Millenium 3 : La reine dans le palais des courants d’air

Voilà, je viens de terminer le troisième et dernier tome de la saga Millenium de Stieg Larsson.
C’était la dernière fois que je retrouvais Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander… Une constatation : ils me manquent déjà !

L’histoire.

Le tome 03 est la suite directe du tome 02. Ce dernier se termine sur un cliffhanger, c’est-à-dire une fin laissée en suspens.
Dans les grandes lignes, je dirai simplement que Lisbeth a toujours des ennuis, que le procureur Ekström l’a toujours dans sa ligne de mire et que se prépare l’un des plus grands procès de l’histoire de la Suède !

Mon avis. SPOILERS INSIDE !!!

Ce tome 03 est le plus abouti, le plus réussi des 3 et je l’ai dévoré !

Comme d’habitude, l’histoire est lente à démarrer. J’avoue que j’ai pensé que vu que le tome 02 se terminait sur une note peu joyeuse pour notre Lisbeth et que tous les protagonistes étaient connus, vu que Stieg Larsson nous avait inlassablement parlé de Dag Svesson, Zalachencko et tous les autres dans le tome 02, on avancerait plus vite dans le tome 03.
Vu que les évènements s’emballaient dans le tome 02, j’ai pensé qu’on garderait ce rythme en début de tome 03. Eh bien, c’est râté !
Le début du tome 03 est lent et long… Enfin, il faut encore nuancer ici. La toute première partie concernant l’état de Lisbeth (c’est dur à expliquer sans en dévoiler de trop) est encore assez rapide. Elle est emmenée à l’hôpital et les médecins font le nécessaire pour la sauver. Le rythme est assez rapide et on a tellement envie de savoir si elle va s’en sortir indemne qu’on dévore les pages sans se rendre compte.
C’est une fois qu’on sait que les choses ralentissent.
Ici, intervient alors la « Section » et ses protagonistes, entendez par là, les gens qui font partie de l’organisation archi secrète de la Sapö (tellement secrète que plus personne ne connaît leur existence, à peu de choses près), qui ont protégé Zalachencko au détriment de Lisbeth Salander qui s’est retrouvée internée par le Doc Teleborian – lequel l’a fait passée pour folle à lier – car elle était un témoin plus que gênant.
Toute cette histoire de Lisbeth qui donne un coup de hache à son père (Zalachencko, je le rappelle pour ceux qui auraient oublié) et ce dernier qui tente d’assassiner sa fille avec l’aide de son fils, Niedermann – Vous savez, le molosse blond qui ne ressent pas la douleur… En fait, c’est le demi frère de Lisbeth… Vous suivez toujours ? -, ça n’enchante pas du tout les gars de la Section qui ont peur que toute cette histoire leur retombe dessus, tel un effet boomerang.
Donc, dans toute la première partie, une fois l’apparition de la « Section », Stieg Larsson explique en détail comment elle a été constituée et le contexte de l’époque et relate l’histoire propre de ses protagonistes (Clinton, Gullberg et tous les autres). Cette partie est longue et il faut bien le dire, très ennuyeuse.

Par contre, les choses commencent à s’accélerer une fois que Super Blomkvist comprend tout doucement qu’on l’espionne quand il remarque qu’il est suivi, qu’on lui vole le fameux rapport de 1991 qui décide de l’internement de Lisbeth à Sankt Stefan et qu’on place tous les téléphones portables de ses collaborateurs et le sien sur écoute.
Mikael a un plan mais ce dernier ne nous est pas dévoilé dès le début. On comprend doucement les implications, les rôles de chacun et la stratégie de Mikael au fil de l’histoire.
D’autres personnages viennent s’ajouter, une branche spéciale de la Sapö, la Protection de la Constitution, est informée par le PDG de Milton Security, Dragan Armanskij, un ami du chef de cette section, Torsten Edklinth, de toute la conspiration qui existe au sein de la Sapö. Il charge Rosa Figuerola de vérifier les dires de Dragan en fouillant discrètement.
Ils se rendent vite compte de l’ampleur du problème et en informe secrètement les hautes autorités, dont le Premier Ministre.

Tout s’accélère et on a qu’une seule hâte, c’est de se retrouver au fameux procès de Lisbeth pour voir la vérité éclater au grand jour.
L’interrogatoire de Annika sur Teleborian est simplement sensationnel. La petite avocate que je suis en rêve encore !
Tout s’enchaîne, Annika ne laisse pas le temps à Teleborian de se retourner, elle lui pose questions sur questions et tente de le coincer à son propre piège, ce qu’elle fait intelligemment et immanquablement.

La fin du livre est juste parfaite. On pense que tout est fini après le procès mais non, Larsson nous garde encore des surprises et des rebondissements de dernière minute de telle sorte que jusqu’au bout on se demande si la vie de Lisbeth ne tient pas qu’à un fil !

Du grand art ! Un roman merveilleusement construit du début à la fin, des intrigues contrôlées et minutieusement documentées.
Stieg Larsson introduit même une toute nouvelle intrigue au milieu de la « grosse » qui nous occupe depuis près de 1000 pages (tomes 02 et 03 compris). Cette intrigue concerne Erika Berger et son nouveau poste à SMP. On pourrait penser que cette seconde intrigue arrive comme un cheveu au milieu de la soupe dans le roman. Je me suis moi-même demandée dès le départ l’intérêt de cette intrigue… On s’en fout que Berger a dû mal à s’adapter à son nouvel environnement professionnel ! Nous, on veut en savoir plus sur Lisbeth !
Au final, cette intrigue m’a plue également et elle apparaît comme un « petit bouton pause » que l’on appuie dans l’intrigue principal : ça nous permet d’assimiler tout ce que l’on vient d’apprendre concernant l’enquête et le procès futur de Lisbeth et de retrouver un personnage important dans un contexte totalement différent. Cette petite intrigue secondaire a également des ramifications avec la première, notamment par les liens qu’entretiennent Lisbeth et Erika via le Net ! Et de nouveau, c’est notre Lisbeth qui va aider Erika et lui apporter la solution à son problème sur un plateau d’argent !

Concernant le style de Larsson, ici encore rien à dire. J’ai aimé la découpe des chapitres, des parties, cette manière de changer d’interlocuteur au sein d’un même chapitre grâce à des petits paragraphes bien huilés. La lecture n’en est que plus vivante.
Un bémol cependant qui n’est, je pense, pas du tout de la faute de Larsson : la traduction française qui est parfois bancale, des coquilles traînent ça et là et les constructions de phrase sont parfois douteuses.

En conclusion, je vous recommande chaudement la lecture de cette saga qui monte crescendo en intensité et en qualité.
Je ne suis pas grande amatrice des polars mais là, je dois dire, que Larsson a su éveiller mon intérêt à plusieurs égards en construisant une intrigue solide, sérieuse et qui suit une logique implacable. On sent qu’il maîtrisait son sujet à fond. J’ai adoré toute la partie qui concerne le procès de Lisbeth, déformation professionnelle oblige. C’est ainsi que j’en ai appris un peu plus sur le système juridique suédois qui ne dispose pas, comme nous en Belgique, d’une cour constitutionnelle (= Cour d’Arbitrage belge) mais d’une personne au sein du Parquet (Procureur général de la Couronne ou justitie ombudsman), désignée par le Parlement pour veiller à ce que les fonctionnaires de l’Etat respectent la Loi dans l’exercice de leur fonctions (voir page 290).

Sans hésitation, j’attribue une note de 10/10 à ce roman !

Millenium 3 : la reine dans le palais des courants d’air de Stieg Larsson
Sorti en 2007 chez Actes Noirs (Actes Sud)
711 pages.

Commentaires

  1. Difficile de tourner la dernière page... Contrairement à mes habitudes de lecteur de Polar, une série que je relirais avec plaisir dans quelques années. Pour le plaisir de retrouver les personnages et cette ambiance si particulière. 21 juillet 2009 18:42

  2. Si tu spoiles je vais pas lire TT J'en suis seulement au premier :/ 22 juillet 2009 22:19

  3. Coucou Jess! J'ai enfin le temps de visiter ton blog et d'y laisser un commentaire!:)
    Pour ce qui est de la trilogie de "Millenium", je n'ai encore jamais vraiment pensé à la découvrir, mais un jour pourquoi pas? Surtout avec les films qui viennent de sortir! 23 juillet 2009 21:31

  4. Au contraire, moi j'ai trouvé que l'action dans ce roman commençait beaucoup plus vite que dans les autres tomes et de ce fait les 700 et quelques pages se lisent très rapidement. Un bon 3e et dernier livre. L'ambiance de ces récits et les personnages me manquent un peu aussi =) 4 janvier 2012 22:18

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7 août 2016 01:03