Seul contre tous

Titre VF : Seul contre tous

Titre VO : A prisoner of birth
Auteur : Jeffrey Archer
Traduction : Marianne Thirioux

Première publication VF : 2009
Editions : First

Edition lue : Le Livre de Poche
Publication : 2010
Pages : 638

_________________________________

Quatrième de couverture.

Il suffit parfois de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment pour voir basculer le cours de sa vie… Si Danny Cartwright avait demandé Beth Wilson en mariage un jour plus tôt, ou un jour plus tard, il n’aurait jamais été accusé du meurtre de son meilleur ami. Mais quand les quatre témoins de l’accusation sont un avocat, un acteur à succès, un aristocrate et le plus jeune associé d’une prestigieuse agence immobilière, qui pourrait bien croire à la version des faits d’un garagiste de l’East End?
Danny est donc condamné à vingt-deux années d’emprisonnement dans le quartier de haute sécurité de la prison de Belmarsh, duquel personne ne s’est jamais échappé. Seulement, ses adversaires ont sous-estimé le désir de revanche du jeune homme et la farouche détermination de sa fiancée à faire entendre justice…

Mon avis.

Dernier livre lu dans le cadre du Prix du jury polar 2010 du Livre de Poche, je finis sur un coup de coeur (je tiens à préciser qu’il me reste le second livre du mois d’août à chroniquer, mais je préfèrais commencer par mon préféré !) !

Un mot sur l’histoire.
L’histoire est vraiment prenante du début à la fin. Aucun moment de répis dans ce roman, vous êtes hapé par les évènements dès que vous entrez dans la vie de Danny Cartwright et sa pauvre descente aux enfers totalement imméritée.
Danny se fait accuser à tort du meurtre de son meilleur ami, Bernie, qui est aussi le frère de beth, sa fiancée, qu’il vient juste de demander en mariage. En face de lui, un éminent avocat, Spencer Craig, un acteur adulé par des millions de fans, Lawrence Davenport, un agent immobilier qui a la cote, Gerald Payne et un aristocrate drogué, Toby Mortimer, tous les quatre ligués pour envoyer Danny en prison à la place du véritable meurtrier de Bernie, Spencer Craig.

Le récit est divisé en plusieurs parties, toutes très riches et très intéressantes, chacune apportant sa dose de suspense et d’action. Les différentes parties sont très bien équilibrées et rendent le récit cohérent et logique d’un bout à l’autre. Je ne saurai dire quelle partie j’ai préférée tellement elles étaient complémentaires l’une à l’autre. Une fois embarqué dans le récit, il est de toute façon difficile d’en lever le nez.
L’auteur nous emporte dans les démêlés d’une grosse bavure judiciaire et de la vengeance calculée de Danny, de son stratagème pour sortir de prison afin de prouver au monde entier son innocence et rendre justice à son meilleur ami en traduisant en justice son véritable assassin.

Au-delà du caractère fictif du récit, le roman critique de manière virulente le regard d’une justice donnant trop de pouvoir à un jury composé d’hommes et de femmes, avec leur préjugés, leurs conceptions toute faites de la vérité. Forcément, un avocat riche et son groupe d’amis auront plus de poids face à un jury qu’un petit mécano analphabète qui est, de plus, le coupable idéal, vu que dépeint de cette manière par la police trop vite satisfaite de son boulot, se limitant à un travail de recherche minime et ne poussant pas plus loin les investigations qu’à une apparence trompeuse.
Le roman montre encore de manière criante une société où l’argent est encore le moteur maître de tout, que ce soit pour envoyer un honnête homme en prison ou au contraire, faire enfin éclater la vérité au grand jour !
L’argent, toujours l’argent, dans une société de plus en plus consumériste, où finalement tout s’achète et se vend, sauf peut-être (et seulement pour certains) des valeurs comme l’honnêteté et la loyauté.

Un mot sur les personnages.
Sans doute, un des aspects préférés du roman. Les personnages y sont vraiment bien développés, chacun avec une complexité calculée, une personnalité forte et un charisme redoutable.
Mon préféré ? Danny Cartwright, bien évidemment ! Malgré le destin qui s’acharne contre lui, Danny garde la tête haute et sa dignité, préférant plaider innocent jusqu’au bout (même si les preuves et témoignages l’accablent lors du procès) plutôt que de plaider directement coupable et bénéficier d’une réduction importante au niveau de la peine. Un homme qui a ses principes, ses convictions et qui les tiendra jusqu’au bout.

À côté de lui, deux personnages hauts en couleur, ses amis co-détenus, Nick et Big Al. Tous deux convaincus de l’innocence de Danny, ils feront tout pour aider leur ami, allant jusqu’à se mettre en danger, voire risquer leur liberté conditionnelle pour que Danny puisse prouver qu’il fait l’objet d’une grave erreur judiciaire.

J’ai beaucoup aimé les deux avocats qui aident Danny : Maître Redmayne et Maître Munro. Le premier pour sa détermination à aider Danny à s’en sortir car il est convaincu de son innocence et le second pour sa sagesse et sa bienveillance. De plus, en tant que juriste, il faut reconnaître que lire les joutes verbales des avocats de la défense et l’accusation durant le procès étaient digne des meilleures séries tv, je me suis vraiment sentie présente dans la salle d’audience.

Et les méchants dans tout ça ? Ils ne sont pas oubliés, loin de là ! Non seulement, l’auteur nous dépeint la vie de Danny dans son enfer, mais ils nous donnent régulièrement des nouvelles des autres crapules à l’origine de son emprisonnement. L’auteur les confronte entre eux, place Spencer, l’avocat, en leader naturel et crapule notoire, et les place même en situation avec Danny sans qu’ils s’en rendent compte ! Du grand art !

Un mot sur l’écriture.
Un livre découpé en plusieurs parties pour retenir l’attention du lecteur à tout moment. Des chapitres courts, rendant la lecture rapide et dynamique ! Sur le plan du style, rien à redire, j’ai vraiment apprécié. Je ne cacherai pas que mes moments préférés se sont passés dans la salle d’audience où les dialogues étaient limpides, fluides et parfaitement harmonisés au lieu où se déroulait la scène.
J’ai découvert Jeffrey Archer avec ce livre, je ne risque pas de le lâcher de si tôt, je suis déjà fan !

Un mot de conclusion.
Un coup de coeur, que dire de plus ! J’ai été bluffée par la qualité de l’écriture et de l’histoire. Un sacré pavé de 600 pages qui se lit pourtant quasiment d’une traite. Un livre haletant, passionnant qui, j’espère, aura une place de choix dans la sélection finale du prix polar du Livre de Poche. Déjà élu meilleur livre du mois, j’espère de tout coeur qu’il sera classé dans le top 3 !
Je vous invite d’ores et déjà à le découvrir et à en savourer chaque page !
  • Le plus : l’évolution des personnages, et en particulier celle de Danny. Un homme droit, fier et juste qui ira jusqu’au bout pour prouver son innocence. Une belle leçon de courage !
  • Le moins : Je cherche encore !
  • Une petite note ? 9.5/10

Je remercie encore le Livre de Poche de m’avoir permis toutes ces belles découvertes dans le cadre du prix des lecteurs polar 2010.

Commentaires

  1. J'ai lu en diagonale ton billet, car j'ai ce livre qui m'attend dans ma PAL ^^
    En tout cas, j'espère qu'il me plaira autant qu'à toi ! 30 août 2010 23:01

Laissez un commentaire

10 décembre 2014 02:54