L’inconnu du Nord

Titre VF : L’inconnu du Nord

Auteur : Anna Jansson
Traduction : Carine Bruy

Première publication VF : 2009
Editions : Toucan Noir

Edition Lue : Le Livre de Poche
Première publication : 2010
Pages : 409
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Quatrième de couverture


L’île de Gotland passe pour l’un des plus beaux sites sauvages de Suède. Visby, son chef-lieu, est une cité calme où chacun se connaît et se respecte. Forêts, plages et collines y sont autant de refuges pour les hommes et les oiseaux. L’inspecteur Maria Wern y mène l’existence d’une femme d’aujourd’hui, entre deux enfants qu’elle adore et un ex-mari souvent absent. Jusqu’au jour où l’île bascule dans la terreur. En lisière de forêt, un campeur a été retrouvé égorgé tandis qu’à quelques kilomètres au sud se déclenche une épidémie de fièvre foudroyante. Les malades meurent les uns après les autres, au même rythme que les assassinats, qui se multiplient.
Mais tout cela est-il vraiment une coïncidence ? Aidée du seul médecin qui lutte encore, Maria Wern veut tenir bon et aller au bout de son enquête. À ses risques et périls…

Mon avis

La sélection du mois d’août pour le prix des lecteurs polar 2010 du Livre de Poche était un « cru » vraiment exceptionnel. Deux livres de choix, un vote final assez difficile, même si j’ai préféré la lecture de Seul contre tous de Jeffrey Archer.

L’inconnu du Nord a été une très belle découverte, et ce d’autant plus qu’elle me permet de confirmer la qualité des polars scandinaves.

Un mot sur l’histoire.
Dans ce roman, se mêlent deux histoires très différentes imbriquées l’une dans l’autre. La première concerne des meurtres (rien de bien original dans un polar, vous me direz) qui vont se retrouver étroitement liés à une autre affaire, celle de la propagation d’une souche de la grippe aviaire particulièrement vorace sur l’Ile de Gotland en Suède.
L’histoire est très bien ficelée, très bien documentée et permet de mieux comprendre la psychose qui s’empare de nos gouvernements lorsqu’une nouvelle souche de grippe aviaire fait son apparition quelque part sur Terre.
Il faut en effet savoir qu’il est extrêmement difficile de se prémunir contre la grippe aviaire dans la mesure où elle mute constamment d’une année à l’autre. Dès lors, même si nous pouvons accumuler des stocks de vaccin en prévision d’une prochaine « attaque », rien ne garantit que ledit vaccin sera efficace contre la nouvelle souche qui est apparue.
J’ai beaucoup aimé cette approche différente dans un roman polar où les meurtres passent en second plan…même si au fil des pages, on se rend compte que ceux-ci ont un rapport direct avec la maladie.

J’avoue qu’à la lecture des premières pages du roman, je n’étais pas très emballée et je m’attendais à une lecture ennuyeuse et lente. Après une cinquantaine de pages, ce sentiment était complètement balayé, j’étais complètement prise par ma lecture.

Le thème est très accrocheur, l’approche très ingénieuse et tout à fait possible dans la société dans laquelle nous vivons actuellement où la réussite et l’appât du gain sont plus forts que l’intérêt collectif.

Un mot sur les personnages.
Deux ont attiré mon attention : le Docteur, Jonatan Eriksson et l’inspecteur de police, Maria Wern.
Le premier par sa détermination à sauver les malades malgré la haute possibilité de contagion, sa force de caractère qui lui permet de faire abstraction de ses problèmes familiaux pour se concentrer sur son travail.
Je retrouve la même détermination chez Maria, le même sens du devoir alors que son fils est en quarantaine dans une école où des cas de grippe sont avérés.
Partis sur des mauvaises bases, le duo va néanmoins trouver une façon de travailler ensemble et de s’apprécier. La dynamique entre les deux personnages est très intéressante et offre un petit moment de douceur dans ce roman « catastrophe ».

Un mot sur l’écriture.
Le petit bémol par rapport à ce livre. J’ignore si cette découpe était présente dans le roman original ou si c’est un choix délibéré lors de la traduction française, mais j’ai détesté que les dialogues soient ainsi intégrés au texte, seulement mentionnés par des « …. » et pas de retour à la ligne.
Le tout offre un paquet compact qui peut décourager certains. Personnellement, j’aime bien que le texte soit bien aéré et les dialogues mis en avant, car ce sont ceux-ci qui donnent généralement  » de la vie » au récit.
A part ça, l’écriture est simple et entraînante. On ne s’ennuie pas avec des descriptions très longues ou inutiles. Tout est justement dosé pour nous offrir un agréable moment de lecture. Les chapitres font une dizaine de pages maximum, ce qui permet au lecteur de pouvoir reposer son livre à tout moment de la journée et de le reprendre aussi vite, selon l’envie.

J’émets également un bémol concernant le choix du titre VF du livre. L’inconnu du Nord ne reflète pas, selon moi, ce qui est véritablement en jeu dans le récit. Oui, il y a bel et bien un inconnu débarqué dont ne sait où au début du roman mais sa place reste néanmoins marginale par rapport à l’intrigue principale.

Le mot de la fin.
J’aurais préféré que ce livre figure dans la sélection du mois de juillet que celle du mois d’août. Les deux derniers livres ayant tous les deux remportés mes faveurs, le choix final a été difficile, même si c’est en définitive le roman de Archer que j’ai préféré.
Néanmoins, rendons à César ce qui est à César, L’inconnu du Nord scellera définitivement le sort des polars scandinaves dans mes préférés !
Une histoire émouvante, stressante et intéressante qui s’intègre parfaitement dans la psychose connue il y a quelques mois avec l’arrivée de la grippe aviaire.
  • Le plus : La relation entre les deux personnages principaux qui ajoutent une note de douceur dans un roman qui se veut dur par le sujet qu’il traite + l’intelligence avec laquelle l’auteure arrive à parler de ce sujet délicat dans un polar.
  • le moins : l’intégration des dialogues dans le texte, manque d’espace.
  • La note : 8.75/10

Commentaires

  1. pourquoi ne pas se laisser tenter devant un si bel avis ? :) 31 août 2010 16:08

  2. Une critique bien écrite, et qui a l'avantage de nous faire connaître les + et les - de ce roman... Perso je n'aime pas trop les histoires un tantinet 'héroïques', d'ailleurs en règle générale je n'accroche pas à cette idée de 'personnage principal' auquel il arrive toutes sortes d'aventures...
    A bientôt ^^
    Jennifer 31 août 2010 18:54

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