Les Larmes Rouges, tome 1 : Réminiscences

Titre VF : Les Larmes Rouges, tome 1 : Réminiscences
Auteur : Georgia Caldera (FR)

Publié aux Editions du Chat Noir
Date de publication : 01 novembre 2011

Sites Web à consulter : Site des Editions du Chat Noir, Facebook du Chat Noir, Blog de Georgia Caldera, Facebook de l’auteur 

Genre : Fantastique
Pages : 564

Prix : 23,90 €
Commander le roman sur la boutique de l’éditeur en cliquant ICI et l’artbook ICI

Note

Quatrième de couverture.

« Le temps n’est rien… Il est des histoires qui traversent les siècles… »

Après une tentative désespérée pour en finir avec la vie, Cornélia, 19 ans, plus fragile que jamais, est assaillie de visions et de cauchemars de plus en plus prenants et angoissants. Elle se retrouve alors plongée dans un univers sombre et déroutant, où le songe se confond à s’y méprendre avec la réalité. Peu à peu, elle perd pied… Mais, la raison l’a-t-elle vraiment quittée ? Ces phénomènes étranges ne pourraient-ils pas avoir un lien quelconque avec l’arrivée de ce mystérieux personnage dans sa vie ? Cet homme qui, pourtant, prétend l’avoir sauvée, mais dont le comportement est si singulier qu’il en devient suspect… Et pourquoi diable ce regard, à l’éclat sans pareil, la terrorise-t-il autant qu’il la subjugue ?!

Mon avis. 

Cela doit faire un an que je m’intéresse de près aux Larmes Rouges de Georgia Caldera… depuis que j’ai vu le super trailer à la fois angoissant, mystérieux et fascinant qui nous a été présentés. Je me doutais bien que derrière les illustrations de l’auteur, il devait y avoir une histoire à vous remuer les tripes, à vous plonger dans un univers unique et vous donner ensuite la sensation de ne plus en ressortir.  Je ne me suis pas trompée, toutes mes espérances ont été comblées au delà du possible !

Cornélia a 19 ans. Pour elle, sa vie ne mène à rien,  personne ne soucie d’elle… alors, elle décide d’en finir et d’écouter cette voix dans sa tête lui disant que le monde se portera mieux sans elle.
Sa tentative de suicide échoue fort heureusement et Cornélia va vite se rendre compte que ses croyances étaient erronées et qu’elle compte au moins pour une personne, son père, qui va décider de l’emmener à Rougemont au manoir de ses parents pour sa convalescence. Reposée, la vie de Cornélia ne va cependant pas s’améliorer pour autant. Elle entend des voix dans sa tête et il se passe de drôles de choses tout autour d’elle. Cornélia a peur et étrangement elle ne peut se confier à l’étrange habitant du château du village que tout le monde déteste et dont tous se méfient. Avec Henri de Maltombes, le châtelain, Cornélia va plonger au coeur de son passé, à la découverte de souvenirs d’un monde qu’elle n’aura jamais pu imaginer réel…

Que vous dire sur ce livre ! Après l’avoir terminé depuis plusieurs jours, l’ambiance, l’intrigue, les personnages dansent encore dans mon esprit dans une ritournelle  moitié enchanteresse, moitié effrayante. La lecture des Larmes Rouges n’est pas un roman dont on sort indemne tellement l’auteur arrive par de simples mots à nous plonger dans un univers unique où se mélange un panel de sentiments et d’émotions

Pourtant, au début, cela ne semblait pas du tout engagé sur cette voie. Vous savez tous combien j’aime les lectures qui le font voyager sans trop s’éterniser en chemin sur des descriptions assez longues qui viennent ralentir mon rythme. Et justement, ma première impression en ouvrant le livre a été « Mon Dieu, toutes ces pages de texte sans trop de dialogues, je vais jamais y arriver !« .  Et de fait, cela m’a semblé très descriptif !
Mais, mais, mais… là encore je ne sais pas trop si c’est la magie de l’histoire, cette ambiance à la fois merveilleuse et assez sombre presque horrifique par moments ou bien le tout simplement le talent de Georgia mais subitement ces longues phrases descriptives se sont elles aussi mises à chanter devant mes yeux, à danser à un rythme auquel je me suis adaptée avec une facilité déconcertante. Du coup, sans plus aucune retenue et ayant levé ce petit a priori, je me suis laissée bercer par cette histoire qui m’a littéralement propulsée dans un univers parallèle dont j’aurais aimé ne jamais sortir !

L’histoire se laisse découvrir petit à petit, ne dévoilant que très doucement les ficelles avec lesquelless elle nous transporte dans son monde. Pour être honnête avec vous, durant les cent premières pages, j’ai eu très peur… L’auteur a réussi à travers des descriptions plus criantes de vérité les unes que les autres à me plonger dans mes angoisses d’antan quand j’étais une petite fille qui pensait que le croque-mitaine était caché en-dessus de son lit. J’ignorais tout de ce qui arrivait à Cornélia, de pourquoi il lui arrivait des choses aussi affreuses qui auraient sa place dans un conte d’Edgar Allan Poe.  L’héroïne ne comprend pas, de fait le lecteur non plus… et le tout vous plonge dans un état de paranoïa de fou qui me poussait à tourner les pages aussi vite qu’il m’était possible de le faire pour avoir le fin mot de l’histoire et appréhender le monde dans lequel vivait Cornélia dans sa globalité.

Je ne vous parlerai pas plus de l’histoire car je tiens à ce que comme moi, vous découvriez la vie de Cornélia petit à petit, que vous ressentiez cet état d’angoisse et d’excitation approchant chaque nouvelle découverte. Sachez juste que l’intrigue est parfaitement maîtrisée du début à la fin, que ce soit dans le présent mais également dans le passé puisque deux récits viennent se superposer l’un à l’autre nous permettant de nous immerger encore plus facilement dans cet univers aussi riche qu’unique. 


Si j’avais juste un bémol à soulever, c’est que certains bouleversements sont assez prévisibles, surtout sur la fin. Peut-être tout simplement qu’au fil de ma lecture, j’étais tellement dans l’univers que j’en connaissais ses personnages au point de deviner à l’avance la façon d’agir de certains d’entre eux.

Mis à part ce léger détail qui n’est pas à proprement parler un défaut, j’ai vraiment aimé la façon dont l’auteur a présenté l’histoire et l’a fait évoluer. C’était vraiment judicieux cette façon de faire monter le suspense et l’angoisse crescendo et de ne se dévoiler qu’au fur et à mesure que le lecteur entrait dans l’univers et faisait connaissance avec ses personnages. Personnellement, j’ai eu une relation assez intimiste avec ce livre, et je pense que la présentation de l’auteur y est pour quelque chose… car c’est comme quand on rencontre quelqu’un dans la vie, on ne se dévoile que peu au début pour le faire petit à petit lorsque la relation avec l’autre grandit et s’épanouit.

Côté personnages, je n’ai pas non plus été déçue, loin de là ! Georgia a été très loin avec ces derniers, les a éprouvés jusqu’au fond de leur âme, surtout Cornélia et de fait, il était très difficile de ne pas s’attacher à ce brin de femme si fragile mais qui fait preuve d’une force incroyable en même temps.

Cornélia est une jeune fille que l’on pourrait croire faible : après tout, la première image d’elle que nous avons est celle d’une fille suicidaire qui a décidé d’en finir avec la vie en se jetant d’un pont. Et pourtant, elle va se révéler tellement plus forte, là où plusieurs d’entre nous auraient simplement lâché les armes face à une menace aussi angoissante que pernicieuse.
Si je pouvais comparer Cornélia à une fleur, je la comparerai à une fleur fragile qui s’ouvre et s’épanouit au fur et à mesure que les ténèbres s’éloignent d’elle. 

Malgré sa peur, ses réticences, elle fonce tête baissée voir le châtelain alors que tout le monde lui dit de se méfier de lui, que cet homme pourrait être dangereux. Mais vu qu’il est sans doute le seul à pouvoir la comprendre, l’écouter sans la prendre pour une folle, elle y va, peu importe ce que l’on dit. Finalement, elle va se fier à son propre instinct en ce qui concerne Henri.

Bien sûr, comme tout le monde, Cornélia a des failles, des moments où on a l’impression qu’elle va tout lâcher, des moments où elle doute, où elle décide de changer de cap à 180° car les évènements qui surviennent dépassent ses limites de l’entendement. Mais à chaque fois, elle tente d’analyser la situation avec recul et ne se laisse finalement pas bouffer par ses peurs et ses angoisses.

C’est le genre de fille assez naïve dont on sent le coeur pur, le genre d’héroïne qui vous marque bien qu’elle ne dispose pas de supers pouvoirs mais qui vous touche par sa façon de penser, de voir le monde et cette capacité à aimer l’autre au-delà d’une peur primale qui freinerait voire bloquerait les plus costauds d’entre nous, ceux qui sont prêts à affirmer qu’ils pourraient survivre à toute situation sans être émotionnellement touchés.

En ce qui concerne le châtelain, Henri De Maltombes, j’ai mis plus de temps à apprécier le découvrir. Contrairement à Cornélia, je n’ai pas cette naïveté, cette candeur de pouvoir passer outre les jugements et a priori des gens. C’est nul, je sais, mais si on me dit clairement de ne pas fréquenter telle personne parce qu’elle est dangereuse, par nature je me méfie. Dès lors, il m’a fallu un certain temps avant de voir toute la richesse et la gentillesse du personnage d’Henri.

Il est très difficile de parler de ce personnage en ne vous dévoilant aucun détail mais sachez juste qu’il est finalement impossible de lui en vouloir, de lui tenir rigueur de ce qu’il est et de ce qu’il fait car on comprend très vite qu’il n’a pas le choix, que ce mode de vie lui a été imposé et que s’il veut survivre et protéger Cornélia comme il l’a promis, il doit rester au top de ses forces et capacités.
 
Ce qui m’a énormément plu, c’est la relation entre ces deux personnages principaux. Cette relation est tout simplement merveilleusement construite et amenée. Des personnages qui ne se connaissent pas mais qui cherchent à s’appréhender l’un l’autre petit à petit. Des vérités qui sont difficiles à digérer mais qui finalement n’ébranlent qu’en surface la force du lien qui les unit. J’ai aimé voir ces deux-là s’apprécier, se disputer pour mieux se réconcilier, se demander quelle était la nature de cette relation si étrange et fusionnelle qu’ils vivaient l’un et l’autre.

Mais ce que j’ai aimé, c’est voir qu’ils sont prêts à tout pour protéger l’autre. Dès le début du roman, le postulat est posé que c’est à Henri de protéger Cornélia de la menace qui plane au-dessus de sa tête. Mais on constatera dans le roman que ce postulat va dans les deux sens et que Cornélia n’y réfléchira pas à deux fois, se dépassant pour protéger Henri. Ils ont un besoin de l’autre qui en est presque effrayant. Cette relation m’a énormément touchée à chaque nouveau stade qui était franchi.

Il y a bien sûr d’autres personnages évoqués dans le roman et qui jouent un rôle tout aussi important mais je pense que les évoquer ici ne ferait qu’allonger cette chronique au point où peu d’entre vous continueront  à la lire jusqu’au bout.

Venez-en au style de l’écriture de l’auteur.  Comme je l’ai dit plus haut, le roman est très descriptif. Georgia Caldera prend le temps de planter chaque décor, elle ne laisse rien au hasard si bien que le lecteur se retrouve vite immergé, plongé dans un univers, une ambiance hors du commun. C’est tellement bien réfléchi, tellement bien pensé dans cette optique qu’une fois dedans, il est très difficile de se détacher des sensations, des sentiments à la fois magiques et effrayants que vous procurent l’univers qu’elle a créé pour vous.
Même en étant très descriptive, je me suis laissée porter par les mots, je les ai vus danser devant moi dans un rythme soutenu sans que cette densité ne me lasse ni ne me fasse perdre ma cadence habituelle. Que du contraire, une fois que j’ai pleinement eu le temps de savourer ma lecture, je me suis mise à tourner les pages à un rythme assez rapide, au point de lire la moitié du livre en une seule journée !

Georgia Caldera a décidé de narrer son histoire à la troisième personne, et non pas à la première en étant plongé dans la tête de Cornélia. Elle aurait pu le faire en « je » que pour moi cela aurait été la même chose vu que l’on reste toujours centré sur Cornélia. Cette narration à la troisième personne permet peut être d’avoir un regard plus objectif sur l’intrigue et d’être présent, voire invité dans les scènes qui se jouent devant nous, sans forcément voir la scène des yeux de l’héroïne.

L’écriture est tout en tout cas maîtrisée, magnifiquement poétique et très rythmée malgré la densité du texte sur une page ! Il faut reconnaître et saluer le talent de l’auteur qui au-delà de savoir faire vibrer le lecteur avec des mots, le fait également avec ses illustrations. Car il ne faut pas oublier que Georgia Caldera est aussi une illustratrice de grand talent, il me tarde de pouvoir jeter un oeil sur l’Artbook des Larmes Rouges qui sortira le 01 décembre prochain ! 

En conclusion, il n’y a finalement pas de mot assez fort pour vous dire à quel point j’ai aimé ce livre et surtout pour vous donner envie de vous immerger à votre tour dans cet univers si particulier.  J’ai l’impression de ne pas vous avoir dit le quart de ce que ce livre m’a inspiré pendant la lecture – et encore maintenant – mais en dire plus serait de trop et gâcherait certainement votre plaisir de le découvrir comme moi j’ai pu le faire.
Ce livre restera encore sans doute longtemps dans mon esprit avant que ne s’évanouissent les sensations et surtout cette ambiance qu’il a su faire naître en moi : il a réussi à me faire passer par toutes les couleurs, de l’angoisse profonde à la joie, l’excitation de voir deux êtres que tout sépare finir par se rapprocher de manière presque fusionnelle.
Il me tarde de lire la suite et de me replonger avec Cornélia et Henri de Maltombes dans ce monde atypique, cette fable fantastique qui n’a nul égal.


Georgia Caldera m’a séduite par son premier roman, nul doute qu’elle rejoint dès à présent le panthéon des auteurs qui l’auront le plus fait vibrer au cours de cette année 2011 !

Alors, résumons-nous : ACHETEZ-LE, LISEZ-LE et surtout FAITES LE CONNAÎTRE AUTOUR DE VOUS !!! Ce roman est une bombe qu’il serait injuste de garder pour soi :)


Ce que je retiens de ma lecture :

EN + : Absolument tout m’a enchanté ! L’univers fantastique, l’intrigue originale, la profondeur des personnages, l’évolution des relations entre Cornélia et Henri et l’écriture divinement poétique de Georgia + grand point bonus pour la splendide couverture !

EN – :  Eh bien disons que je suis un peu frustrée de savoir que la suite ne sortira que début 2013, soit après la fin du monde… donc en gros, il y a peu de chance que je sache le fin mot de l’histoire ! *kidding*

Fangtasia l’a lu aussi et l’a aimé (ça va de soi, voyons !), sa chronique ICI. Bientôt (y a intérêt, namého !) sur la fiche BBM du livre :

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Commentaires

  1. Ouah, quel avis ! Je le lirais à coup sûr ! 25 novembre 2011 12:17

  2. Je l'ai terminé hier et j'ai le même ressenti que toi. Je pense toujours à cette univers à la fois sombre et attachant ! 25 novembre 2011 13:31

  3. Salut ! je viens de m'inscrire sur livraddict et c'est comme çà que je suis arrivée jusqu'à chez toi. Tout d'abord, j'adore ton blog : Ton design et ta présentation sont superbes, j'adore les vidéos et tes chroniques sont très complètes et intéressantes à lire. Enfin, je voulais juste dire que je sens que je ne vais pas tarder à craquer pour acheter ce livre ! Je n'en lis que des avis plus que positifs ! Souvent, à noël, on me donne de l'argent et bien je sais ce que je vais m'offrir avec cette année ! A bientôt ;) 25 novembre 2011 14:18

  4. Waouh, quelle chronique ! Tu en parles avec tellement de coeur que je n'ai plus qu'une envie, l'ajouter tout de suite à ma PAL ^^ 25 novembre 2011 18:23

  5. TOUT EST DIT DANS CETTE LONGUE CHRONIQUE.... Une merveille !!!je le vois bien être tourné en film. Je recommande sans restrictions. 27 novembre 2011 16:18

  6. Je n'aime pas les livres trop descriptif.. Mais, Je ne peux pas passer à coté de celui-là, Je suis charmée par la cover, Par le titre, Par la quatrième de couverture et par ta chronique.. donc je ne pense pas non plus m'aventurer dans une fosse aux lions ^^ En tout cas, Je l'essayerai certainement. Chronique fort constructive et indicative, Merci ♥ 30 novembre 2011 14:19

  7. Ta chronique donne vraiment envie de lire ce livre qui me tente depuis pas mal de temps. J'en profite aussi pour dire que j'adore ton blog et que je le suis depuis quelque temps. Tes vidéos, j'adore encore plus. Je suis inscrite sur Livraddict mais j'ai du mal à suivre le forum. J'y passe de temps en temps. 12 décembre 2011 19:50

  8. Bonjour Jess, merci pour ta chronique qui m'a donné envie d'acheter ce livre. Je lis plutôt de la fantasy et de la SF mais des "classiques" (D. Eddings, F. Herbert) et ces derniers temps j'ai eu envie de découvrir autre chose. J'avoue que tes billets en vidéo m'ont bien aidée à faire des choix (même si je ne laisse pas forcément de commentaires). Je te souhaite de très bonnes fêtes de Noël ! 24 décembre 2011 14:47

  9. Je viens juste de l'achetter et je n'ai lue que quelque pasges mais là apres avoir lue ta chronique je vais avoir du mal a attendre jusqu'a ce soir pour continuer la lecture ... je sais pas is je vais beaucoup dormir cette nuit !!! 12 juin 2012 10:13

  10. J'ai trouvé l'univers gothique de l'histoire très intéressant ainsi que l'histoire, j'ai moins été emballée par les personnages. Cornelia m'a agacée avec ses sanglots incessants et Henri est trop froid et distant pour qu'il me plaise vraiment. Mais dans l'ensemble ce fut une bonne lecture. 31 janvier 2014 20:38

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18 août 2015 17:50