Un Paradis à demi-mesure !

Après avoir été absorbée par la saga « Fascination », je suis revenue vers mes premiers amours et mon auteur fétiche, B. Werber, pour lire son dernier bébé, « Paradis sur mesure ».
N’étant pas une grande fan de genre « nouvelles », j’appréhendais un peu…
Cependant, ayant déjà découvert « L’Arbre des Possibles » du même auteur et sachant que ses nouvelles peuvent à tout moment devenir d’épais romans bien fournis, j’ai récidivé !

Un monde peuplé uniquement de femmes, ça vous semble utopique ? Et un où les pollueurs seraient condamnés à mort et pendus sur la place publique, complètement fou, n’est-ce pas ?

Une fois de plus, Werber reprend un thème cher à son coeur et imagine les « futurs possibles » de l’humanité ainsi que des « passés probables ».
17 nouvelles à découvrir !

Alors verdict ? Ai-je aimé ou pas ?
Werber a-t-il réussi à me faire oublier le souvenir amer que « Le mystère des Dieux » m’avait laissé ?

Au final, le bilan est mitigé…
Voilà comment j’avais décidé de commencer cet article… alors que ma lecture n’était pas achevée ! En effet, déçue par certaines nouvelles, je me voyais déjà arborer l’étiquette de la « critique défaitiste et dure » qui ne pardonne rien à son auteur préféré !
Eh bien, je dois reconnaître mon erreur et admettre que malgré quelques nouvelles « râtées », mon cher Bernard, a réussi à nouveau à capter mon intérêt !
Le dernier Werber, bien que très loin d’atteindre les illustres « Thanatonautes » ou « Le père de nos pères », surprend le lecteur qui se retrouve à méditer sur ces « futurs possibles » de l’humanité mais également à réfléchir et critiquer son « soi présent » tellement l’analyse de la société actuelle dépeinte par l’auteur revêt subitement un caractère criant de vérité et ô combien dérangeant (voir particulièrement la nouvelle « Ça va vous plaire » qui m’a vraiment plu).

Une nouvelle fois, le génie qui caractérise Werber s’est manifesté !
Pour certaines nouvelles, j’ai été épatée par l’originalité et l’imagination fertile de l’auteur qui démontre une nouvelle fois son étrange capacité à connaître ses congénères, les critiquer et les transporter dans l’avenir pour en déduire des futurs possible tout à fait plausibles qui font peur ! Par ses nouvelles, Werber tente de nous avertir, tente de nous montrer ce vers quoi on se dirige si on ne change pas nos habitudes de vie…

C’est ainsi qu’on se retrouve plongé dans le futur d’une humanité qui, par suite d’un élargissement du trou dans la couche d’ozone, se retrouve à prendre des mesures drastiques pour attendre le taux 0% de pollution ! Condamnation à mort des pollueurs, interdiction d’utiliser tout engin à moteur produisant de la fumée, obligation de conduire des véhicules à pédales et enfin interdiction de manger de la viande… car les gaz des ruminants sont toxiques !
Il fallait y penser mais c’est possible !

C’est aussi que l’on imagine une humanité devenant stérile suite à l’utilisation de plus en plus fréquentes de nouvelles technologies dont nous ne connaissons trop peu les conséquences pour notre organisme à long, voire moyen terme, mais dont nous ne pouvons nous passer, tels que les GSM ou encore le Wifi.
Werber, conscient que la Nature trouvera toujours une solution face à un problème qui se pose à elle, invente alors un nouveau mode de reproduction de l’homme qui voit son sexe devenir une fleur et dépendre de tout un cycle de la Nature incluant une espèce bien particulière de papillon !

Ou encore un monde qui ne serait peuplé que de femmes… Un monde où l’humanité a évolué d’une telle manière que les femmes seraient capables de se reproduire seules ! Et cette idée lui serait venue en observant certaines communautés animales d’aujourd’hui telles que les abeilles et les fourmis ! Des communautés entièrement gouvernées par des femelles et qui fonctionnent à la perfection !
Bien que séduite par son audace et l’intelligence de son raisonnement, j’avoue qu’un monde sans hommes me paraîtrait bien triste ! Dès lors, bien que reconnaissante à Monsieur Werber d’imaginer que la femme est le devenir de l’humanité, je préfère cependant vivre dans un monde qui déraille de temps en autre mais diversifié au niveau des sexes et où l’on s’amuse à jouer au chat et à la souris à une monde « parfait » qui me semble ennuyant à mourir !

Par contre, force est de constater qu’au-delà de la profusion des idées développées dans certaines nouvelles, M. Werber se limite à ses acquis de ses précédents livres pour écrire d’autres nouvelles bien que ces dernières soient différemment tournées, telle que « Civilisation disparue » ou encore « Les dents de la Terre » où on revient à l’éternel thème de infiniment grand et de infiniment petit… avec les fourmis !
Il s’agit certes de son œuvre majeure mais bon, après autant de temps et de livres, il serait temps de renouveler un peu ses idées, passer à autre chose et innover comme il sait si bien le faire !
J’avais déjà constaté cette répétition de l’auteur en référence à ses œuvres passées dans ma critique sur la trilogie des Dieux… Je pense qu’il est en effet temps pour Werber de prendre un peu de recul par rapport aux livres qui ont fait de lui une célébrité et un auteur reconnu publiquement à travers le monde… de crainte que victime de son propre succès, ses fans de la première heure, dont je fais partie, ne commence à le trouver narcissique et ne se désintéressent de ses œuvres…

Entre « passés probables » et « futurs possibles », je dois admettre que l’intérêt de ma lecture s’est portée sur les seconds où l’auteur a clairement fait preuve d’innovations en proposant à son public de réfléchir sur l’avenir (voir les nouvelles « Et l’on pendra tous les pollueurs » et « La guerre des marques » particulièrement éloquentes) ou encore sur notre liberté personnelle de choisir dans un monde de consommation où l’on vous dicte de plus en plus vos choix et vos goûts personnels en vous déclarant « ça va vous plaire » !!!

Au final, la lecture de « Paradis sur mesure » a été un réel plaisir… !
J’attendais Werber au tournant et il a su, grâce à ses nouvelles, me réconcilier avec son style si personnel, un style qui lui sied si bien !
Il reste certes encore du chemin pour revenir aux succès précédents, aux frissons ressentis à la lecture des premiers romans qui le firent connaître ! Mais je ne désespère pas, Werber m’a surpris, m’a déçu, m’a surpris à nouveau ! Je ne doute pas de sa capacité à m’étonner dans ses romans à venir !

Bonne lecture ! 😉

Paradis sur Mesure de Bernard Werber
Paru aux Éditions Albin Michel
434 pages

Commentaires

  1. Des nouvelles intéressantes certaines plus que d'autres, j'ai aussi préféré Ca va vous plaire.
    C'était mon premier Werber. 31 décembre 2010 15:53

  2. J'ai pas vraiment aimé ce livre, faudrait que j'essaye d'autre livre de l'auteur! 19 mai 2012 12:39

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15 October 2018 11:04