Les Éveilleurs, tome 1 : Salicande

Titre : Les Éveilleurs, tome 1 : Salicande
 
Auteur : Pauline Alphen
 
Publié aux Editions Hachette Jeunesse
Première Édition : 2009
Seconde Édition : 2010 (avec nouvelle couverture dont visuel repris ci-contre)
 
Pages (1ère édition lue) : 516
 
Cette lecture a été faite en partenariat avec les Éditions Hachette Jeunesse que je remercie chaleureusement pour l’envoi du livre, et en particulier Cécile Benhamou qui m’a parlé de ce livre avec tant de passion lors de notre première rencontre en octobre dernier.
 
Synopsis.
 
Claris a 12 ans et vit avec son père, Eben, et son frère jumeau, Jad, dans une vallée reculée et protégée par des montagnes d’accès difficile.
Malgré la disparition précoce de leur mère et la mélancolie de leur père, malgré le handicap de son jumeau, Claris est une jeune fille enjouée, téméraire, qui rêve d’aventures. Des aventures comme celles qu’elle lit dans les livres de la tour interdite où s’est réfugié son père depuis la disparition de sa femme, des aventures comme celle que lui lisait sa mère, des aventures comme celles que son jumeau, handicapé, ne peut pas vivre. Mais Claris est persuadée que les aventures n’arrivent jamais aux filles. L’avenir va lui montrer qu’elle ne peut pas se tromper davantage…

 

Mon avis.
 
Quand Cécile Benhamou (attachée presse aux Editions Hachette Jeunesse) m’a parlé de ce livre lors de notre rencontre, elle y a mis tellement de passion que j’ai eu tout de suite envie de le découvrir.
Lorsqu’il m’a été gracieusement envoyé et qu’en plus, on me proposait une interview avec l’auteur au Salon du Livre de la Jeunesse de Montreuil, je ne l’ai pas laissé longtemps attendre sur ma PAL… et je ne le regrette pas !
 
Les Éveilleurs, on pourrait tellement en dire qu’il me faudrait sans doute des pages et des pages pour faire un compte rendu de ma lecture. Il faudrait également que je le relise une seconde fois pour comprendre toutes les subtilités du roman… car au-delà de l’histoire de Jad et de Claris, c’est à travers tout un cheminement sur le devenir de l’Humanité dans lequel l’auteur nous embarque.
Une chose est sûre, vous ne serez plus le/la même après cette lecture !
 
L’histoire tout d’abord.
Jad et Claris ont 12 lunées (selon le nouveau calendrier fixé par leur grand-père Jors) lorsque l’histoire débute, en 2259, 70 ans après qu’eut lieu la Grande Catastrophe.
Jad est un garçon au caractère plus calme que sa jumelle et plus solitaire, et ce en grande partie en raison de la faiblesse de son coeur qui l’empêche de faire toutes les activités d’un garçon de son âge. Dès lors, Claris est active pour deux (!) mais se plaint sans cesse que toutes les meilleures activités sont pour les garçons et pas pour les filles !
Ils ont perdu leur maman à l’âge de 3 ans, Sierra ayant mystérieusement disparu le soir du troisième anniversaire des jumeaux, disparition dont leur père, Eben, n’est toujours pas remis…
 
Voilà le début de l’histoire, assez confus, il faut bien le dire. On fait la connaissance d’une multitude de personnages, on pose les bases de l’univers et on remercie surtout l’auteur de nous avoir fourni un récapitulatif de tous les personnages et de leurs liens les uns avec les autres en début de roman et un historique chronologique en fin de roman… sinon, j’avoue qu’on serait complètement perdus ! Mais… se perdre, c’est bien aussi et évoluer dans le monde de Pauline Alphen, c’est une telle invitation au voyage, à la réflexion qu’il est difficile de lui dire non… même si il n’est pas aisé – surtout pour une miss qui a besoin de réponses comme moi ! – d’accepter d’évoluer dans un monde où on ne répond pas toujours à nos questions (merci d’ailleurs à Pauline d’avoir bien pris le temps de discuter de ce point avec moi à Montreuil !).
 
En fait, quand vous ouvrez ce livre, vous vous placez un peu dans la peau de Jad (ou de Claris, selon que vous êtes un garçon ou une fille) car eux aussi ignorent tout ce qui s’est passé avant la Grande Catastrophe, ces fameux Temps d’Avant (= temps actuels) où l’Humanité a tellement abusé de tout qu’elle a fini par faire ce que tous les prévisionnistes annoncent à plus ou moins moyen terme = bousiller la planète.
 
Petit à petit, au travers des chroniques de Bahir Borges, on comprend doucement ce qui s’est passé avant la Grande Catastrophe et tous les abus dont les humains se sont rendus coupables. Dans ce monde, certains humains possédaient même des pouvoirs parapsychiques, lesquels ont été interdits après la Grande Catastrophe par Jors, le fondateur de Salicande et grand-père de Claris et Jad (papa de Sierra, leur maman), ainsi que tous les appareils tels que les téléphones, les ordinateurs,…
On est vraiment revenus dans un monde de type médiéval où la communication entre peuples n’est plus chose si aisée.
 
À travers le récit des jumeaux et de la vie à Salicande, à travers ce récit où tout va à nouveau changer, à travers ce récit presque magique, Pauline Alphen amène le lecteur à réfléchir sur ses habitudes, sur ces choses à changer pour un futur meilleur.
 
À noter également que dans ce monde où toute communication est coupée, où les ordinateurs sont absents, ce sont les livres qui sont mis à l’honneur et pas n’importe lesquels : Harry Potter, les chroniques de Narnia, la croisée des mondes,…
Des références littéraires que j’ai été ravie de voir citées dans l’ouvrage ! Surtout que ce phare rempli de livres donne envie de s’y enfermer, vous ne trouvez pas ?
 
Et les personnages, ils sont intéressants ?
Sûrement l‘un des points les plus forts du livre ! S’il m’a été difficile de rentrer dans l’univers, j’ai néanmoins tout de suite adhérer aux personnages. D’ailleurs, je me suis vite sentie proche d’eux et j’ai hâte de les retrouver dans le second tome.
Que ce soient les jumeaux, avec leur caractère propre, Eben avec sa solitude et sa tristesse suite au départ de son épouse, Blaise, le vieux professeur aux dons insoupçonnés ou encore Chandra, la nourrice au grand coeur, ils ont tous quelque chose d’attachant en eux.
On pourrait encore citer la famille Borges qui me rappelle un peu le côté fort fusionnel de ma propre famille ou encore Sierra, la maman des jumeaux, qui malgré son absence, marque le roman de sa présence indéfectible et de son grand charisme.
 
Ce qui m’a le plus touchée, c’est la façon dont chacun des personnages gèrent la disparition de Sierra et fait son « deuil ». Pour Eben, c’est la solitude, le retranchement dans la bibliothèque du phare au point d’oublier qu’il a deux enfants à aimer, Jad, ce sont les rêves qui lui disent que sa maman est encore vivante quelque part et pour Claris, c’est un refus catégorique d’en parler, une carapace bien solide qu’il est difficile, voire impossible de percer,…
 
Des personnages en tout cas très intéressants que l’auteur a façonné de manière très intelligente et en profondeur qui ne laisseront pas les lecteurs indifférents.
 
Au niveau du style de l’écriture, rien à redire, j’adhère complètement au style de Pauline qui arrive, sans avoir un air paternaliste ou moralisateur, à faire passer des messages simples et qui font réfléchir le lecteur de tout âge. Elle parle des livres, des lecteurs de manière tellement vraie et belle que je ne peux m’empêcher de la citer :
 
Lire est un voyage.
On ne peut pas arriver avant d’être parti.
On ne peut pas partir sans avoir envie d’arriver.
Mais : être entre !
Là, réside le vrai délice : le parcours.
La lecture. (Les carnets de Sierra, page 225)
 
En conclusion, le premier tome des Éveilleurs est pour moi une belle découverte dont il me tarde de lire le second tome.
Ne vous arrêtez pas au côté un peu nébuleux du récit, laissez-vous simplement porter par cette histoire et si- comme moi – vous vous posez tant de questions auxquelles le roman ne répond pas, dites vous – comme Pauline me l’a fait remarquer – que dans la vie non plus, on n’a pas toujours toutes les réponses à nos questions !
 
Ce que je retiens de ma lecture :
 
  • Le plus ? Un récit captivant, une réflexion intéressante sur le devenir de l’Humanité, des relations et des personnages très bien approfondis.
  • Le Moins ? Des questions, des questions et encore des questions… Et oui, Pauline, à la fin du roman, je t’ai détestée !!!
  • La note ? 9/10
 
Je vous souhaite à tous un excellent voyage et une très belle découverte, vous ne le regretterez pas !
 
Retrouvez bientôt l’interview de Pauline Alphen sur mon blog !

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Commentaires

  1. voila le genre d'"histoire où j'adhère complétement même si c'est parfois un peu confus au départ, j'en ressort toujours ravi, je note 8 décembre 2010 09:14

  2. Haaaan ! Ca a l'air très très prometteur !! Je sens que je vais m'y plonger sans plus tarder ^^ héhé

    J'ai hâte également de lire les interviews que tu as eu la chance de faire :) 8 décembre 2010 10:35

  3. je l'ai acheté au salon dimanche ! 8 décembre 2010 13:29

  4. J'ai adoré ! Un de mes plus gros coups de coeur de cette année 2010!
    J'espère que tu liras vite le deuxième ! 8 décembre 2010 13:50

  5. Je suis tout a fait d'accord avec toi pour la fin ^^ 26 décembre 2010 21:50

  6. Bonjour, j'aimerais écrire quelque chose là dessus pour une amie, mais j'aimerais savoir qu'elle est l'handicap de Jad... Merci d'avance.. 7 janvier 2011 22:26

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