Une vie de Pintade à Paris

« Mais que diable, les Parisiennes ne devraient pas capituler à la mièvrerie. Allez, grandes pintades, descendez de vos petits vélos, et montez sur vos grands chevaux, allez faire la tournée des grands ducs, sortez le grand jeu, et surtout choississez d’entrer par la grande porte. Et tant pis pour la tendresse, bordel ! » (page 323).

Quatrième de couverture.

La réputation des Parisiennes n’est plus à faire. Partout dans le monde, on les dit élégantes, sophistiquées, gourmandes, séductrices nées, dépensant la moitié de leur salaire en lingerie.
Layla Demay et Laure Watrin explorent la basse-cour des bords de Seine et vous font découvrir les coulisses d’une capitale que vous croyez connaître.
De Belleville à Passy, du Marais du canal Saint-Martin, de Convention à la rue Lepic, qui sont-elles vraiment ? Bobos, frondeuses, débrouillardes, héritières des vieilles familles, provinciales « montées » sur Paris, immigrées, comment vivent-elles dans une ville qu’elles seules ont le droit de dénigrer ?
Cet ouvrage est à la fois une étude de moeurs, une série de portraits piquants, et un guide pratique pour survivre dans une ville où on n’a pas forcément tous les codes, même quand on y habite !

Mon avis.

Je dois admettre que j’avais quelques a priori avant de commencer cet ouvrage en me demandant si le livre allait ou non me plaire, étant donné qu’il ne s’agit pas vraiment de mon « genre littéraire » préféré et qu’il ne s’agit pas vraiment d’un roman…

En effet, Une vie de Pintade à Paris correspond plus à un ensemble de petites anecdotes sur la vie des Parisiennes confrontées à certaines situations. Il s’agit vraiment d’un petit guide de survie dans la capitale française !

Bien que le bilan de cette lecture soit mitigé, j’avoue que j’ai apprécié la lecture par son côté frais (une écriture très dynamique, légère et souvent ironique) et drôle ! Entre deux lectures plus « costaudes », cette lecture a été très rafraîchissante et divertissante ! Je n’ai aucun regret, au final !

Cependant, le livre n’est pas exempt de défauts : même si plusieurs passages du livre sont très drôles et nous arrachent maintes fois un sourire, force est de constater qu’à certains moments, je me suis vraiment ennuyée, lisant en diagonale des passages que je trouvais longs et sans intérêt…
N’étant pas une Pintade ordinaire moi-même, frisant plus la Pintade geekette que la trendy Pintade, certains chapitres m’ont paru interminables, vantant sans relâche ces noms de créateur, de marques, ces endroits de fashionistas qui ont autant d’intérêt pour moi qu’une conserve de petits pois chez mon épicier !

J’ai trouvé également regrettable que les auteurs n’aient pas mis beaucoup plus des notes de bas de page à chaque fois qu’elles citaient des endroits, des marques,…. car à bien des moments, je me suis retrouvée perdue sous un lot de références qui demeuraient totalement inconnues, pour la campagnarde que je suis (il n’y a pas photo, entre Paris et ma petite ville de Dinant (Namur, Belgique), je vis en campagne !). Et comme je suis une Pintade flemmarde qui, quand elle lit refuse de bouger de son lit pour faire des recherches avec son ami google, beaucoup me sont passées à côté !

Ceci dit, les portraits des Parisiennes dressés à travers des situations de la vie quotidienne (la Pintade au boulot, la Pintade et ses enfants, la Pintade culturelle,…) étaient pour la plupart véridiques, bien construits et empreints d’un humour léger et raffiné !
Un livre écrit par deux Pintades pour des Pintades, il était normal que le bon goût soit de mise !
Cependant, force est de constater qu’il m’est apparu que ces portraits correspondaient à une majorité de Pintades, peu importe qu’elles soient parisiennes ou pas.

Prenons par exemple, Moi ! Pintade belge de mon état, arrivant presqu’à la trentaine, business woman active, sans enfants…
La plupart des descriptions (mis à part tout ce qui touche à la mode et aux petites poules sans cervelle (voir les maths de Pintade dans les extraits), vous l’aurez compris) me collent parfaitement à la peau :

Oui, je râle pour (presque tout) et (quasi) n’importe quoi… Parfois, il m’arrive même de râler sur moi-même parce que je n’arrête pas de râler justement ! Ne plus se supporter soi-même, c’est le comble de la Pintade, non ?
Et si la Parisienne se démarque en pensant qu’elle est au-dessus des autres Pintades car elle vit dans la plus belle ville du monde, ce qui lui donne ce droit immuable de râler sur tout, je lui répondrais que Paris n’est pas la Capitale de l’Europe, contrairement à Bruxelles, capitale de ma petite Belgique natale, petit pays certes mais ayant une position PLUS privilégiée, nananère ! Et toc, voilà la Pintade campagnarde qui clape son bec à sa voisine française !
Qui a dit que la Pintade belge, tout comme son homologue Parisienne, n’avait pas de la répartie et son propre franc parler !

Yes, I like to speak English in a conversation car ça fait classe… mais moi au moins, je sais ce que je dis, ce qui n’est visiblement pas le cas de la Parisienne qui confond sueur et sucrerie… (Pintade Belge 2 – Pintade parisienne 0)

Oui, comme la Pintade de Paris, je suis bourrée de paradoxe clamant haut et fort que je suis une adulte responsable… qui revendique en même temps son statut de femme enfant !

Oui, je me suis retrouvée dans cette citation (et dans bien d’autres) :

« Du coup, je prendrai des profiteroles au chocolat, j’ai fait dix longueurs ce matin, j’ai le droit de prendre un dessert ! La voilà, la vraie motivation des Parisiennes (comprendre : pour faire du sport) ! » (page 247)

Des exemples comme ceux-là tirés du live, je peux encore en citer quelques-uns, démontrant que le livre ne vise pas juste la Parisienne…
Les autres Pintades, européennes se retrouveront facilement dans ces portraits ! (sauf peut-être les Londoniennes qui ont aussi un livre qui leur est consacré… En même temps, elles vivent sur une île isolée, normal qu’elles ne soient pas comme nous !)

Ceci dit, malgré ces quelques défauts, il faut reconnaître que la lecture de ce livre est très plaisante et surtout très utile : d’un côté, il est agrémenté de petites anecdotes savoureuses et humoristiques à souhait, et de l’autre, il comporte un tas de bonnes adresses utiles pour votre prochaine visite dans la capitale française ! C’est vrai que certaines ne me seront d’aucune nécessité lors d’une visite touristique, mais les quelques adresses de bonnes librairies, c’est sûr qu’elles feront mon petit bonheur !
J’ajouterai également que si comme moi, vous sortez rarement de votre campagne, vous apprendrez – pour ne pas avoir l’air bête lors d’une prochaine sortie mondaine ou culturelle – ce qu’est le Vélib parisien ou encore les soldes de presse de chez Zadig & Voltaire. Comme quoi, on peut toujours apprendre en s’amusant !

Une lecture très fraîche et savoureuse que je recommande chaudement à toutes les Pintades de mon entourage et à toutes les autres, d’ailleurs !
Je noterai cette lecture d’un 7.75/10 pour son côté frais, agréable et sans prise de tête, divertissant et drôle ! J’ajouterai enfin que les illustrations de Margaux Mottin sont très agréables visuellement et assez comiques !

Il est probable que je renouvelle l’expérience Pintadine (mon côté pintade adore créer des nouveaux mots, ça fait très staïle) puisque la collection comprend les portraits de nos consoeurs de New-York, Londres, Téhéran et Beyrouth !
J’avoue qu’un voyage de l’autre côté de l’Atlantique me rejouit d’avance 😉 !

Je remercie les Éditions Le Livre de Poche de m’avoir permis de découvrir ce livre suite à un partenariat avec le site Livraddict.

Je ne peux m’empêcher de terminer cette chronique en citant mes pintaderies préférées :

« D’ailleurs, elle n’aime rien de plus que de parler cul avec ses copines. Et si les linguistes s’esbaudissent de découvrir que les Inuits ont douze mots différents pour dire neige, que diront-ils quand ils découvriront que la Pintade Parisienne en a vingt-deux pour dire phallus. Son langage est riche, elle a du vocabulaire ! » (pages 18 – 19)

Et n’en déplaise à Jacques All Good et à sa loi anti-english, la pintade from Paris adore to speak avec a few words of english par-ci par-là. Elle adore saupoudrer, sprinkle, son idiome de quelques mots de la langue de Shakespeare. Sauf que voilà, my dear dear pintades, il faut qu’on vous dise, c’est pas comme ça qu’on dit. (…)
La prochaine fois que vous irez faire du jogging dans le bois de Vincennes, vous enfilerez votre swêêêt-shirt, pas votre swiiiit-shirt. Sweat, comme de la sueur et pas sweet comme de la douceur. Le sweat-shirt est un maillot de transpiration, pas un maillot de sucrerie. » (pages 20 – 21)

« Il y a une conception mathématiquement archifausse, mais qui est aussi ancrée dans les esprits que le fait que Mère Teresa soit une sainte, qui consiste à croire que si on a acheté un article en soldes, on a fait des économies.
Théoème : J’achète une paire de chaussures à 100 €, soldée à 60 %. J’ai donc dépensé 40 €.
Je n’achète pas de paire de chaussures à 100 €, soldée à 60%. J’ai dépensé 0 €. J’ai donc économisé 40 €.
Théoème de Pintade : J’achète une paire de chaussures à 100 €, soldée à 60 %, j’ai donc économié 60 €, donc je prends une deuxième paire, pas dans la même pointure, qui me fait mal aux pieds et dans une couleur que je n’aime pas vraiment parce qu’une bonne affaire, ça ne se rate pas. (Si vous n’avez rien compris, c’est pas grave, ce sont des maths de Pintade) » (pages 63 – 64).

Les bloggeurs en parlent : Heclea, Diane, Caya, Flo_boss, Pikachu, Emeralda, Olya, Cocola

Une vie de Pintade à Paris de Layla Demay et Laure Watrin
Le Livre de Poche, octobre 2009
338 pages.

Commentaires

  1. Belle critique ma pintade belge préférée ! Et bruxelles, c'est p-e la capitale de l'Europe mais Paris, c'est la plus belle ville du "Monde" (oui, je suis un peu chauvin ^^). 7 novembre 2009 19:47

  2. Très bonne critique :)
    Bon moi je me précipiterai pas pour le lire car les pintaderies et moi ça fait quarante deux, mais s'il me tombe sous la main why not. 7 novembre 2009 21:11

  3. J'aime bien de temps en temps ce genre de livres qui m'amusent beaucoup au début mais qui finissent toujours par me lasser vers la fin! 7 novembre 2009 21:27

  4. Je me précipiterais pas non plus pour le lire car je sens que je m'ennuierais un peu plus que toi quand même. lol

    Sinon, pour Paris, ben je trouve que c'est comme Bruxelles, j'ai pas envie de visiter quand j'y suis. Si j'y vais pour quelque chose, j'y vais que pour ça. Na! Ya surement des plus beaux endroits que ces deux capitales dans leur pays. Hé oui, campagnarde power! :)

    Belle critique en tout cas ;) 7 novembre 2009 21:34

  5. @Mallou : dommage car tu as déjà le réflexe de la Pintade qui likes to add a few words of English dans la conversation :p

    @Mango : J'avoue que ce genre de lecture me fait le même effet. Il n'aurais pas fallu qu'il y ait 100 pages de plus ^^

    @Thalia : En général, si je vais à Paris (ou à Bruxelles), c'est pour aller dans les grands magasins qu'on ne trouve pas dans notre petite campagne ^^ 7 novembre 2009 23:46

  6. Superbe critique des pintades, je te rassure, en tant que Pintade parisienne, je n'ai pas non plus saisi toutes les références ! 8 novembre 2009 10:57

  7. J'avais commencé Les Pintades à New York mais je ne l'ai jamais fini à cause du style qui ne me plaisait pas. Peut-être parce que je ne suis pas une Pintade. Comme Thalia, campagnarde power ! 8 novembre 2009 11:48

  8. Héhé je vois que ce livre nous a fait le même effet !
    J'aime bien la confrontation Pintade Belge - Pintade Parisienne ^^ 9 novembre 2009 00:57

  9. Très sympa ton article et j'aime beaucoup les passages cités. Je note pour un prochain voyage à Paris ou New York ou... (heu, Téhéran je crois pas). Sais-tu si tous les albums sont illustrés par Margaux Mottin? 9 novembre 2009 15:32

  10. Vraiment bien fait ce commantaire, il n'y a pas de doutes ! Par contre, contrairement à toi je suis à peu près sûres de ne pas lire les autres Pintades. Les parisiennes m'ont suffit! Bon allez je retournes aux miennes de pintades ! 12 novembre 2009 22:53

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