Rose-Aimée, tome 1 : La Belle qui porte malheur

Titre VF : Rose-Aimée, tome 1 : Le Belle qui portait malheur
Auteur : Béatrice Bottet (France)
Publié aux Éditions Nouvel Angle (Matagot)
Date de publication : 28 octobre 2010
Genre : Jeunesse, Historique
Pages : 468 (+ supplément de documentation)
Pourquoi ai-je lu ce livre ? Pour un service presse avec les Éditions Nouvel Angle (Matagot) que je remercie pour cette magnifique découverte ! (Site dédié à la saga)
Nombre d’étoiles :

Quatrième de couverture.
San Francisco, mai 1851.
Dans le saloon bruyant et enfumé bourré de chercheurs d’or, l’homme aux cheveux gris haussa la voix :
 – J’ai quelque chose d’important à te demander…
 Le jeune marin ouvrit bien grand ses oreilles. 
– Es-tu capable de retrouver quelque chose à Paris ? demanda Garancher, fébrile, en lui mettant une main sur le bras. Et quelqu’un ? 
– Ce que vous voulez, dit Martial Belleroche avec assurance. Et qui vous voulez. 
– Alors je compte sur toi. Mais surtout, surtout… il faudra te méfier, fit Garancher d’une voix grave et lugubre sans s’expliquer davantage. Il leva alors son verre et les deux hommes trinquèrent.

Paris, avril 1852.
Fifi -Bout-d’Ficelle sourit au public et s’inclina. Tous les spectateurs sentirent leur coeur fondre. Tous sauf un. Le piano et le violon jouèrent un prélude d’une grande intensité dramatique. Fifi salua gracieusement en tenant sa robe à deux mains. Quelques applaudissements éclatèrent encore, vite rembarrés par des « chuuut » impatients. Et Fifi chanta la complainte de la fille qui portait malheur…

Mon avis.
Parfois, j’ai l’impression que je suis vraiment « bon public » quand je fais mes petites chroniques, mes notes étant rarement mauvaises… c’est soit ça, soit j’ai la chance de pouvoir lire des livres vraiment bons…
Ce qui est définitivement le cas de ce premier tome de Rose-Aimée, la Belle qui portait malheur de Béatrice Bottet.
Pourtant, ce n’était pas gagné… on navigue ici dans un monde qui n’est pas trop celui dans lequel je baigne pour le moment : vampires, magie et compagnie!
Ici, on retrouve un contexte tout à fait réel, d’un autre temps puisque l’histoire se passe dans les années 1850, entre San Francisco et Paris, entre l’époque de la ruée ver l’or et celui d’une France post révolutionnaire.
L’histoire se passe majoritairement en France, dans le quartier de la Vilette, rue du Luxembourg, un quartier rempli de bouges où officient prostituées et danseuses pour le plaisir de ces messieurs. Parmi les danseuses, Rose-Aimée, une jeune fille de 20 ans qui gagne sa vie en dansant, mais uniquement en dansant. Ne lui demandez pas plus, au risque de vous prendre la malédiction en pleine figure… car le premier qui approche de ses jupons sera assuré d’une mort fulgurante dans les heures à venir !
Matias Belleroche, un marin revenu de San Francisco après y avoir fait fortune, est à la recherche de Fifi-les-Guibolles, la nièce d’Albert Garancher qui lui a demandé de lui rapporté le manuscrit qu’il a écrit, le travail de sa vie, manuscrit en possession de la danseuse des Trois Anges et contre qui il met Martial en garde : sa nièce est dangereuse.
En arrivant aux Trois Anges, le jeune marin tombe immédiatement amoureuse de Fifi, la danseuse qui porte malheur !
A priori assez simple, l’histoire transporte cependant très vite le lecteur dans ce passé révolu, avec des descriptions très complètes et détaillées qui mettent vite ce dernier dans l’ambiance du bouge des Trois Anges, du couvent où vit Rose-Aimée et dans ce Paris déluré.
Avec un arrière fond historique, Béatrice Bottet nous narre avant tout l’histoire d’une belle rencontre, entre deux personnes qu’a priori tout oppose, mais qui tombent néanmoins amoureux… Un amour que le destin va une fois encore séparer.
Ah, ces histoires d’amour contrariées qui ne se passent pas comme le lecteur souhaiterait qu’elles se passent, qu’est-ce qu’elles sont belles et celle-ci n’a rien à envier aux plus grandes, que du contraire.
Aidée par l’ambiance, par les descriptions précises de l’auteur (c’est étrange, là où certains blogueurs ont vu des longueurs inutiles, moi je n’ai nullement été dérangée… complètement immergée dans le monde de Rose-Aimée et de Martial), l’histoire d’amour entre Rose-Aimée et Martial augmente en intensité petit à petit… pour exploser en un final déchirant…
L’ambiance est particulièrement bien décrite. Les bas-fonds de la Villette, ses mauvais quartiers, la pègre… Bref, même aux Trois Anges, je me suis directement sentie au coeur du récit, plongée dans le passé de l’histoire de France. On notera d’ailleurs une excellente documentation de l’auteur qui nous fait vivre cette époque de manière si réelle qu’on s’y sentirait presque présent physiquement, comme si j’avais été dans un coin des Trois Anges à regarder Martial et Rose-Aimée danser ou encore en face des fantômes des vieilles bonnes soeurs au couvent dans lequel Rose-Aimée vit.
Autre point fort du roman : ses personnages ! Si vivants, si réels, tous autant qu’ils sont, je n’ai jamais eu l’impression de faire vivre dans mon imaginaire des personnages de manière aussi forte. Les bons, les méchants, chacun a une personnalité forte et extrêmement bien approfondie.
Rose-Aimée est l’héroïne, la fille qui porte malheur comme elle le plait à rappeler à tout bout de champ ! Au début, elle m’insupportait. Bien qu’ayant vécu des évènements tragiques ces dernières années, je la trouvais extrêmement froide et distante, se mettant vraiment à l’écart des autres, limite asociale. Elle a vraiment un sale caractère et sérieux, au début, je lui ai souhaité bien du courage au Martial pour la supporter !
Puis, petit à petit, Rose-Aimée s’ouvre un peu, telle une rose justement ! Elle devient moins insupportable et émet enfin l’idée qu’elle pourrait tomber amoureuse sans forcément que la malédiction frappe son amoureux, s’il ne cherche pas à lui faire du mal.
Martial, quant à lui, m’a inspiré de la sympathie dès le début. Sous des airs de baroudeur et de séducteur, se cache un coeur tendre, prêt à tout pour rendre la femme de ses rêves heureuse, au risque de renoncer à son autre amour, la mer. Il a cependant une fâcheuse tendance à attirer les ennuis sur lui et parfois à prendre des décisions urgentes assez bizarres (genre, prévenir Rose-Aimée qu’un danger la guette en lui collant un couteau sous la gorge, c’est pas vraiment rassurant comme approche, vous en conviendrez !)
La Fauvette, personnage fort en gueule de la saga, mauvaise jusqu’au bout des ongles et assez vulgaire, est néanmoins un personnage que j’ai beaucoup aimé. Je l’ai trouvé assez touchante dans la dernière partie du récit et j’ai hâte de la retrouver dans le second tome.
Les autres personnages du roman contribuent chacun à insuffler de la vie au récit : les Jousselin (qui m’ont rappelé à bien des égards les Thénardier de Victor Hugo), Ciragette, Jean, Madame Colombel,…
L’écriture de Béatrice Bottet est vraiment épatante dans ce récit. Non seulement le langage « parlé » des personnages s’ajustent parfaitement à celui de l’époque, ce qui donne encore cette impression de voir réellement les personnages prendre vie dans son imaginaire, alors que le langage « conté » est vraiment poétique et juste. Bien que longs en descriptions, j’avoue que cette fois, elles ne m’ont pas dérangées, bien du contraire. J’ai trouvé que les descriptions servaient le récit pour transporter le lecteur au coeur même de ce Paris des années 1850.
J’ajouterais enfin un spécial bonus pour les illustrations présentes à chaque chapitre, reprenant le motif du pendentif que Martial offre à Rose-Aimée et la qualité des illustrations reprises dans la petite partie documentation en fin de livre. Elles sont remarquablement bien dessinées.
En conclusion, ce premier tome est un véritable coup de coeur pour moi, et ce d’autant plus dans un genre où je ne l’attendais pas du tout !
Aussi bien l’arrière fond historique que les personnages m’ont séduit et m’ont fait apprécié cette belle rencontre d’amour digne des plus belles histoires.
À la fin du récit, je n’avais qu’une seule envie, c’était de me plonger directement dans le tome 2, mais voilà il va falloir attendre mai pour découvrir Le Marin perdu dans la brume. Avoir découvert Béatrice Bottet avec sa nouvelle saga me donne encore plus envie de me plonger dans le Grimoire au Rubis !
Ce que je retiens de ma lecture :
  • Le Plus ? Une histoire d’amour émouvante entre deux personnages inattendus dans un Paris des années 1850 révolu. Une très belle plongée dans un récit qui vous transportera facilement à une autre époque.
  • Le Moins ? Mai pour le tome 2 ? Pffffff
  • La Note ? 10/10
D’autres avis sur Livraddict : Archessia, karline05, paikanne, Lalou et d’autres à venir sur la page bibliomania du livre :

Commentaires

  1. Alors oui, tu dois lire Le grimoire au rubis! absolument!
    Vivement la suite de Rose Aimée!!! :D 16 janvier 2011 22:24

  2. il est dans ma Lal :) :) :) Ton avis me le fait mettre tout en haut ! 16 janvier 2011 22:54

  3. J'ai déjà repéré ce livre mais je ne l'ai pas encore acheté. Ton avis me donne très envie de l'acheter tout de suite!! Je reviendrai faire un tour ici quand je l'aurais acheté et lu! 17 janvier 2011 00:07

  4. beau moment de lecture pour moi aussi!!
    http://petitesmadeleines.hautetfort.com/archive/2010/12/17/rose-aimee-t-1-la-belle-qui-porte-malheur-par-beatrice-botte.html 17 janvier 2011 19:26

  5. A la base, je n'aurai pas vraiment regardé ce livre, mais je dois dire que je n'ai jamais été déçue après avoir lu des livres que tu avais aimé, je pense qu'il rejoindra très vite ma pal :) 17 janvier 2011 22:05

  6. Un beau roman que j'ai adoré découvrir! 18 janvier 2011 19:48

  7. un beau beau roman 13 novembre 2013 22:55

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24 January 2019 11:34