Une affaire très personnelle

Titre VF : Une affaire très personnelle

Titre VO : Dreaming of the bones
Auteur : Deborah Crombie (nationalité : anglaise)
Traduction par Jacqueline Lahana
Publié en VF la première fois par Albin Michel
Date de publication : 1997
Réédité par Le Livre de Poche en 2006 (réédition en 2007)
Pages : 444 (pour l’édition poche)
Lecture réalisée en partenariat avec le Livre de Poche que je remercie pour l’envoi du livre.
Quatrième de couverture.
L’université de Cambridge, vénérable institution au calme trompeur, est le théâtre d’une série de suicides énigmatiques et de morts accidentelles ou mystérieuses.
Parmi les professeurs et les conférenciers, il semble n’y avoir que des âmes troubles et des suspects.
L’inspecteur Duncan Kincaid, assisté de sa compagne, Gemma James, risque d’avoir fort à faire pour percer le secret de ce monde clos. D’autant qu’après douze ans de séparation, son ex-femme, Victoria McClellan, l’interroge sans cesse à propos de la biographie controversée d’une poétesse anticonformiste qui se serait supprimée en avalant des médicaments…
La vérité se cache une fois encore dans le passé, qui va resurgir peu à peu, de plus en plus angoissant.

Mon avis.
Petite pause dans le monde de la littérature jeunesse, je me suis plongée dans ce polar  pour un partenariat avec les Éditions Le Livre de Poche.
Malgré un planning lecture plutôt chargé bit-lit (mag oblige) et jeunesse, cette petite pause polar m’a fait du bien et m’a permis de renouer avec ce genre que j’avais beaucoup plébiscité cet été grâce au prix des lecteurs polar du LDP.
Avant tout de chose, je tiens à signaler que le résumé repris en quatrième de couverture n’est pas vraiment représentatif de l’histoire et passe selon moi à côté du sujet. On parle « d’une série de suicides » alors qu’il n’y en a que deux… qui ne sont pour ainsi dire pas lié à l’université de Cambridge. 
De plus, ces deux suicides interviennent à plus de 5 ans d’intervalle.
Bref, la quatrième de couverture annonce une histoire beaucoup plus sombre, plus noire que le récit ne l’est en réalité et n’évoque pour ainsi dire pas la part importante que la poésie prend dans le roman.
Parce que oui, la poésie prend une place importante dans le récit. Après tout, tout commence avec le suicide de Lydia Brooke,  cinq ans auparavant, poétesse de son état et admiratrice d’un autre poète, Rupert Brooke, de qui elle s’imaginait être apparentée plus jeune.
Tous les débuts de chapitre commencent avec un bout de poème de Rupert Brooke. Je n’y ai pas fait attention, je ne suis pas une poète dans l’âme et malheureusement mon esprit est totalement hermétique à cette forme de littérature à laquelle je ne comprends rien… ou plutôt à laquelle je n’ai pas envie de m’intéresser et donc de la comprendre.
Je suppose que tous ces bouts de poème devaient avoir un lien avec le chapitre en question… sûrement, sinon pourquoi les y avoir mis ? Cependant, comme je viens de vous le dire, mon esprit les a lus certes mais aussitôt la lecture terminée, ils étaient déjà tombés aux oubliettes de ma mémoire !
Premier point : L’histoire
J’ai trouvé la première partie du récit assez brouillon. On nous présente plein de personnages mais il n’est pas évident de faire les liens entre eux et voir ce qu’ils viennent faire dans le récit.
L’histoire commence à Vic qui écrit une biographie de la poétesse Lydia Brooke. Vic doute que Lydia se soit suicidée et fait appel à son ex-mari qui travaille à Scotland Yard pour qu’elle puisse – par son intermédiaire – obtenir des informations contenues dans le rapport de police.
Duncan va trouver que certains éléments de l’enquête ont été bâclés et que pas mal de questions restent sans réponses. Mais loin de sa juridiction, il ne va pas pousser les investigations plus loin et dira finalement à Vic de laisser tomber.
Malheureusement, un évènement dramatique va survenir et Duncan – aidé de sa compagne et collaboratrice au travail, Gemma, va finalement devoir enquêter sur le prétendu suicide de Lydia.
La deuxième partie est plus rythmée et on commence doucement à mettre de l’ordre dans les personnages, leurs liens, leurs affinités,…
Comme c’est un polar, je ne peux malheureusement pas en dire plus sans vous enlever les joies de la surprise !
Je peux cependant vous dire que j’ai, malheureusement, trouvé le récit un peu trop prévisible par moments, devinant bien à l’avance le déroulement de l’histoire. Le dénouement final, qui reste quand même le plus important, reste bien amené et difficile à découvrir tellement les pièces du puzzle ne se mettent en place qu’au dernier moment.
Le suspense reste cependant entier, les rebondissements sont également présents et des suspects en veux-tu en voilà qui feront de nombreuses fois tourner la tête du lecteur ! Un cocktail parfait pour un bon polar, en somme !

Deuxième point : Les personnages.
J’ai eu un petit coup de coeur pour les personnages, je l’avoue. Vic, Duncan, Gemma, Nathan et les autres forment un panel de personnalités différentes et très attachantes.
Kit, le fils de Vic, m’a vraiment touchée par la maturité qu’il affiche pour son jeune âge. 
Par contre, j’ai vraiment trouvé étrange la relation qui unit Duncan et Gemma. Le couple semble être ensemble depuis un moment déjà, se connaître physiquement… alors même si dans les relations de boulot, je peux comprendre le « vous » de rigueur, par contre quand ils sont dans le cadre privé ou seuls, le vous ne passe plus du tout : « Comment allez-vous, chérie ?« . 
De même, Lydia, pourtant décédée depuis 5 ans, reste une personnalité forte et est très présente à travers tout le récit, que ce soit par les témoignages de ces proches ou les lettres qu’elles a laissées.
Troisième point : L’écriture
Le style m’a assez plu, j’ai bien aimé retrouvé des lettres du passé de Lydia qui apportaient un éclaircissement sur sa personnalité dans l’enquête qui nous occupe. Les lettres se mélangent subtilement au récit pour lui donner une profondeur, comme un regard sur le passé, une fenêtre pour permettre au lecteur d’être proche de ce personnage pourtant disparu.
Le style est léger, parfait pour un polar, dispersant judicieusement les lettres de Lydia où là, le ton de la narration changeait vraiment. J’avais l’impression d’entendre Lydia me lire ses lettres dans ma tête !
Et malgré les quelques lignes de poésie en début de chapitre, la poésie ne prend finalement pas le dessus, ce que j’ai su apprécié ! Ceci dit, heureusement que Gemma était là, à la fin du roman, pour comprendre la prose de Lydia, sinon je crois que j’en serai toujours à me demander qui est l’assassin finalement !
En conclusion, ce roman était assez agréable dans l’ensemble. Cette petite pause polar était fort plaisante bien qu’elle soit arrivée à un moment où je voguais sur une vague jeunesse dans laquelle je me sentais plutôt bien. Le démarrage a donc été assez difficile mais je suis arrivée à bon port et le voyage était sympathique.
Ce que je retiens de ma lecture :
  • Le Plus ? Des personnages attachants et une intrigue assez sympathique où plusieurs personnalités s’avèrent être des coupables idéaux !
  • Le Moins ? Des références à la poésie qui me laissent totalement indifférente et un vouvoiement dans le couple Duncan/Gemma qui m’a vraiment dérangée durant toute ma lecture.
  • La Note ? 7.8/10

D’autres avis : Fée Bourbonnaise, bookemixer

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18 June 2019 17:14