Les Thanatonautes

Ai-je le droit de tout raconter ?

Même maintenant, 7 ans après avoir lu le livre et l’avoir relu il n’y a pas si longtemps, j’ai encore du mal à croire tout ce que j’ai ressenti à la lecture de ce livre.
Évidemment, personne dans mon entourage aurait pu se figurer que je lirais ce genre de livre, traitant de ce genre de sujet, personne ne se doutait que j’apprécierais autant et que ce livre laisserait une trace indélébile dans ma vie. Personne.
Qu’est-ce qui m’a poussé dans cette folie ? Je ne sais pas.
Peut être quelque chose dans tout être que l’on appelle la curiosité. J’avais entendu parler du livre, on m’avait conté l’histoire et l’idée à germer en moi pour ne plus me quitter jusqu’à ce que j’accomplisse le dessein tant attendu : le lire…
Peut-être aussi le besoin d’en savoir plus, d’appréhender d’une nouvelle manière, sur une note plus « optimiste », cette inconnue qui me gâche l’existence et tourmente mon esprit, à force d’y penser.
Ai-je le droit de tout vous raconter ?
Pile : je raconte. Face : je garde le secret.
Pile.
Si je devais chercher les origines de ma peur, celle qui a précédé la lecture de ce livre et qui l’a précipité d’une certaine manière, il faudrait que je remonte bien loin, très loin dans mon propre passé….
Mais soyons réaliste, cette histoire-là ne vous intéresse pas !
Concentrons-nous sur le sujet qui m’a amené à écrire cet article : les « Thanatonautes » de B. WERBER.





L’histoire.

Michael Pinson (le narrateur) et Raoul Razorbak sont des amis d’enfance et partagent une bien étrange passion : découvrir les mystères de la Mort.
Pour eux, on vit dans un monde où il n’y a plus rien de nouveau à découvrir, à explorer… on a répondu à toutes les questions sauf à une : Qui a-t-il après la Mort ?
Cette obsession en l’au-delà est ancrée en chacun d’eux d’une manière différente : Pour Michael, c’est sa toute première confrontation avec la mort ainsi que la tentative puérile et maladroite de ses parents pour lui expliquer en quoi elle consiste qui en est à l’origine. Pour Raoul, c’est la mort de son père. Ce dernier était professeur de philosophie. Il avait commencé à rédiger une thèse sur la mort intitulée « La Mort, cette inconnue » lorsqu’il a décidé de se suicider. Raoul était persuadé que son père avait fait une découverte capitale sur la mort et que c’est en raison de celle-ci qu’il avait décidé de mettre fin à ces jours. À Raoul donc de reprendre le flambeau de son père et de découvrir ce qui a poussé ce dernier à mettre fin à ses jours…
Tous les deux, ils vont se lancer dans la fabuleuse aventure de la thanatonautique et devenir ainsi les premiers thanatonautes de l’histoire, aidée dans leur quête par l’infirmière Amandine Ballus. (Thanatonaute – du grec : Thanatos (la Mort) et nautês (navigateur) – explorateur de la mort). Peu à peu, ils vont dessiner la carte du continent des morts et ainsi toujours repousser plus loin la Terra incognita

Pourquoi j’aime tant ce livre ?

Il y a tellement à dire sur ce livre !
Au départ, je voulais en faire un résumé exhaustif, reprenant le cheminement des héros dans cette fabuleuse aventure… mais quel aurait été le plaisir pour vous de le lire si je vous dévoilais tout à l’avance ?

En quelques points, pourquoi faut-il absolument lire ce livre et pourquoi je l’aime autant…

  1. Pour le style de l’écriture : un style assez simple, accessible au plus grand nombre, sans descriptions longues et inutiles, avec des courts chapitres qui permettent d’arrêter et de reprendre le cours de la lecture très facilement.
    Une histoire fictive entrecoupée de petits chapitres instructifs nous expliquant les croyances en l’au-delà de toutes les religions, de toutes les cultures, des mythologies qui ont nourris l’histoire du monde mais aussi de petits chapitres qui – si au début, on ne comprend pas bien l’intérêt de ceux-ci à l’histoire – trouvent leur utilité lors de la confrontation finale avec les archanges.
  2. Pour l’ingéniosité et l’imaginaire de l’histoire : Un livre sur la mort, ça peut choquer à prime abord pour toutes les personnes qui comme moi considèrent le sujet comme « tabou ». Werber nous dépeint un monde de d’au-delà plutôt convaincant et crédible dans sa globalité et « banalise » d’une certaine façon la mort sans pour autant en oublier de préciser à quel point la vie vaut la peine d’être vécue. De plus, suite aux quelques recherches supplémentaires suscitées par la lecture du livre, il convient de constater que l’imaginaire de Werber s’ancre parfaitement dans une « mythologie mondiale »: en d’autres mots, qu’importe les civilisations qui ont raconté la Mort dans leur propre langage, à l’aide de leurs propres images et métaphores, on retrouve une certaine « base commune ».
  3. Pour l’analyse plutôt réaliste des comportements humains qui y sont dépeints placés dans ce contexte (imaginaire pour nous) particulier : les guerres de religions qui se déplacent à la frontière de l’au-delà, la réaction des gens quand on leur dit que chaque action de leur vie sera jugée lors de la pesée de l’âme,… Je trouve qu’il analyse avec un certain brio le comportement de la plupart de nos congénères placée dans ce contexte bien précis : il n’y a pas de doute, Werber a une parfaite connaissance du petit monde qui l’entoure aujourd’hui et il n’est pas étonnant que je trouve son premier film « Nos amis, les Terriens » aussi proche de la réalité.
  4. Pour le rapprochement de toutes les religions et de toutes les cultures : Pour Werber, lequel les cite au fur et à mesure de son récit, toutes les religions et toutes les cultures racontent une seule et même histoire en utilisant toutes sortes de métaphores et d’allégories différentes.
  5. Pour la remise en question de soi que le livre entraîne : forcément, l’on est amené à se poser toutes sortes de questions lors de la lecture de ce livre et à se remettre en question. Il ne laisse pas indifférent, il invite le lecteur à réfléchir… n’est-ce pas le propre de la littérature que de pouvoir divertir son lecteur et l’inviter à réfléchir et à se redéfinir ?
  6. Pour les découvertes que l’on fait : Personnellement, la lecture du bouquin m’a donné envie d’en savoir plus sur les différentes mythologies et croyances sur la Mort invoquées : c’est ainsi que j’ai découvert les rites et croyances de l’Egypte antique, ce qu’est « l’Épopée de Gilgamesh », les 3 mythes de Platon,…

Petite note personnelle…

La mort a toujours été pour moi le « tabou » absolu, la chose dont je ne veux absolument pas parler mais qui ne me quitte malheureusement pas à un seul instant… Telle une ombre au tableau, elle me rappelle constamment que viendra un jour où je perdrais tous les êtres qui comptent pour moi et que moi aussi je ne suis pas éternelle… Et cette seule pensée me donne mal au ventre et des vertiges.
Et grâce au bouquin de Werber, j’ai une nouvelle perspective sur le sujet qui me fait le plus peur au monde !
C’est peut-être ridicule pour vous mais les Thanatonautes pour moi, c’est ma Bible, le livre vers lequel je me tourne quand je vais mal…
Au terme de ma lecture, je me suis sentie apaisée et reconfortée. La vision de la Mort qu’il développe dans le livre, même si elle est fictive, me réconcilie d’une certaine façon avec la vie… car la mort, ne fait-elle pas partie intégrante de la vie ?

« La vie est belle. N’écoutez pas les racontars. La vie est belle. La vie est un produit testé et approuvé par plus de 70 milliards d’humains depuis 3 millions d’années. Voilà bien la preuve de sa qualité irremplaçable »

Merci Monsieur Werber pour cette formidable épopée fantastique !

Et bonne lecture !

Source image : www.amazon.fr

Commentaires

  1. Il est dans ma LAL, c'est sur que le sujet peut ne pas paraître plaisant au premier abord. 1 janvier 2011 11:01

Laissez un commentaire

28 août 2016 05:45