Et finalement qui a-t-il au-dessus des Dieux ?

Voilà, le cycle est enfin bouclé ! Après avoir relu avec plaisir le début des aventures de Michael Pinson et de Raoul Razorbak dans les Thanatonautes et dans l’Empire des Anges, je me suis attelée à la lecture du cycle des Dieux !
Bernard Werber m’a-t-il subjuguée cette fois ? Attention, révélations…




L’histoire.

L’histoire commence à l’endroit même au se termine l’Empire des Anges.
Michael Pinson, après avoir réussi sa mission d’ange (réussir à sortir une âme humaine du cycle des réincarnations ), se retrouve sur l’île d’Aeden où il va devenir élève Dieu.
Il découvre alors la ville d’Olympie où se croisent élèves dieux (la promotion française compte 144 élèves dieux dont Edmond Wells, Raoul Razorbak, Mata Hari, Georges Méliès, Jules Verne,…), Maîtres Dieux (Aphrodite, Athéna, Chronos,…) et des chimères telles que les satyres, les sirènes et les centaures.
Reprenant la symbolique des chiffres qui lui est chère ainsi qu’à Edmond Wells, Michael Pinson, devenu un 7, se pose une seule et unique question : qu’est-ce que le 8 ?
C’est donc dans cette nouvelle aventure que s’embarque nos héros, la découverte de ce qui se trouve au dessus d’eux, le 8 et ensuite le 9 (tome 3).
Ceci-dit, la vie est Aeden n’est pas tous les jours roses. Nos Élèves Dieux ont la charge d’un monde, celui de Terre 18, où chaque Élève Dieu est responsable de son peuple symbolisé par un animal.
À la fin de chaque cours donné par un Maître Dieu différent, les plus mauvais élèves sont éliminés du jeu…
De plus, une autre menace sévit pour la première fois en Aeden : Qui est ce mystérieux déicide qui tue l’un après les autres les élèves les plus méritants du jeu d’Y ?
Au final, il n’y aura qu’un seul gagnant et sa récompense sera la rencontre avec le Créateur, ce 9 qui gouverne tout ce qui se passe en-dessus…
Michael et ses amis sont sur le point de connaître le dernier secret de l’univers…

ENCYCLOPÉDIE : LA SYMBOLIQUE DES CHIFFRES


L’aventure de la conscience humaine suit la symbolique des chiffres.
La courbe indique l’amour.
La croit indique l’épreuve.
Le trait horizontal indique l’attachement.

1 : le minéral. Un pur trait vertical. Pas d’attachement, pas d’amour, pas d’épreuve. Le minéral n’a pas de conscience. Il est simplement là, premier stade de la matière.
2 : le végétal. Un trait horizontal surmonté d’une courbe. Le végétal est attaché à la Terre par sa barre horizontale symbolisant sa racine qui l’empêche de se mouvoir. Il aime le ciel et lui présente ses feuilles et ses fleurs pour recueillir la lumière.
3 : l’animal. Deux courbes. L’animal aime la terre et aime le ciel mais n’est attaché ni à l’un ni à l’autre. Il n’est qu’émotions. Peur, désir,… Les deux courbes sont les deux bouches. Celle qui mord et celle qui embrasse.
4 : l’homme. Une croix. Il est au carrefour entre le « 3 » et le « 5 ». Le « 4 » est le moment de l’épreuve. Soit l’homme évolue et devient un « sage » (stade du 5), soit il retourne au stade 3 de l’animal.
5 : L’homme conscient. C’est l’inverse du « 2 ». Il est attaché au ciel par sa ligne horizontale supérieure et il aime la terre par sa courbe inférieure. C’est un sage. Il a transcendé sa nature animale. Il a pris de la distance par rapport aux évènements et ne réagit plus de manière instinctive ou émotionnelle. Il a vaincu sa peur et son désir. Il aime sa planète et ses congénères tout en les observant de loin.
6 : l’ange. L’âme éclairée est libérée du devoir de renaître dans la chair. Elle est sortie du cycle des réincarnations et n’est plus qu’un pur esprit, lequel ne ressent plus la douleur et n’a plus de besoins élémentaires. L’ange est une courbe d’amour, une pure spirale qui part du coeur, descend sur la Terre pour aider les hommes et achève sa courbe vers le haut pour atteindre encore la dimension supérieure.
7 : Le Dieu ou du moins l’Élève Dieu. L’ange, à force de s’élever, touche la dimension supérieure. Tout comme le « 5 », il a une barre qui l’attache en haut. Mais au lieu de représenter une courbe d’amour vers le bas, il a une ligne. Il agit sur le monde d’en bas. Le « 7 » a également une croix, comme un « 4 » inversé. C’est donc une épreuve, un carrefour. Il doit réussir pour continuer à monter.
8 : … (Tomes 1 et 2)
9 : … (Tome 3)
Et le 10 alors ?

Edmond WELLS, « Encyclopédie du savoir relatif et absolu », Tome IV et V.

Mon avis…


J’ai préféré attendre d’avoir lu les 3 tomes avant de donner mon avis. Il aurait en effet été ridicule de donner un avis sur une partie d’histoire, étant donné que les 3 volumes des Dieux constituent ensemble une seule et même histoire, celle de Michael Pinson dans son rôle d’Élève Dieu.
C’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé mon personnage préféré de toutes les sagas werberiennes.
J’avais en effet hâte de voir ce que mon Michael me réservait en Aeden. Et alors, me direz-vous ? Eh bien, pour être tout à fait honnête, il est du positif mais également du négatif.

Le positif, d’abord.
J’ai retrouvé dans les tomes 1 et 2 ce pourquoi Werber était mon écrivain préféré au monde. Des chapitres courts, une histoire haletante que l’on n’a pas envie de lâcher (surtout dans le tome 2) entrecoupée par des extraits de l’Encyclopédie d’Edmond Wells que j’apprécie particulièrement. Ces extraits étaient d’autant plus intéressants qu’ils concernaient les Dieux Grecs rencontrés au fil de l’histoire. Ces livres m’ont vraiment donné envie de me replonger dans cette mythologie que je trouve particulièrement riche et féconde.
L’histoire, riche sur le plan des personnages, du rôle joué par chacun, est également captivante. Qui a-t-il au-dessus de la montagne ? Qui est donc ce « 8 » ? Même moi, j’avais envie de prendre mon courage à deux mains pour monter là-haut au péril de tous les dangers pour le découvrir de moi-même.
La progression de nos Élèves Dieux à travers le jeu d’Y est également très intéressante et m’a permis de me poser également cette question : Et moi, si j’étais Dieu, qu’est-ce que je ferais ? Opterai-je pour la guerre et l’invasion des peuples voisins afin de mieux asseoir mon autorité au détriment des autres peuples (et de leurs Dieux) ou au contraire, favoriserai-je la coopération entre les peuples, les valeurs de paix et de liberté au détriment de l’armement et de la sécurité des mieux ? Ah, le dilemne…
ADN… la base de la vie… la base de tout car ADN, cela représente aussi Association – Domination – Neutralité… les 3 forces qui gourvernent le monde ou bien simplement AeDeN.
Voilà pourquoi j’aime autant Werber : une écriture fluide, des idées novatrices, un mélange de science fiction allié à des sciences et de la philosophie. Werber nous fait réfléchir sur nous, sur les autres, sur le monde, sur l’infinement petit et l’infiniment grand.
Pour tout ça, je vous dis, chapeau l’artiste, Mr Werber 😉 !

Et le négatif alors ?

Une grande première également, car jusque là je n’avais pas de reproches à faire à mon auteur fétiche mais si je veux être complètement honnête sur ce que j’ai pensé de la saga des Dieux, il faut bien admettre que le troisième et dernier tome a déçu mes attentes. Pourquoi ?
J’en attendais beaucoup évidemment puisque ce tome devait boucler l’ensemble du cycle céleste commencé avec les Thanatonautes.
J’avais moi-même imaginé la fin… alors soit Monsieur Werber savait ce que le lecteur lambda comme moi allait s’imaginer et a voulu le prendre par surprise, soit il faut simplement admettre que Monsieur Werber et moi (et peut-être d’autres d’ailleurs) avons eu une vision du livre complètement différente et des attentes différentes surtout concernant le héros de l’histoire. Après tout, Michael Pinson était « Celui qu’on attendait », non ? Serais-je alors plus proche de Mon Michael que ne l’est son Créateur pour le voir comme étant celui qui surplombe le tout ? Oui, je sais que cela paraît un peu tordu, mais j’ai vraiment cru qu’au final, la réponse à tout était Michael en lui-même…
Pour sûr, Werber a réussi à me surprendre pour un final que je n’ai pas du tout vu venir. On pourrait me rétorquer que pour un auteur, c’est plutôt une bonne chose de surprendre son public, mais alors pourquoi me reste-t-il ce goût amer en fin de lecture ?
Le roman aurait pu se terminer aux alentours de la page 447. On avait toutes les réponses à ce stade et du point de vue du cheminement de l’âme depuis les Thanatonautes, ce final correspondait à l’aboutissement de tout, ainsi qu’à une certaine logique. La boucle était bouclée, point final.
Mais non, l’auteur a voulu continué sur la voie du « mais qu’est-ce qu’il y a après le « 10 » pour finir une explication finale qui me laisse vraiment perplexe. D’un certain point de vue, je reconnais qu’il fallait y penser et que la logique sous-jacente est tout aussi valable que celle à laquelle on aboutit à la page 447 du roman. Ceci dit, elle ne me plaît pas pour une raison simple : j’ai l’impression que cette découverte ultime aboutit en réalité à l’anéantissement de l’oeuvre globale. Vous ne comprendrez peut-être pas cette dernière réflexion car elle m’est totalement personnelle, il s’agit de mon ressenti et je ne puis malheureusement vous en dire plus sans vous spoiler sur le final des Dieux. À vous de me dire ce que vous en penserez, une fois les 3 tomes lus 😉
Ensuite, mes critiques n’en restant pas là, je dois bien admettre que j’ai été profondement choquée sur le fait que Werber n’arrête pas – et le fait de plus en plus au fil de l’histoire et des tomes (surtout dans le tome 3) – de parler de ses autres romans et encore pire, de raconter sa propre vie et expérience d’écrivain à travers son héros fictif. Ainsi, Michael Pinson, temporairement revenu à la condition de mortel, devient écrivain ! Et pas n’importe lequel, un écrivain reconnu par ses lecteurs (surtout les jeunes) et critiqué par ses confrères ! En gros, Bernard Werber, à travers son roman, nous explique ces déboires avec la critique littéraire, se complimente massivement en expliquant qu’il restera incompris à son époque (sauf par son public qui se reconnaît en lui et qui plus est lui fait comprendre des choses qu’il a compris à la lecture de ses livres dont lui-même n’en avait pas saisi la portée !!!). Il y a trop de lui-même dans Michael Pinson, surtout dans le tome 3. Franchement, l’auteur n’a pas besoin de cette publicité malsaine pour faire lire ses romans ultra-connus et pour la plupart déjà lus depuis longtemps par ses fans de la première heure dont je fais partie. Et chose encore plus grotesque, Michael Pinson commence alors la rédaction du livre intitulé le « Royaume des Dieux » qu’il compte décliner en une trilogie !!!
Il n’était également pas utile de faire de la publicité pour le prochain jeu vidéo sur PC qu’il met en sentier reprenant l’histoire des Dieux… « Et vous, si vous étiez un Dieu, vous feriez quoi ? »
Enfin, j’ai également pu constater quelques redondances, notamment pour les extraits de l’encyclopédie que l’on retrouve dans le tome 2 et puis le 3 (je ne parle pas évidemment de la symbolique des chiffres dont la répétition dans les 3 tomes ne me dérange pas, vu qu’elle représente le squelette du cycle céleste de Werber et qu’elle est à chaque fois complétée).
Quelques questions ou plutôt incohérences entre les tomes sont également venues entacher la lecture de la trilogie comme par exemple :
– Pourquoi Raoul arrive-t-il quasiment en même temps en Aeden que Michael alors qu’il avait échoué dans sa mission d’ange ?
– Pourquoi sur l’écran de sa télévision, Michael regarde des images de tous ses protégés (ses 3 humains dans l’Empire des Anges) alors que Jacques Nemrod était sensé avoir choisi de devenir un ange ?

Au final, je donnerais une note assez mitigée à l’ensemble de la trilogie, la moyenne de celle-ci baissant dangereusement à la lecture du dernier tome censé conclure le cycle céleste.
J’ai bien aimé mais Monsieur Werber, vous m’avez habitué à mieux, non ?

Bonne lecture 😉

Commentaires

  1. pour le fait que Raoul arrive en "même" temps, on peux s'imaginer que c'est grâce à nathalie kim (qui vient d'une autre galaxie et qui a un bon karma. Par contre comme vous j'ai noté l'incohérence avec jacques qui à la fin de "l'empire des anges" est évoqué comme ange et au debut de "nous les dieux" renait en tant qu'humain sage... pas d'explication pour celui là. 3 septembre 2010 21:55

  2. Je viens de tomber sur ton blog et je commence la lecture par la fin alors je risque de brasser un peu de vase...


    Pour ce qui est de l'autopub, j'avoue ne pas y avoir fait attention lors de ma première lecture. Ayant découvert cet auteur avec le cycle des Tanathonautes, son autopub ne m'a pas sautée à la figure.

    Ensuite, la fin. Sur le coup, j'avais trouvé ça original, franchement mieux que ce que j'imaginais. Ensuite, quand tu commence à imaginer les implications... C,est le genre d'idée vertigineuses qui me plait beaucoup. 6 avril 2011 00:30

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24 août 2016 15:34