense que j’aurais pété un câble également !

Mais, une fois que Jade va prendre la décision de partir, Ange va vouloir la récupérer – Quoi de plus normal, me direz-vous, puisque le jeune homme est amoureux comme un fou ? Je suis d’accord avec vous ! Mais attendez de lire le roman pour comprendre jusqu’au Jade va entraîner Ange, elle va repousser les limites du supportable, se jouer de lui, voire se foutre complètement de ses sentiments…  et lui il marche, il court… et il tient encore à arranger les choses avec elle alors que l’impardonnable lui a été présenté devant ses yeux ! Et ça, je ne peux pas l’accepter. Je sais que l’amour rend aveugle mais il y a des limites à ne pas dépasser, ne pas s’abaisser plus bas que sa dignité, accepter tout et n’importe quoi pour que l’autre revienne… Il faut savoir montrer qu’on est un homme, pousser une gueulante, claquer une porte, nom de Dieu ! Cette attitude de soumission m’a complètement dégoûtée du personnage car forcément, elle n’amène pas le respect.

Bien sûr, une fois éveillé, Ange reprend du poil de la bête et l’on sent en lui que quelque chose a changé, qu’il n’est plus prêt à se laisser faire et à accepter une vérité qui ne lui plaît pas sans agir. Cependant, pour moi, il était trop tard et peu importe le revirement du personnage, le fait que dans la dernière partie du livre, il décide de se battre et de devenir un vrai héro, c’était trop tard… et malgré les changements opérés dans sa manière de penser, je n’ai pas réussi à m’attacher à lui.

Concernant les autres personnages, j’évoquerai le meilleur ami de Ange, Yann, le seul personnage du récit qui m’a plu. Yann, c’est tout ce que j’aime ! C’est une grande gueule qui n’a pas peur de dire la vérité, même à ses amis, quitte à se fâcher avec eux. Yann, c’est la loyauté même dans l’amitié, le mec qui serait prêt à passer des heures à l’hôpital à votre chevet pour ne pas que vous vous sentiez seul, Yann c’est la tenacité du gars qui refuse de voir une amitié vieille de décennies se détruire à petit feu car il sent que quelque chose à changer chez son ami.

Les personnages sont bien fouillés, bien approfondis ainsi que leurs relations et l’évolution de celles-ci. La nouvelle relation qui naît entre Ange et une autre Eveillée, Elina, se construit cependant trop rapidement, les personnages tombant dans les bras l’un de l’autre assez vite mais au vu du contexte, cela ne m’a pas vraiment gênée. 

C. Le style de l’écriture.

Le style de l’écriture d’Alick demontre d’abord une énorme maîtrise de l’intrigue. Il n’y a pas de tâtonnement, d’à-peu-près, tout est pensé intelligemment.

On regrettera cependant que les explications fournies, notamment en ce qui concerne la mythologie assez complexe, soient brouillonnes et lâchées tout d’un bloc, les rendant dès lors assez indigestes pour le lecteur. 

Sinon, je n’ai pas vraiment de remarques à faire sur le style. Malgré les explications compliquées, les petits détours pris par l’auteur pour nous surprendre dans l’intrigue, j’ai trouvé que le tout était assez fluide et très agréable à lire. Les descriptions ne sont pas lourdes, elles apportent quelque chose dans la construction du récit, et ne sont pas justes là pour faire joli et épaissir le livre de quelques pages inutiles :).

J’ai juste une remarque à faire dans les notes de bas de page, un petit oubli qui m’a un peu énervée par rapport  à une référence au Manneken -Pis (mention en est faite page 154). Alick explique qu’il s’agit du nom d’une statue représentant un petit garçon en train d’uriner. On la retrouve généralement au-dessus des fontaines.

Alors, je m’offusque, je m’énerve, j’objecte votre Honneur ! IL N’Y A QU’UN SEUL MANNEKEN PIS AU MONDE ET IL EST BELGE ! Si vous trouvez des petits garçons qui font pipi au-dessus d’une fontaine ailleurs, ce sont des vulgaires copies de notre Manneken-Pis national ! Pour ceux qui veulent plus de renseignements, voici ce qu’en dit Wikipedia. Alors, je comprends que l’auteur n’ait pas envie de transformer son roman en encyclopérie (private joke avec Alick :)), mais voilà il faut rendre à César ce qui appartient à César et donc son Manneken-Pis à la Belgique (on insistera pas sur le fait qu’il est plus flamand que wallon, n’est-ce pas :D)
 
D. Conclusion.

Je n’ai peut-être pas été transportée au maximum avec ce premier tome mais il n’en reste que c’est un très bon roman, un très bon premier tome et que sa lecture me pousse à aller plus loin, à lire la suite assez rapidement ! L’auteur le dit lui-même, il faut juger l’oeuvre sur son ensemble et non pas sur l’une des trois pièces !

Ceci dit, ne pouvant décemment pas attendre d’avoir lu les trois tomes avant de donner mon avis (je préfère faire tome par tome qu’une seule chronique pour les trois… car imaginez que je ne lise les tomes 2 et 3 que d’ici un à deux mois… autant dire que je pourrais relire le premier en même temps !), j’espère vous avoir donné assez d’éléments pour vous donner envie de tenter l’aventure.

Attention, on ne s’y jette pas facilement, le voyage risque d’être mouvementé et parfois difficile, mais si au final, c’est le paradis qui nous attend, alors je suis prête à me lancer dans le tome 2 pour arriver à la délivrance du troisième tome. Mais attention, Alick, je te fais confiance pour ce voyage mais si tu me déçois dans la dernière étape de notre périple, je serai impitoyable ! A bon entendeur…  😎
 

Les points positifs :

  • Un tout nouvel univers assez original de part l’existence de plusieurs catégories d’Eveillés.
  • Une histoire complexe qui prend le temps de se construire, on sent la maturité de l’auteur derrière le texte.
  • Un style d’écriture assez accrocheur, descriptif certes mais les descriptions ne pèsent pas sur le texte, ne l’alourdissent pas.
  • Des scènes de sexe, certes peu présentes, mais dont on sent qu’elles sont racontées par un homme ! Le ton est plus cru, plus direct et ce n’est pas pour autant qu’on ne les apprécie pas 🙂

Les points négatifs :

  • Une mythologie assez complexe à comprendre.
  • La lecture des Évangiles en début de roman est assez ennuyante. Pour tout vous dire, cela m’ a tellement gonflé que j’ai failli reposer le livre avant même de lire le prologue !
  • Une histoire inachevée sur le tome 1 qui nous laisse des tas de questions alors que l’on s’attendait à ce que certaines réponses soient déjà divulguées dans ce premier tome.
  • Un personnage principal avec lequel je ne me suis pas du tout entendue. Ange est tout ce que je déteste chez un homme, en tout cas dans la première partie du roman.
  • Un style parfois trop brouillon dans les explications fournies… Ainsi, les explications de la mythologie ont été, pour moi, assez indigestes à assimiler.

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Commentaires

  1. Alors celui-là, c'est non ! Je ne peux pas lire le bouquin d'un auteur qui ne respecte pas notre Maneken-Pis national ! Il y des choses avec lesquelles on ne peux pas rire, une fois !!! 27 janvier 2012 20:03

  2. Il m’intéresse un peu, je suis perplexe , ça donne envie de le lire pour se faire un avis perso , histoire de voir ce que ça peut donner. Bon après les Évangiles.. très peu pour moi ! =) 29 janvier 2012 15:39

  3. j'ai gagné la trilogie dédicacé à un concours et j'ai lu le 1er tome la semaine dernière, je suis assez d'accord avec cette critique, un roman interessant vraiment travaillé qui nous fait nous poser plein de questions et nous donne envie de lire la suite mais en même temps très compliqué j'étais un peu pommée parfois surtout niveau des castes de vampires avec les origines et les différentes caractéristiques de chacunes @_@ (par contre j'ai aimé les scènes de sexe qui ne font pas dans la dentelle xD ça change) 4 mars 2012 18:25

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21 June 2018 21:41