Le Parlement des Fées, tome 2 : L’art de la mémoire

Me revoici plongée dans le second tome du Parlement des Fées, intitulé L’art de la Mémoire, de John Crowley. Sans plus attendre, mes impressions quand à ce second volet !

Quatrième de couverture.

Smoky a vieilli mais l’étrange maison d’Edgewood n’a pas changé. Son fils Auberon a choisi d’aller rejoindre sa belle dans la Cité froide et moderne. De curieux évènements troublent le pays des fées : une disparition mystérieuse, l’apparition d’un planétarium résolument immobile, le réveil d’une majesté déchue à la barbe rouge. Il va falloir se réunir pour éviter le pire…

Mon avis.

La première chose qui me vient à l’esprit, c’est de vous citer un passage du livre qui exprime à la perfection mon ressenti :

« Et si aucun d’entre nous ne savait de quoi il en retourne ? » (page 235)

Dès le début de ma lecture de ce tome 2, les travers reprochés au premier tome sont réapparus : toujours autant de mystère, de vagabondage d’un personnage à l’autre… et je ne voyais toujours pas l’auteur voulait m’emmener.
Pourtant, ce n’est faute d’essayer d’y voir clair dans toutes ces histoires. Et si la famille Drinkwater n’était déjà pas suffisante à elle-seule au point de vue mystère, une nouvelle intrigue apparaît dans ce second tome concernant Ariel Hawksquill, la magicienne, chargé pour le compte du « Club des Chasseurs et Pêcheurs du Pont Bruyant » d’effectuer une enquête sur un certain Russel Eigenblick, un Orateur, qui serait en fait l’Empereur Frédéric Barberousse qui se serait réveillé pour secourir son peuple et annoncer que c’est la guerre !

Vous suivez toujours ? Non ! Ça tombe bien, moi non plus !

Cependant, les bonds dans le temps sont moins fréquents dans ce second tome et au niveau de la famille Drinkwater, on se stabilise au niveau d’un seul personnage dont on suit l’évolution : Auberon, le fils de Smoky et Daily Alice.

Au fur et à mesure de ma lecture, j’ai trouvé que celle-ci devenait plus fluide et que j’avais de moins en moins de retour en arrière à faire.
Bien sûr, certains passages demeurent très complexes à lire et cette histoire de guerre entre l’Empereur et les Fées, je n’ai pas tout saisi, le but, le sens, le pourquoi…

MAIS une bouffée d’air frais dans ce second tome : je retrouve des passages d’une grande tendresse dans le relationnel entre certains personnages. Ainsi les retrouvailles père/fils entre Smoky et Auberon sont très touchantes, de même j’ai beaucoup aimé le moment où Sophie retrouve Lilas.
On en voit même à s’attacher à ces personnages atypiques et à les apprécier à leur valeur, même si un grand mystère les entoure toujours.
Ces petits passages étaient plus rares dans le premier tome. J’avais bien aimé le coup de foudre Smoky/Daily Alice et la relation entre Alice et sa soeur. Mais, ça s’arrêtait là.

Par contre, je n’ai pas du tout aimé le dernier tiers du livre. Le moment de la préparation du départ de tout le monde, pour cette rencontre, pour ce parlement des Fées.
Tout d’abord, j’ai trouvé que c’était long et ennuyeux. Tous ces gens qui partent dans la forêt, qui se perdent, qui se transforment en oie ou en arbre… tout ça rendait la lecture compliquée (à nouveau!)
Ensuite, apparemment, l’auteur et moi n’avons visiblement pas la même conception de ce qu’est un « parlement » ! Pour moi, il s’agit d’une assemblée où sont prises des décisions (chez nous, des « lois »). Or dans le livre, il n’est point question d’assemblée où on discuterait de comment finir cette guerre, vu que lorsque le rassemblement a lieu, il s’agit d’un banquet (ou veillée funèbre) et la guerre est déjà finie !
De plus, à un parlement de fées, on s’attend à trouver quoi, sinon des fées ? Eh bien, non ! Et là, ma déception fut grande. Je m’attendais à ce qu’elles apparaissent à un moment ou un autre dans l’histoire et il n’y a rien… Quelle déception !
Et en ce qui concerne cette guerre ? Qui oppose-t-elle ? Qui sont les gentils ? Qui sont les méchants ? Et surtout, comment finit-elle finalement ?
Autant de questions qui restent en suspens que ce Barberousse et son rôle dans le récit !

Bref, beaucoup de questions sans réponses et une histoire que je pense avoir à moitié compris (serais-je passée à côté de quelque chose ?) !
Ceci dit, il convient de reconnaître un certain talent de conteur à l’auteur tout au long du récit et ce encore plus encore vers les toutes dernières pages où la magie des mots opèrent d’elle-même.

En conclusion, je suis plus que mitigée par cette lecture : sans être totalement déçue, je suis loin d’être enthousiasmée également. Trop de mystères, un récit trop déchiré par les multiples bonds dans le temps et l’absence de fées pourtant attendues vu le titre du roman en VF (encore une erreur des traducteurs ?!? vu que le titre VO du livre est Little big !)
J’espère pouvoir le relire d’ici quelques années afin de voir si le récit me semblera toujours aussi nébuleux (après tout, une seconde lecture peut s’avérer plus fructueuse que la première !) .
En tout cas, au vu des avis des autres bloggeurs ayant lu le livre, c’est clair que Le Parlement des Fées de John Crowley est loin de nous laisser indifférents !

Lien bibliomania du Parlement des Fées, tome 1 et tome 2.

Je remercie les Éditions Points d’avoir si gentimment envoyé le tome 2 en même temps que le tome 1 (dans le cadre d’un partenariat avec Livraddict)

Note finale : 6.2/10 (Personnales/relationnel : 6.8/10 ; Histoire : 5/10 et Écriture : 6.9/10)

Le Parlement des Fées, tome 2 : l’art de la mémoire de John Crowley (VO : Little Big)
Éditions Points, novembre 2009
447 pages

Commentaires

  1. Ca a l'air vraiment compliqué ! 13 décembre 2009 12:49

  2. En effet, il faut suivre ! Bon, je passe mon tour, vu le pavé... 13 décembre 2009 13:04

  3. Voilà une belle chronique Jess. 13 décembre 2009 14:06

  4. Bon, vu les critiques sur le premier tome et ton avis sur ce 2ème tome, je ne retiens pas ce livre. Dommage : j'aimais beaucoup la couverture ! ;) 14 décembre 2009 07:12

  5. Je ne vais pas être originale mais je vais passer également. Déjà ton avis sur le tome 1 m'avait un peu refroidie mais là c'est définitif. Je passe ! 14 décembre 2009 14:18

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